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La Chine peut-elle s'ouvrir au monde ?
C'est d'abord la question qui pose problème car elle n'est guère posée à d'autres pays immenses qui, comme les Etats-Unis ou la Russie, sont bien moins « ouverts » qu'on le dit souvent. Cette question désigne bien le statut étrange de la Chine dans notre connaissance et plus encore dans notre conscience et aussi le statut d'étrange étranger que la Chine elle-même réserve au reste du monde et en particulier à l'Occident. Ou du moins qu'elle croit leur réserver. Car au premier abord la réponse accroît la bizarrerie de la question. Après tout, en effet, au terme de trois décennies de fermeture totalitaire, la Chine s'est ouverte économiquement et dans une certaine mesure culturellement avec une efficacité extraordinaire depuis 1979. Elle s'est ouverte jusqu'à subir dans son tréfonds les effets de l'ouverture économique. Et elle s'est ouverte jusqu'à assimiler les défauts les plus connus de notre civilisation urbaine. Dirigeants et dirigés tous d'accord, les Chinois entament avec allégresse et énergie leur entrée dans le « club » des pays industrialisés et pollués, et le temps n'est pas très loin où l'on déplorera la dépopulation des campagnes chinoises. Et pourtant, ce processus va si vite, il va parfois si superficiellement que la question demeure : cette Chine-là peut-elle vraiment s'ouvrir au monde? La Chine est immense et profonde, sa culture est d'une richesse incroyable. Elle n'est pas un pays occidental, et elle n'a pas pris autant que le Japon de Meiji les moyens de comprendre l'Occident. Alors que sa population désire surtout le niveau de vie occidental, ses élites, elles, donnent souvent limpression de ne pas avoir décidé du sens à donner à l'ouverture : celle-ci est-elle une décision de fond ou un instrument conjoncturel au service d'un projet nationaliste ? Finalement, la question de l'ouverture de ce pays met en cause la définition de la Chine, mais aussi celle de la société mondiale actuelle. Car il n'est pas si aisé de concevoir de façon autre qu'instrumentale l'ouverture à un monde qui s'organise autour des inégalités de puissance et des arrangements marchands .
16/01/2003
Durée du programme :100 minute(s) et 11 secondes
Classification Dewey :Science politique
Conférences
Niveau :Tous publics / hors niveau
Disciplines :Sciences politiques
Fiche LOM-FR :Français
Générique :
Producteur(s) :
UTLS - la suiteDOMENACH Jean-Luc
Statut
Sinologue et politologue
- Chercheur associé au Centre d'Études et de Recherches Internationales.
- Responsable de l'Antennes Franco-Chinoise de Sciences Humaines et Sociales en Chine
Diplômes
- Diplômé d'histoire, de sciences politiques et de Chinois,
- Docteur d'État.
Parcours
- 1976-1978 : Attaché culturel près du consulat général de France à Hong Kong
- 1979-1981 : Chargé de mission au centre d'analyse et de prévision du ministère des affaires étrangères
- 1995-2000 : Directeur scientifique de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, où il anime également un programme de DEA sur l'Asie contemporaine et directeur de recherche au centre d'études et de recherches internationales (Ceri)
- 2001 : Président du comité de pilotage de la maison Franco-chinois de la science
- Depuis 2002 : Responsable du séminaire Franco-chinois de sciences humaines et sociales de Pékin à l'université de Quinghua
Prix
- Chevalier de l'Ordre National du Mérite.
Spécialités
Politique intérieure et extérieure de la Chine Populaire, relations internationales en Asie Orientale.
Jean-Luc Domenach a écrit de nombreux articles dans les revues nationales et internationales. Il est également l'auteur de plusieurs livres parmi lesquels :
"L'Archipel oublié "(Paris, Fayard, 1992)
"La Chine 1949-1994" (en collaboration, Seuil)
"L'Asie retrouvée" (avec David Camroux, Seuil, 1997)
"L'Asie en danger" (Fayard, 1998).
"L'Asie et nous" (avec Aimé Savard, Desclée de Brower, 2001)
"Où va la Chine ?" (Fayard, 2002)
Particularités
- Membre du Conseil d'Administration de Malesherbes Publications, de l'Association pour la défense des principes de la démocratie humaniste (Ouest-France) et de la Société Hubert Beuve-Méry (Le Monde),
- Membre du Conseil d'Orientation de la Chaîne Histoire ;
- Vice-Président du Comité Asie de la Fondation européenne de la science,
- Vice-président du comité des sciences sociales de la commission française de l'UNESCO,
- Membre du Conseil d'Administration de l'Ecole française d'Extrême-Orient et de plusieurs Conseils scientifiques notamment à l'EHESS, aux Presses de Sciences-Po, au Centre Marc Bloch, au CEFC de Hong-Kong et à l'Iris.

