Conférence
Chapitres
Notice
Lieu de réalisation
Centre INRAE Antilles-Guyane (Petit Bourg [Guadeloupe])
Langue :
Français
Crédits
Toulassi Atiama-Nurbel (Intervention), Audrey Fanchone (Intervention), Sylvie Lecollinet (Intervention), Harry Ozier-Lafontaine (Intervention), Chloé Quiméby (Intervention)
Détenteur des droits
INRAE
DOI : 10.60527/26pc-7805
Citer cette ressource :
Toulassi Atiama-Nurbel, Audrey Fanchone, Sylvie Lecollinet, Harry Ozier-Lafontaine, Chloé Quiméby. carrefours innovation INRAE. (2026, 19 mars). [DROM et biodiversité] Biodiversité et production agricole : des antagonismes aux synergies , in Quels modèles économiques des nouveaux modes de production dans des hotspots de biodiversité ?. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/26pc-7805. (Consultée le 5 novembre 2026)

[DROM et biodiversité] Biodiversité et production agricole : des antagonismes aux synergies

Réalisation : 19 mars 2026 - Mise en ligne : 31 mars 2026
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Descriptif

Compartiment des sols

Le projet SOLORGA (2020 – 2023) est un projet FEADER, piloté par l’IT2 et réalisé en Guadeloupe, en partenariat avec le CIRAD, le CTCS, la SICA LES ALIZES et l’ASSOFWI.
Il a vu le jour suite à une volonté d’assurer une meilleure résilience des exploitations par la valorisation de la biomasse locale dans les systèmes de culture. La fertilité des sols et la fertilisation organique des cultures étant le thème choisi pour répondre à cette problématique.
Le projet SOLORGA a permis l’amélioration des connaissances et des compétences des agriculteurs, techniciens et autres acteurs du monde agricoles grâce à différents livrables tels que :
• Le guide de la Matière organique : bases sur le fonctionnement des sols, les caractéristiques et comportements des matières organiques locales.
• OAD Bilan humique & Azoté : outil de pilotage de la fertilisation pour la banane, la canne à sucre et le chou.
• Outil de diagnostic de la fertilité des sols : sélection d’indicateurs simples à mesurer et analyser, pour évaluer l’état de fertilité d’un sol agricole.


Chloé Quiméby

Lutte biologique

Déploiement de la lutte biologique à La Réunion :
Innovation territoriale et levier de développement agricole dans un hotspot de biodiversité (projet PARSADA SA’IRA)
Hotspot mondial de biodiversité, La Réunion se doit d’innover localement : identifier, élever, déployer pour des solutions à la hauteur de ses responsabilités environnementales et de ses spécificités insulaires et tropicales. Depuis les années 90, une filière de protection biologique inondative sous abri, principalement en tomate et maraîchage, s’est construite en ce sens, appuyée par l’UMT BAT (ARMEFLHOR, CIRAD, Biofabrique La Coccinelle) et le RITA Végétal Réunion. Malgré des acquis solides, le déploiement territorial se heurte à des freins structurels : coûts et logistique des lâchers, gestion des pics de demande, complexité opérationnelle, réticences des producteurs et besoin d’autonomie technique. Le projet SA’IRA (PARSADA, 2025-2029) s’attaque à ces verrous en combinant expérimentation système, fermes pilotes avec techniciens « faiseurs », et suivi technico-économique, pour construire un modèle économique viable, pleinement territorialisé, s’appuyant sur une biofabrique locale.


Toulassi Nurbel

Intégrer la biodiversité

Le monde est confronté au double défi de nourrir une population grandissante tout en adoptant des approches alimentaires durables sur le plan environnemental et social. Le modèle agricole productiviste de la révolution verte, axé sur l’augmentation de la production pour assurer la sécurité alimentaire, privilégiant l’utilisation intensive d’intrants synthétiques dans des systèmes de monoculture hautement mécanisés, a montré ses limites en grande partie compte tenu de ses effets néfastes sur l’environnement. Par ailleurs, il semble accroître la vulnérabilité des petites exploitations, qui sont la pierre angulaire de l’agriculture de nos territoires. L’agroécologie est souvent pointée comme une stratégie pour maintenir, voire accroître, la production tout en évitant les externalités négatives sur l’environnement. L’agroécologie est entre autres définie comme un ensemble de pratiques fondées sur les principes écologiques de diversité, de synergie et de cycle des nutriments des agroécosystèmes, qui sont capables de renforcer la résilience de la sécurité
alimentaire des petits exploitants tout en fournissant des services écosystémiques. Les systèmes de polyculture-élevage tropicaux comptent parmi les plus
diversifiés au monde. Ils mobilisent des pratiques d’intégration entre cultures et élevage pour accroître les synergies et le bouclage des cycles de nutriments dans l’exploitation. Cette présentation discutera de l’impact de ces principes de diversité, de synergies et de bouclage des cycles sur les performances des systèmes tropicaux et des compromis à rechercher, notamment entre accroissement de la diversité et gestion de la complexité du système.

Audrey Fanchone

Antagonisme et synergie

La biodiversité entretient des relations complexes avec les systèmes agricoles : elle peut à la fois générer des risques sanitaires pour l’élevage, mais aussi contribuer à leur régulation. Dans le cadre des approches intégrées de santé et des projets partenariaux développés en Guadeloupe en santé animale, nous nous intéressons d’abord aux antagonismes, en étudiant le rôle de la faune sauvage comme réservoir de maladies vectorielles et zoonotiques émergentes, notamment le virus West Nile ou de l’Influenza aviaire (projet H2020 BComing). Nous analysons également plusieurs maladies touchant les élevages de ruminants et transmises par des arthropodes, comme la fièvre catarrhale ovine, la cowdriose ou encore l’anaplasmose (projets FEADER TISARU et USDA RACE). Mais nos travaux mettent aussi en évidence de possibles synergies, notamment en étudiant le rôle de la biodiversité dans la régulation des maladies, ainsi que la contribution des races locales de ruminants, souvent mieux adaptées et plus résilientes face à ces infections. Ces recherches illustrent ainsi comment la biodiversité peut être à la fois source de risque et facteur de protection pour la santé des élevages. Elles s’inscrivent plus largement dans les réflexions sur l’adaptation des élevages guadeloupéens aux changements globaux, qu’ils soient climatiques, écologiques ou sanitaires.

Sylvie Lecollinet

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Le jeudi 19 mars 2026, INRAE, Agreenium, Le Cirad, Armefhlor et IT2 ont organisé une journée d’actualisation des connaissances et d’échange avec les acteurs locaux, les parties prenantes, sur les modèles économiques des nouveaux modes de production dans des hotspots de biodiversité.

 La biodiversité présente dans les départements ultra marins, représente un patrimoine d’une grande richesse dont la préservation constitue un enjeu et une responsabilité majeure collective. Des systèmes et pratiques agricoles intégrant la biodiversité, comme outils, comme support existent. Mais pour être résilientes, elles doivent relever le défi d’intégrer les enjeux socioéconomiques, agronomiques, dans un contexte de changements climatique, environnementaux et de transitions démographiques. 

  • Comment mobiliser les savoirs expérientiels des agriculteurs, des filières locales ?
  • Quels modèles socioéconomiques peuvent soutenir ces productions agricoles intégrant la richesse écologique, rémunératrices pour les agriculteurs et l’ensemble de la chaîne de valeur économique ?
  • Comment ces systèmes peuvent être au service de la souveraineté alimentaire locale ?
  • Comment intégrer la valeur ajoutée des externalités positives de ces pratiques ?
Intervention / Responsable scientifique

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