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Les pulsions sexuelles ignorent-elles l'esprit ?

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Les pulsions sexuelles ignorent-elles l'esprit ?

Lorsqu'on définit la pensée comme une activité cognitive au sens strict du terme, c'est-à-dire comme un ensemble de représentations ou de concepts qui ont la connaissance comme fin, il est impossible de trouver un quelconque rapport entre les pulsions sexuelles et la pensée. De même la pensée n'est pas exclusivement un traitement d'information dont on étudierait les conditions cérébrales et idéelles. Lorsqu'on aborde l'esprit de cette manière, on renvoie au physique ou à la nature les pulsions sexuelles ; Or ce que Freud a nommé pulsions est impensable dans les termes du dualisme de l'esprit et du cerveau. Les pulsions sont des pensées, soutenues par le plaisir, le déplaisir et l'angoisse, qui ont pour fonction non pas d'élaborer des connaissances ou des informations, mais de former des types de rapport à des figures d'altérité (les objets de la pulsion) par rapport auxquelles les êtres humains forgent leur propre identité. Ce qui caractérise les objets pulsionnels, c'est leur substituabilité : ce peut être une partie de corps qui apparaît comme détenteur du pouvoir de faire jouir d'une identité enfin découverte, mais ce peut être aussi un objet qu'on dit d'ordinaire abstrait : un problème qui accapare toutes les pensées, une oeuvre à matérialiser et dans laquelle ce qui fait souffrir et jouir se transpose, un acte. Une pulsion est sexuelle lorsqu'elle est met en rapport en un circuit une zone du corps capable d'éprouver du plaisir, un but et un objet. La variabilité de ces éléments va de pair avec leur détermination. C'est pourquoi il y a un destin pulsionnel qui caractérise chaque être humain, aussi bien dans sa vie que dans ses pensées, la distinction entre l'esprit et le corps étant justement incapable d'en décrire le cours. On a accusé la théorie freudienne d'être un pansexualisme. Pourquoi pas ? Encore faut-il bien comprendre ce qu'on dit par ce terme. Freud n'a jamais dit qu'il n'y avait que de la sexualité dans l'activité de l'esprit . Mais il donne le moyen et cela a des conséquences - de penser l'incidence du sexuel dans les oeuvres de la pensée.

Date de réalisation :

11/10/2001

Durée du programme :

70 minute(s) et 24 secondes

Classification Dewey :

Philosophie et psychologie, Psychologie

Catégorie :

Conférences

Niveau :

Tous publics / hors niveau

Disciplines :

Psychologie, Philosophie

Fiche LOM-FR :

Obtenir la fiche

Langue :

Français


Générique :

Producteur(s) :

UTLS - la suite

Réalisateur(s) :

UTLS - la suite

DAVID-MENARD Monique

Statut

Docteur en psychopathologie clinique et psychanalyse
Docteur en philosophie
Professeur à l'Université Paris VII Denis Diderot (depuis 1999)
Directeur de recherche à l'Université Paris VII-Denis Diderot (Laboratoire de psychopathologie fondamentale et psychanalyse)
Membre du Centre d'Etude du Vivant
Psychanalyste à Paris ; actuellement secrétaire de la commission scientifique de la Société de Psychanalyse Freudienne

Parcours

1969-1974 : Professeur de philosophie au lycée Jean Jaurès de Reims
1974-1985 : Professeur de philosophie au lycée Lakanal de Sceaux
1985-1987 : Chargée de Recherche au CNRS au laboratoire de phénomènologie
1987-1989 : Professeur de philosophie au lycée Lakanal de Sceaux
depuis 1990 : professeur de philosophie au lycée Janson de Sailly
1992-1995 : directrice de programme au Collège International de Philosophie
1995-1998 : Vice-Présidente du Collège International de Philosophies, chargées des relations internationales

Sociétés savantes

Membre successivement de l'Ecole Freudienne de Paris (1979-1980), du Centre de Formation et de Recherches Psychanalytiques (1982-1994) , et de la Société de Psychanalyse Freudienne (depuis 1994).