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Les croyances collectives

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Les croyances collectives

On prend ici le mot croyance dans le sens le plus large (le fait de croire à une proposition, à une théorie, etc.). L'analyse des croyances collectives est un des sujets essentiels de la sociologie. Elle pose une question fondamentale : par quels mécanismes des individus appartenant à un groupe (au sens le plus large de ce mot) croient-ils la même chose ?

S'agissant de croyances scientifiques, on n'a guère de peine à discerner ces mécanismes. L'explication peut ne pas être immédiate et impliquer de laborieuses recherches (voir les monographies sur le langage des abeilles, la controverse Pasteur-Pouchet sur la génération spontanée, les études sur la disparition de la croyance au phlogistique, etc.) ; mais, s'agissant des croyances scientifiques, celles-ci peuvent être vues comme le résultat d'une discussion rationnelle. Qu'en est-il lorsqu'il s'agit de croyances qui paraissent infondées (comme les croyances en des relations de causalité imaginaires qui définissent la magie) ou de croyances qui, par principe, ne paraissent pas pouvoir être fondées, comme les croyances prescriptives : celles qui traitent, non de l'être, mais du devoir-être ? La coupure entre les croyances scientifiques et les autres types de croyances est peut-être moins nette qu'on ne le croit : il n'est pas plus facile d'expliquer pourquoi Descartes croyait que la nature a horreur du vide que d'expliquer les croyances magiques.

Une première ligne de pensée répond à ces questions, en évoquant l'existence de forces psychologiques ou culturelles, pour parler comme le prix Nobel G. Becker, qui feraient que, dans telle culture, dans tel groupe ou tel ensemble d'individus, l'esprit humain obéirait à des règles d'inférence particulières, serait affecté par des biais, fonctionnerait dans des cadres mentaux invalides. Cette hypothèse a été mise sur le marché par Lévy-Bruhl ; elle est toujours présente dans les sciences sociales. L'autre ligne de pensée, inaugurée par Durkheim est également très présente dans les sciences sociales contemporaines. Elle paraît devoir l'emporter en raison de son efficacité scientifique. Elle consiste à admettre que les croyances ordinaires se forment selon des mécanismes fondamentalement identiques à ceux qui expliquent la cristallisation des croyances scientifiques. Des exemples démontrant son efficacité peuvent être facilement empruntés aux sciences sociales classiques et contemporaines. La même ligne de pensée apparaît comme très prometteuse s'agissant de l'explication des croyances prescriptives : des études portant sur divers sujets et notamment sur les sentiments de justice le suggèrent.

Date de réalisation :

29/11/2001

Durée du programme :

84 minute(s) et 41 secondes

Classification Dewey :

Sociologie et anthropologie , Interaction sociale, communication, Pratiques culturelles

Catégorie :

Conférences

Niveau :

Tous publics / hors niveau

Disciplines :

Sociologie des cultures

Fiche LOM-FR :

Obtenir la fiche

Langue :

Français


Générique :

Producteur(s) :

UTLS - la suite

Réalisateur(s) :

UTLS - la suite

BOUDON Raymond

Statut

Professeur de sociologie à l'Université Paris 4 - Sorbonne

Parcours

1962-1963 :Attaché, puis chargé de recherche au CNRS
1964-1966 : professeur à l'Université de Bordeaux
1971-1980 : professeur à la Sorbonne
1971-1980 : professeur à l'Université René Descartes
1971-1995 : professeur à l'Université de Genève
Depuis 1981 : professeur à l'Université de Paris-Sorbonne
Il a également été professeur invité dans de très nombreuses universités étrangères, notamment : à l'Université Columbia, New York ; à Harvard ; aux Universités de Genève, Stockholm, Chicago, New York, Trente ; à l'université d'Oxford ; à l'Université Laval, Québec ; à l'Université du Québec à Montréal ; à l'Institut Universitaire Européen de Florence ; au Collège universitaire français de Moscou et de Saint-Pétersbourg ; à l'université Bocconi de Milan ; à la Faculté latino-américaine des sciences sociales de Santiago du Chili

Prix

Raymond Boudon a été élu à l'Institut de France (Académie des sciences morales et politiques), l'Academia Europaea, la British Academy, la Société Royale du Canada, l'American Academy of Arts and Sciences, l'Académie internationale des Sciences Humaines de Saint-Pétersbourg, l'European Academy of Sociology. A été nommé Fellow du Center for advanced studies in the behavioral sciences de Stanford.

Spécialités

Raymond Boudon est sociologue. Ses travaux ont porté et portent sur l'école et le système scolaire en rapport avec la société. Il a travaillé sur l'ordre social, la place des valeurs dans la société et sur les croyances collectives. Ses travaux portent également sur les modes de cognition.