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Produire et analyser l'image

À l’heure où les avancées technologiques s’accélèrent et où l’image est devenue omniprésente, l’anthropologie visuelle demeure marginale et l’épistémologie de l’image confidentielle. Comment surmonter cette marginalité et contribuer au développement de ce champ disciplinaire? Le questionnement soulevé ici peut se résumer très simplement : qu’apprend-on en regardant ? Comment comprendre ce que nous voyons? Comment produire et transmettre une information par le son et l’image ? Comment décoder un message audiovisuel ? Quel rôle les images jouent-elles dans la création et la transmission des savoirs ?

PROGRAMME

Corinne Fortier (CNRS, LAS) : « 24heures dans la vie de Diane »
Corinne Fortier introduit et commente son film de 15’. Diane, homme devenu femme, témoigne par son corps de cette transformation physique, avec ses atours et ses cicatrices. L’anthropologue a suivi Diane dans son quotidien, afin de rendre au plus près sa gestuelle genrée, ses élans, ses rêves, sa force, son trouble, ses maladresses, ses hésitations, sa parole, ses silences, ses regards, ses sourires, bref tout ce qui relève de l’émotion. L’imprévu et la grâce sont souvent au rendez-vous à l’occasion de rencontres et d’interactions inattendues.

André Gunthert (EHESS, Lhivic) : « Le dinosaure, un désir d'image ».
Comme de nombreuses productions iconographiques réalisées à partir d'informations scientifiques, les images de dinosaures proposent une interprétation dont l'évolution révèle les approximations et les erreurs. Mais dans le cas de ces espèces disparues, la figuration a souvent produit des effets imaginaires autonomes. Tel est le cas de l'hypothèse de la bipédie, explorée dès la fin du XIXe siècle, dont la représentation fait émerger le motif inattendu de la confrontation du dinosaure avec l'espèce humaine. 

Erwan Dianteill (Université de Paris Descartes, CANTEL) : « Le jour et la nuit : filmer une sortie de couvent de vodun à Adjarra (Bénin) ».
Erwan Dianteill rendra compte d’une recherche audiovisuelle consacrée à des rites vodou au Bénin, avec notamment une réflexion sur les rites nocturnes filmés  en lumière infrarouge.

Jean Paul Colleyn (EHESS, IMAF) : « La photo ou l’anthropologie comme art ».
Réflexion à partir d’une collaboration étendue sur 30 ans au Mali et au Togo, avec la photographe Catherine De Clippel. Qu’apporte le noir et blanc par rapport à la couleur et vice versa ? Qu’apporte l’image fixe par rapport à l’image mouvante, l’image muette par rapport à l’image sonore ? Comment se situer dans la fausse opposition entre art et science ?
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Jean-Christophe Monferran et Jing Wang (EHESS, IIAC) : « Carnaval du nouvel an chinois à Paris. Essai de webdocumentaire ».
Le défilé du Nouvel An Chinois est devenu depuis la fin des années 1990 la fête de rue la plus importante de Paris. Proposée comme un « carnaval », elle se développe en fait sur trois plans que le film entrelace. D’abord, une grande parade qui met en scène les associations asiatiques du quartier (lesquelles ont à cœur d’offrir un divertissement en même temps qu’une représentation de la « culture chinoise »). Ensuite, une scène politique, balisée par toutes les instances du pouvoir politique qui cultive ses relations avec ce qu’il nomme la « communauté asiatique » : de la mairie d’arrondissement jusqu’à l’Elysée en passant par la mairie de Paris. Enfin une procession religieuse, à peu près invisible pour les non initiés, qui part d’un temple caché et propose aux fidèles une série de statues sacrées. Omniprésents dans ce défilé, deux personnages d’importance : les lions et les dragons, qui se livrent à des performances divertissantes mais sont aussi positivement efficaces pour l’année qui commence. 
Accès au webdoc

Patrick Deshayes (professeur, université Lyon 2, EREA, LESC): « Image filmique et fabrication de la mémoire ».
P. Deshayes, qui s’intéresse depuis longtemps, dans la lignée de  E. Hobsbawm & T. Ranger à l’invention des traditions évoquera son travail  au Pérou, auprès d’une tribu oubliée d’Israël. Il mettra l’accent sur l’influence du cinéma de fiction en particulier des péplums dans la mise en scène des rituels des membres de ce groupe judéo-inca notamment au travers des costumes. Par cette influence particulière, le cinéma participe de la construction de leur image actuelle et d’une reconstruction de leur image ancestrale, mettant ainsi en lumière la fonction sociale du passé.

Baptiste Buob (CNRS, LESC) et Damien Mottier (FNRS, ULB) "Ethnographie filmée d'une abbaye de moines trappistes. Réflexions sur un travail en cours"
Dans le prolongement d'un atelier en "écriture filmique" mis en place au sein de l'abbaye de la Trappe – atelier qui aboutit à la réalisation de quatre courts métrages –, nous poursuivons notre exploration audiovisuelle en vu de réaliser un web-documentaire et un long métrage documentaire. À l'appui d'extraits de séquences filmées à l'occasion des funérailles de l'un des moines, nous reviendrons sur la thématique de la mort, du corps exposé, veillé et enterré selon le protocole cistercien et nous aborderons la place que cette séquence pourrait prendre dans notre récit.

Caterina Pasqualino (EHESS, IIAC) : « Ciné-performance : à propos du souffle circulaire dans le free jazz ».
Dans la musique free jazz, pour produire un son continu certains saxophonistes et trompettistes recourent au souffle circulaire. Cette technique nécessite un effort qui prive l’instrumentiste d’une partie de son oxygène. Comme dans l’apnée, cette atrophie respiratoire modifie sa conscience et peut atteindre une dimension mystique. Comment restituer ce type de performance avant tout sonore d’un point de vue filmique ? Caterina Pasqualino est à la recherche des manifestations physiques accompagnant cet état second. Elle tente de les comparer aux transformations du corps en transe observées par elle dans les cultes de possession à Cuba.
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