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Renouer avec la chaîne vertueuse de l'alimentation / Carlo Petrini
Dans cette conférence, Carlo Petrini présente tout d'abord les objectifs du mouvement Slow Food qu'il a créé en 1989 et le réseau mondial de communautés paysannes, Terra Madre. Citant Brillat-Savarin dans "La physiologie du goût" (1825), « la gastronomie est la connaissance raisonnée de tout ce qui a rapport à l'homme, en tant qu'il se nourrit », il décrit les sciences gastronomiques dans leur dimension multidisciplinaire, touchant à l'agriculture, la zootechnie, la génétique, la chimie, l'anthropologie et la sociologie, l'économie et l'économie politique, etc. Dans un troisième point, Carlo Petrini explique l'aberration du système alimentaire actuel fondé sur une production agricole intensive, abusant de produits chimiques responsables de l'appauvrissement des sols et la pollution de l'eau dont le manque pourrait être à l'origine de futurs conflits géopolitiques. Illustrant ses propos d'exemples, la disparition de la vache agérolese en Italie et l'introduction de la perche du Nil dans le lac Victoria, il pourfend une politique mondiale mercantiliste qui détruit la biodiversité naturelle et menace la planète d'un désastre autant écologique, qu'économique et social pour les paysanneries locales. Face au risque d'une "crise anthropique", il prône un changement de système alimentaire grâce à de nouveaux paradigmes : redonner de la valeur à l'agriculture et l'économie locales -dont il dit que « c'est une formule propre à garantir la démocratie participative »- et le retour à la terre accompagné d'un nécessaire changement de la politique agricole commune pour aider préférentiellement les jeunes paysans dans leur choix d'une agriculture durable, et non plus majoritairement les grands propriétaires terriens.
Quand il parle de production, de distribution et d'exportation agricole, d'aspects environnementaux et de paysage, de sauvegarde de la biodiversité, du comportement des consommateurs..., Carlo Petrini parle toujours de gastronomie.
Renouer avec la chaîne vertueuse de l'alimentation / Carlo Petrini. Conférence organisée par le Centre d'Études du Tourisme, de l'Hôtellerie et des Industries de l'Alimentation (CETIA) de l'Université Toulouse II-Le Mirail et le Centre d'Étude et de Recherche Travail, Organisation, Pouvoir (CERTOP / UTM-CNRS). Présentation par Jean-Pierre Poulain, professeur de sociologie au CETIA. Toulouse : Université Toulouse II-Le Mirail, 25 novembre 2011.
25/11/2011
Durée du programme :86 minute(s) et 40 secondes
Classification Dewey :Economie de la terre et des ressources naturelles, Développement durable, Biodiversité. Environnement, protection, conservation, Diététique. Sécurité alimentaire
Conférences
Niveau :Tous publics / hors niveau
Disciplines :010-Agro-alimentaire (hors UVED), Sociologie des cultures, Nutrition
Fiche LOM-FR :Français
Générique :
Editeur(s) :
Université Toulouse II-Le Mirail SCPAMProducteur(s) :
Université Toulouse II-Le MirailRéalisateur(s) :
Jean JIMENEZPETRINI Carlo
Carlo Petrini est un journaliste et sociologue italien. Après avoir créé en 1986 l'association Arcigola à Bra (Serralunga d’Alba and Barolo, Italie), Carlo Petrini a initié le mouvement Slow food en Italie puis il a fondé en 1989 l'association Slow food, qu'il préside depuis, pour défendre un modèle « bon, propre et juste » de production et de consommation alimentaire et considère la nourriture comme le résultat de processus culturels, historiques, économiques et environnementaux.
Slow Food a organisé, au travers de la fondation Terra Madre que Carlo Petrini a créée en 2004, un réseau mondial de "communautés de la nourriture" (producteurs, consommateurs, cuisiniers, chercheurs scientifiques, institutions d'éducation et ONG...) qui privilégient une agriculture ou des produits respectant la diversité naturelle, les cultures culinaires et gastronomiques, les savoirs traditionnels pour un avenir alimentaire meilleur.
Carlo Petrini affirme également aujourd'hui la nécessité de changer les modes de production et de distribution des denrées alimentaires et de combattre une économie libérale favorable aux multinationales de l'agroalimentaire. En janvier 2008, il a été désigné par The Guardian comme l'une des "50 people who could save the planet".

