Les données immobilières au croisement de l’action et de la recherche

évènement
Réalisation : 29/09/2025
Mise en ligne : 09 mars 2025
Crédit
Héloise Chauvel et Kévin Poisson
DOI : 10.60527/r9b5-8648
URL pérenne : https://doi.org/10.60527/r9b5-8648
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Photographie de la mini-table ronde de la session 1 “Des données pour éclairer les dynamiques des marchés locaux résidentiels” vue de l’arrière de la salle de conférence

Descriptif

« Les données immobilières au croisement de l’action et de la recherche »

Centre des colloques du Campus Condorcet,  le 29 septembre 2025

 

Objet et positionnement

La journée d’études visait à documenter, de manière structurée et comparative, les usages de données immobilières à l’interface entre recherche académique et action publique, en croisant des sources hétérogènes (DVF, Fichiers fonciers, données de programmation immobilière type SITADEL, jeux de données issus du web scraping et des plateformes) et en explicitant leurs conditions de production, leurs limites de comparabilité et d’exhaustivité, ainsi que leurs implications méthodologiques et éthiques.

Deux objectifs guidaient le dispositif :

  • restituer des travaux récents sur les marchés résidentiels, la propriété et la production immobilière

  • ouvrir un débat interprofessionnel sur la gouvernance des données, leurs biais de sélection et les standards minimaux de reproductibilité pour des usages publics et scientifiques.

Informations générales

Date et lieu : Lundi 29 septembre 2025, Centre des Colloques du Campus Condorcet - Aubervilliers.

Organisation : Héloïse Chauvel (UPC), Kevin Poisson (UPC), Marion Maisonobe (CNRS), Hugues Pecout (CNRS)

Financement : Journée organisée dans le cadre de la transversalité inter-équipes « Données et protocoles dans les humanités numériques » de l'UMR Géographie-cités, avec le soutien de la Graduate School Urban Studies de l’Université Paris Cité.

Format : Matinée de quatre sessions thématiques (présentations de recherche), après-midi de deux tables rondes réunissant chercheurs, acteurs publics et professionnels des données. Captation vidéo et démarche de consentement en vue d’une valorisation ultérieure ont été prévues.

Programme scientifique

Session 1 (9h30-11h)- Des données pour éclairer les dynamiques des marchés locaux résidentiels.

1.1 Effets des locations meublées touristiques sur la géographie résidentielle : mobilisations de jeux InsideAirbnb/plateformes et croisements avec observatoires territoriaux.

Interventions  : Marianne Guérois (Géographie-cités) et collègues, Jeanne Richon (UPEC-Lab’URBA).

1.2 Approcher les marchés locaux du logement par les données du web (annonces, temporalités de mise en vente/location, segmentation spatiale, qualité et nettoyage des données).

Interventions  :  Alexandre Coulondre (Lab’URBA).

Session 2 (11h-12h45) - Des données pour éclairer les géographies de la propriété et de la production immobilière.

2.1 Propriété immobilière et inégalités patrimoniales à partir des Fichiers fonciers et de DV3F : apports, protocoles, limites (exhaustivité territoriale, anonymisation). 

Interventions : Laure Casanova et Antoine Péris (Univ. d’Avignon - UMR Espace), Rémi Lei (EU Tax Observatory - PSE).

2.2 Projets urbains et programmation immobilière (SITADEL/RPLS) : dynamiques de densification et reconversions, articulation données quantitatives/qualitatives. 

Interventions : Antoine Gosnet (EHESS - Géographie-cités), Olivier Denagiscarde (économie urbaine).

Tables rondes

Table-ronde 1 (14h-15h30) - Gouvernance et usages des données immobilières au prisme de la recherche et de l’action publique.

Animation : Alexandre Coulondre (Lab’URBA).

Intervenants : Francesca Artioli (EUP/UPEC - Lab’URBA), Christophe Blot (Rennes Métropole - PLH/Programmation/Production neuve), Antoine Pauchon (IDHEAL), Magali de Raphélis (CNIS - commissions Territoires/CNERP).

Les échanges ont porté sur les instruments de régulation (vacance, prospective de besoins), l’articulation entre données publiques et privées, la transparence/opacité des plateformes et la montée de dispositifs comme OFS-BRS.

Table-ronde 2 (16h-17h30) - Structuration des données : entre désir de comparabilité et d’exhaustivité, quelles limites et quels biais ?

Animation : Renaud Le Goix (Université Paris Cité - Géographie-cités). 

Intervenants : Guilhem Boulay (Univ. d’Avignon - UMR Espace), Antoine Herman (Cerema - référent DV3F), Yann Gérard (Adéquation).

Discussion centrée sur l’interopérabilité des bases (mappage DVF/Fichiers fonciers/DV3F/bases privées), effets de MAUP et choix d’échelles (IRIS/commune/EPCI/AAV), ruptures de séries, indicateurs d’incertitude (taux de couverture, valeurs imputées, marges d’erreur) et enjeux de qualité géographique.

Principaux enseignements transversaux

  1. Conditions de comparabilité : La mise en correspondance inter-bases (DVF/Fichiers fonciers/DV3F/bases « marché ») requiert des nomenclatures harmonisées, une documentation des ruptures méthodologiques et la publication d’indicateurs d’incertitude (taux de couverture, règles d’exclusion).

  2. Exhaustivité et biais d’observation : Les trous de couverture territoriale, les retards de millésimes, l’hétérogénéité des définitions (ex. loyer demandé vs loyer signé ; vente au détail vs vente en bloc) et la dépendance aux stratégies des producteurs privés imposent des précautions d’interprétation et de triangulation des sources.

  3. Gouvernance et régulation : La circulation des données entre plateformes privées, observatoires et collectivités pose des enjeux de transparence, de coûts d’accès (CASD), de droits et de finalités (régulation des marchés, évaluation des dispositifs type OFS-BRS), appelant des protocoles minimaux de reproductibilité et de redevabilité.

Vidéos

Intervenants et intervenantes