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Fondation maison des sciences de l'homme



4 - Changements récents dans le racisme et l’antisémitisme

Introduction

Nous allons nous pencher cette semaine sur les formes contemporaines et les mutations du racisme et de l’antisémitisme.

Pour beaucoup, la divulgation des crimes commis par le régime nazi, puis la décolonisation et les mouvements pour les droits civiques, devaient signer la fin de la propagation des idées racistes et antisémites. Pourtant, loin de disparaître au cours de la seconde moitié du 20ème siècle, ces idées font preuve d’une forte capacité d’adaptation aux évolutions des mœurs et aux changements sociaux.

On abordera cette question en nous penchant dans un premier temps sur la notion de « racisme différencialiste » ou « culturel ». Il s’agira de comprendre la mutation du racisme, depuis une conception biologique de la différence, qui ne disparaît pas pour autant, vers une conception « culturelle » de l’altérité. Ce néoracisme semble abandonner l’idée de « race » au sens biologique du terme, il se construit sur l’idée de « cultures irréconciliables » pour justifier la discrimination et le rejet de l’autre.

Dans un second temps, on se penchera sur le racisme systémique, une forme d’institutionnalisation du racisme à travers la discrimination de fait, notamment dans le monde du travail. Il devient de plus en plus rare d’observer des manifestations de racisme explicite, néanmoins, des phénomènes de discriminations institutionnelles sont largement observables dans l’emploi. On illustrera ce point à travers l’expérience d’une entreprise dans le bassin minier d’Alès.

La question de l’immigration est un point central dans les formes contemporaines du racisme. Le « travailleur immigré » intégré autrefois par le travail, est aujourd’hui perçu comme un sujet hostile, dissocié du travail, appartenant à une masse homogène ethnicisée. Le racisme recèle une dimension sociale et économique forte. Dans les « Trente glorieuses », il s’inscrit dans des rapports de domination, et accompagne l’exploitation par le groupe majoritaire des populations immigrées. On verra alors qu’il est devenu une composante fort différente de la fin des sociétés industrielles.

On s’attardera enfin sur l’islamophobie, qui englobe le rejet des institutions religieuses et des dogmes musulmans, ainsi que des personnes pratiquant l’islam. Ce terme contesté devenu fréquent, facilite les amalgames entre des formes radicales d’expression de l’appartenance religieuse et une pratique ordinaire de la religion. On verra ainsi comment l’islamophobie se fait le vecteur d’un certain nombre de discriminations.

 
 
FMSH
 
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