Vidéo pédagogique
Notice
Langue :
Français
Crédits
Aglaé Jézéquel (Intervention)
Détenteur des droits
IRD
Conditions d'utilisation
Droit commun de la propriété intellectuelle
DOI : 10.60527/4vwt-c149
Citer cette ressource :
Aglaé Jézéquel. IRD. Attribution des changements climatiques observés , in ClimatSuds. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/4vwt-c149. (Consultée le 4 novembre 2026)
Retranscription

Notre lien le plus direct avec le climat se fait à travers la météo. En particulier, les événements météorologiques extrêmes ont des impacts directs sur nous, notre santé, nos activités et les écosystèmes. Par exemple, les canicules conduisent à des pics de mortalité, en particulier chez les personnes les plus vulnérables, comme les personnes âgées. Les sécheresses ont des impacts sur les rendements agricoles et l'accès à l'eau.Les ouragans détruisent des infrastructures sur leur passage. Dans un climat qui change, les caractéristiques des événements extrêmes changent aussi : leur fréquence, leur intensité, leur durée, leur saisonnalité ne suivent plus nécessairement les mêmes lois que dans un climat non modifié par l'homme. On sait par exemple que les canicules deviennent plus fréquentes, plus intenses et plus longues, que les épisodes de pluies les plus extrêmes s'intensifient, et que certaines régions s'assèchent, comme la région méditerranéenne.Ces tendances générales ne permettent cependant pas de relier un événement extrême observé avec le changement climatique. Pour établir ce lien, on recourt à une branche de la climatologie qu'on appelle l'attribution d'événements extrêmes. Son objectif est d'évaluer l'influence du changement climatique d'origine humaine sur un événement précis, observé, auquel on s'intéresse parce qu'il est particulièrement extrême et/ou parce qu'il a causé des impacts importants.Pour faire ce travail, on a besoin de distinguer en quelque sorte deux mondes différents qui peuvent être modélisés. Le premier, le monde factuel, dans lequel l'événement a eu lieu avec un changement climatique qui peut être caractérisé par un niveau de réchauffement global ou une concentration de gaz à effet de serre. Le second monde, qu'on appelle contrefactuel, le monde tel qu'il aurait pu être sans changement climatique, que l'on peut simuler grâce à des modèles de climat sans augmentation des gaz à effet de serre.On peut alors s'intéresser à la manière dont l'événement est représenté dans ces deux mondes. Typiquement, on s'appuie sur des modèles climatiques pour obtenir des séries temporelles des variables qui nous intéressent, dans les mondes factuel et contrefactuel. Classiquement, on définit l'événement comme le dépassement d'un seuil, par exemple, pour une canicule, le dépassement d'un seuil de température. Il est alors possible de calculer la probabilité d'occurrence de ce dépassement de seuil dans les mondes factuel et contrefactuel, et de comparer ces probabilités.On détermine ainsi si le changement climatique a rendu l'événement plus ou moins probable. Il est également possible de calculer la probabilité p de l'événement dans le monde factuel et de comparer l'intensité de l'événement dans le monde factuel avec l'intensité de l'événement de probabilité p dans le monde contrefactuel. On en déduit le changement d'intensité lié au changement climatique, pour deux événements de même probabilité.On peut par exemple citer le groupe de travail World Weather Attribution, qui publie régulièrement des attributions rapides d'événements en suivant cette approche. On peut également s'intéresser à la manière dont le changement climatique affecte les processus physiques qui conduisent à l'événement, par exemple en séparant les contributions dynamiques, typiquement la circulation atmosphérique de grande échelle qui caractérise l'événement, et les contributions thermodynamiques.Par exemple, dans le cas d'un ouragan, on peut forcer un modè…

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Attribution des changements climatiques observés

Mise en ligne : 23 septembre 2026
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Descriptif

Peut-on affirmer qu'une canicule, une inondation ou un ouragan est dû au changement climatique ? Cette vidéo présente l'attribution d'événements extrêmes, une branche de la climatologie qui cherche à évaluer l'influence du changement climatique d'origine humaine sur un événement précis et observé.

La méthode repose sur la comparaison de deux mondes simulés : le monde factuel, dans lequel l'événement a réellement eu lieu avec le climat actuel, et le monde contrefactuel, qui représente ce qu'aurait été le climat sans l'augmentation des gaz à effet de serre. En comparant la probabilité et l'intensité d'un événement dans ces deux mondes, les scientifiques peuvent déterminer si le changement climatique l'a rendu plus probable ou plus intense, une approche notamment mise en œuvre par le groupe World Weather Attribution ou par le site ClimaMeter, qui explore aussi les mécanismes physiques, dynamiques et thermodynamiques, à l'œuvre.

La vidéo souligne l'utilité de ces analyses pour rendre plus tangibles les impacts du changement climatique, informer les médias ou appuyer des actions juridiques, tout en rappelant une nuance essentielle : un événement extrême rendu plus probable par le changement climatique n'en est pas pour autant le seul responsable des dégâts observés, ceux-ci dépendant aussi de l'exposition et de la vulnérabilité des populations, des écosystèmes et des infrastructures touchées.

ClimatSuds

ClimatSuds, développé par l'IRD en collaboration avec ses partenaires des pays du Sud, est un portail innovant qui simplifie l'accès aux données climatiques. 

Il centralise les données climatiques sur l'Afrique, l'Amérique du Sud et l'Asie du Sud-Est pour permettre d’analyser les impacts du changement climatique. Il s’agit d’un outil d’aide à la décision dans des domaines stratégiques comme l’agriculture, la gestion de l'eau ou encore la biodiversité.

https://climatsuds.ipsl.fr/fr

Intervention / Responsable scientifique

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