Enucléation ou traitement conservateur des tumeurs bénignes du testicule
Il est classique de considérer toute tumeur testiculaire comme à priori maligne et de proposer l'orchidectomie. Notre expérience montre qu'en réalité les lésions bénignes sont les plus fréquentes chez l'enfant et qu'une simple énucléation de la tumeur avec contrôle extemporané est possible. Nous avons recensé 13 cas de tumeur primitive du testicule : 3 tumeurs malignes, 10 tumeurs bénignes (4 kystes épidermoïdes, 2 tératomes, 2 kystes vestigiaux, 1 tumeur à cellule de Sertoli, 1 hémangiome caverneux). 7 enfants ont bénéficié d'une résection tumorale avec conservation testiculaire, bonne croissance ultérieure du testicule et pas de récidive (recul moyen 4 ans). La discussion porte sur les critères préopératoires de bénignité : cliniques (évolutivité, âge, données de la palpation) biologiques (absence de marqueurs tumoraux) radiologiques (calcification organisée) échographiques (limites nettes, échogénicité, absence de signal Doppler). La technique chirurgicale demeure la technique classique avec un clampage premier du pédicule. Les critères macroscopiques et microscopiques de bénignité à l'examen extemporané sont évalués. Le risque d'une énucléation dans ces conditions nous paraît théorique : risque de diffusion maligne peropératoire, risque d'erreur de l'examen extemporané. En conclusion cette attitude conservatrice nous paraît recommandable particulièrement en présence d'un testicule controlatéral pathologique ou de lésion sur testicule unique, ou de lésion bilatérale.
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