Que peut la lecture littéraire face aux expériences complexes de la douleur et de la souffrance dans le soin ?
Descriptif
Vendredi 20 mars 2026, coordonnée par Vasiliki Kondylaki (Chaire de Médecine narrative, Université Bordeaux Montaigne) et Isabelle Galichon (Plurielles / Université Bordeaux Montaigne).
En décembre 2024, l’Académie Nationale de Médecine soulignait l’importance de la lecture dans la formation des futurs soignant.e.s : « La déshumanisation de la médecine de soins, amplement démontrée, a partie liée avec le déclin de la culture générale et un enseignement trop centré sur les matières scientifiques à caractère universel. Les objectifs visant à développer le sentiment empathique chez les médecins en formation, doivent être fondés sur la stimulation de l’intérêt pour la culture générale et, notamment, sur l’incitation à la lecture et l’interprétation d’œuvres d’art pictural. »
Si la France a négligé, par choix politique, d’associer les études littéraires à l’enseignement des Humanités en santé, dans les formations en sciences de la santé, d’autres pays ont suivi d’autres voies où les arts ont toute leur place, tant dans l’interprétation esthétique d’œuvres que dans la mise en place de pratiques artistiques. De nombreux travaux soulignent l’importance de la lecture dans la compréhension d’expériences complexes du soin, en particulier la douleur et la souffrance. Ces expériences, à la fois universelles et radicalement singulières, résistent souvent au langage biomédical et aux outils de mesure standardisés.
La lecture littéraire se révèle alors un outil épistémologique et éthique essentiel : elle donne accès à la dimension phénoménologique de la douleur – cette expérience subjective incarnée, souvent ineffable – là où les échelles d’évaluation échouent à saisir le vécu du patient. Que ce soit dans le domaine de la théorie littéraire, de la philosophie, des sciences cognitives ou des neurosciences, il a été souligné que la pratique de la lecture favorise des compétences essentielles, ce qui s’avère d’autant plus important lorsqu’on est confronté à la souffrance : une attention clinique affinée aux métaphores et aux silences par lesquels la douleur se donne à entendre ; une capacité de « mise en miroir » (mirroring) où s’expérimente l’altérité du sujet souffrant ; une imagination morale nécessaire au jugement éthique en situation d’incertitude. La lecture constitue également un espace de mise en retrait où se met en place un prendre soin de soi pour le soignant confronté à la souffrance répétée.
Face à ces enjeux, ce colloque a pour visée de réunir différentes disciplines afin de croiser les perspectives sur la place et les fonctions de la lecture dans la compréhension et l’accompagnement de la douleur et de la souffrance, tant dans les formations que dans les pratiques soignantes. Les humanités en santé invitent à ce croisement disciplinaire : il s’agit ici d’aborder cette question essentielle à plusieurs voix dans un contexte médical où la reconnaissance de la dimension existentielle de la souffrance et le besoin de ressources émotionnelles et éthiques pour les soignant.e.s appellent de nouvelles approches pédagogiques et cliniques. Ce colloque s’inscrit dans le cadre des travaux de la Chaire Médecine narrative – Hospitalité en santé (CHU de Bordeaux-Université de Bordeaux) qui est une antenne de la chaire de Philosophie à l’Hôpital du GHU Paris Neurosciences (Cynthia Fleury) et accompagnée par la Fondation Bordeaux Université.
Vidéos
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Intervenants et intervenantes
Médecin anesthésiste. - PH au CHU de Bordeaux (en 2026)
Auteure d'une thèse en Littératures française, francophones et comparée à Bordeaux 3 (en 2013) - Membre de l'équipe de recherche TELEM de l'université Bordeaux Montaigne (en 2017). - Chercheuse associée à l’UR Plurielles (Université Bordeaux Montaigne) et coordinatrice de la Chaire de médecine narrative (CHU de Bordeaux, Université Bordeaux Montaigne) (en 2023)
Docteure en littérature grecque ancienne, université de Lausanne. - Enseignante de grec et chercheuse en humanités médicales (en 2020). - Chaire de Médecine narrative, Université Bordeaux Montaigne (en 2026)
Titulaire d'une thèse d'exercice de médecine, Caen (en 2004). - PH, Centre François Baclesse, Caen (en 2026)
Auteure d'une thèse en Litterature francaise, francophones et comparee à Bordeaux 3 (en 2024). - MCF en études littéraires – université de Pékin (en 2026)
Enseigne la théorie de la littérature et l'histoire culturelle à l'Université de Gand, Belgique (en 2005). - Professeur en études littéraires, Université de Gand (en 2026)
Service de Néonatologie du CHU Pellegrin de Bordeaux (en 2012). - PH, CHU Bordeaux (en 2026)
Doctorante en santé publique et épidémiologie sociale à l’ASU-GHI (en 2026)
PH, CHU de Bordeaux (en 2026)







