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Approche philosophique de l'administration européenne

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Approche philosophique de l'administration européenne

Cette conférence devrait être une invitation à penser autrement l'action politique et administrative. Elle proposera un déplacement par rapport à l'idéalisation et à son corollaire, l'indignation. Alors qu'on prétend souvent que la production d'idéal est nécessaire comme cap pour l'action, je soutiens qu'au contraire elle agit comme écran et occulte les nécessités et les contraintes de l'action politique et administrative. Ces nécessités sont notamment les jeux de pouvoir dans l'administration, les apories dans la chaîne de responsabilité, le caractère souvent irrésolu de la transcription d'une priorité politique en actes administratifs, la double dimension de l'action publique (sociale/efficace et politique/symbolique). Toutes ces nécessités requièrent d'être articulées et non amalgamées ou, pire, déniées. La figure ironiste est le vaisseau de mon « idéal » -si j'ose dire- pour la construction européenne, la Commission, et la fonctionnaire. C'est une posture philosophique qui assume la contingence du langage, qui intègre que le cours des choses n'attend pas, pour se dérouler, qu'une réponse soit donnée à certaines questions comme celles qui portent sur la nature du Vrai, du Bien, du Juste ou du Beau. Elle conduit à penser l'espace public par ses conditions aux limites, plutôt que par la recherche d'une origine. C'est une autre « physique » qui est proposée : celle du rebond, et pas celle du déploiement. Ne plus chercher à faire l'ange pour faire un peu moins la bête. Dans la réforme administrative, cela revient à reconnaître que le discours sur la compétence et la transparence n'est pas en mesure de fonder un nouveau mode de fonctionnement. L'enjeu est de mettre en place un système qui optimise les performances de l'administration sachant qu'il y aura toujours un mix de niveaux de compétence, et que, de plus, la compétence pure n'est pas isolable en soi. Je fais trois propositions : (i) instiller une dose de hasard dans la sélection de la hiérarchie, (ii) limiter systématiquement l'exercice des fonctions hiérarchiques dans le temps, (iii) développer un système de contre-pouvoirs au sein même de l'administration. Par rapport à la construction européenne, le pire ennemi sont les fausses alternatives, qui monopolisent le débat, et produisent un effet d'éviction par rapport aux enjeux actifs (toujours l'occultation !), comme par exemple l'opposition entre souveraineté nationale et construction européenne, ou encore l'amalgame entre la libéralisation/globalisation et la construction européenne. Je fais également trois propositions : (i) bannir du langage politique des formules collectives abusives, (ii) décliner les politiques en objectifs directs, (iii) ne jamais cesser d'aimer l'Europe. En conclusion, je défendrai l'idée selon laquelle l'issue de la Convention sera un élément-clé pour la vigueur et l'efficacité de la dimension politique en Europe, à quelque niveau que ce soit (municipal, régional, national, européen et mondial).

Date de réalisation :

31/10/2002

Durée du programme :

76 minute(s) et 29 secondes

Classification Dewey :

Philosophie et psychologie, Gestion des entreprises privées et publiques

Catégorie :

Conférences

Niveau :

Tous publics / hors niveau

Disciplines :

Gestion, Philosophie

Fiche LOM-FR :

Obtenir la fiche

Langue :

Français


Générique :

Producteur(s) :

UTLS - la suite

DEWANDRE Nicole

Statut

Chef de l'unité « femmes et sciences » à la commission européenne.

Parcours

· Juin 1981 : Ingénieur civil physicien, Université Catholique de Louvain
· Juin 1982 : Maîtrise en recherche opérationnelle, Université de Californie, Berkeley et assistante chargée de travaux pratiques en programmation linéaire
· Juin 1983 elle entre à la commission européenne
· Juin 1983-Décembre 1985 : gestionnaire scientifique à la DG XII (programme FAST-prospective technologique)
· Juin 1984 : Diplôme en sciences économiques, Université Catholique de Louvain
· Janvier 1986-Janvier 1992 : membre du Groupe des Conseillers du Président, puis de la Cellule de Prospective (suivi de la politique de recherche, politique industrielle et relations avec le Japon).
· Février 1992-Février 1993 : administratrice principale à la DG III (unité « automobile »).
· Mars 1993-Janvier 1994 : détachée auprès de l'administration belge pour assister le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Justice et des Affaires économiques pendant la présidence belge
· Février 1994-Décembre 1998 : administratrice principale à la DG RTD (recherche socio-économique).
· Janvier 1999-Janvier 2001 : cheffe du secteur « femmes et sciences » à la DG RTD.
· Octobre 1999 : Licence en philosophie, Université Libre de Bruxelles,
· Depuis le 16 janvier 2001 : Elle est cheffe de l'unité « femmes et sciences » à la DG RTD

Spécialités

Ses travaux philosophiques portent sur l'analyse des l'administration européenne