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CPGE - Jean Zay

De justes inégalités


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De justes inégalités

John Rawls est un auteur américain qui a réveillé la philosophie politique, qui a pris au sérieux les critiques de ses contempteurs, et qui s'est impliqué dans la vie politique américaine. C'est un auteur classique, qui doit beaucoup à la pensée de Kant.
Son ouvrage le plus connu, Théorie de la justice, répond à une question fondamentale de la philosophie politique : selon quels principes ordonner une société juste ? Trois grands principes, que l'auteur écartera successivement, se présentent traditionnellement : le mérite, l'utilité, la liberté.
1. Le mérite moral
Une société est juste, les institutions sont bien ordonnées si elle donne aux individus en fonction de la valeur de leur contribution à la société. Variante aristotélicienne : déterminer la meilleure adéquation entre les talents de l’individu et leur rôle social (les meilleures flûtes vont aux meilleurs joueurs).
2. L’utilité
Si les institutions permettent de maximiser le bien-être agrégé, si elles permettent la somme de satisfaction la plus élevée pour l’ensemble des sociétaires, elles sont justes. La valeur des choses est fonction de leur utilité, il n’y a pas de valeur intrinsèque des choses ou des êtres.
3. Libertarisme
• Je suis propriétaire de moi-même. L’individu est souverain et ne peut pas être contraint par une quelconque emprise ou entreprise collective.
• Toutes les transactions sont justes si elles sont volontaires. La justice se déduit du respect des droits individuels fondamentaux et du respect des termes initiaux du contrat.
• Ce que j’améliore par mon travail devient mien.
Le libéralisme politique rawlsien tire les principes de la justice de l’opinion que vont en avoir les acteurs de la société après une délibération impartiale. « Les principes de justice, écrit Rawls, sont (ceux que des) individus libres et rationnels, désireux de favoriser leurs propres intérêts et placés dans une situation initiale d’égalité, accepteraient et définiraient (comme) les termes fondamentaux de leur association » (p. 152-152). Il convient donc que ces principes soient établis à l’issue d’une délibération commune.
La singularité de la solution de Rawls est illustrée par un exemple imaginé par le prix Nobel d’économie Amartya Sen dans The Idea of Justice, 2010, p. 12-15. Trois enfants se chamaillent pour une flûte. Anne est la seule à savoir en jouer. Bob est le plus pauvre, il n’a pas de jouets du tout. Clara a travaillé dur pour fabriquer la flûte. À qui doit aller la flûte ? Pour l’utilitariste et pour Aristote, à Anne : son plaisir sera le plus grand, elle sait en jouer. Pour le libertarien, pour Locke (et le marxiste), à Clara : elle a droit aux fruits de son labeur. Pour Rawls, il faudrait que les enfants se mettent d’accord.
Antoine de La Taille

 

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Claudec 05/10/2012 09h14

« Selon quels principes ordonner une société juste ? »
"plus juste" serait moins présomptueux mais ne l'est-ce pas que prétendre organiser la société, quand elle l'est naturellement, fondamentalement et incontournablement ?
Tout au plus nous est-il permis de gérer les inégalités et de tenter de les réduire dans leur relativité. Le problème est moins dans le principe d'inégalité que dans les écarts qu'y introduisent le progrès et le nombre.
Voir à ce sujet
"La Pyramide sociale - Monstrueux défi"
lisible en pdf ou édition papier, via :
http://www.thebookedition.com/la-pyramide-sociale---monstrueux-defi-claudec-p-84411.html

À partir de données connues, cet ouvrage fait état d'une situation et de son évolution au cours du temps, dans des termes que les milieux autorisés répugnent visiblement à employer. Pourtant, agnostique et apolitique ; aussi peu spéculative qu'intuitive, la simple observation d'une réalité démographique, mise en relation avec les inégalités sociales, laisse à chacun la liberté d'en prendre la part qu'il jugera compatible avec ses propres convictions, aussi bien religieuses que politiques.
Une analyse de la pyramide sociale, mettant en évidence des aspects de la condition humaine allant bien au-delà des questions soulevées par la libre-pensée comme par la pensée philosophique, politique, économique, scientifique, sociale, religieuse ... ; défiant le pragmatisme, le romantisme, la superstition, la foi, la compassion, les certitudes des uns comme des autres.
Voir aussi le blog http://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com
 

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