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Tanner Alain

Formation
Alain Tanner fait des études de sciences économiques à l'Université de Genève, ou il fonde en 1951 le Ciné-Club de Genève en compagnie de Claude Goretta. Il interrompt ses études pour s'engager entre 1952 et 1953 dans la marine marchande au port de Gênes. Il rentre en Suisse, puis part pour Londres en 1955. De 1955 à 1957, il travaille d'abord au British Film Institute de Londres en compagnie de Claude Goretta, ou il fréquente les réalisateurs du free cinéma puis en 1958 au service de documentation de la BBC comme assistant réalisateur. Fonction qu'il occupera aux Studios de Joinville en France, de 1958 à 1960. En 1957, il réalise à Londres avec Claude Goretta un court métrage, tourné en 16 mm, Nice Time qui reçoit au Festival de Venise le prix du film expérimental. Alain Tanner réalise de nouveaux courts et moyens métrages expérimentaux en France et en Suisse : Ramuz, passage d'un poète (1961), L'école (1962), Une ville à Chandigarh (1966).

Carrière au cinéma
Après cinq années passées à tourner des reportages pour la télévision suisse, Alain Tanner se lance en 1968 dans un premier long métrage, Charles mort ou vif. Un film en noir et blanc dans lequel un entrepreneur bien installé craque et quitte sa petite vie de bourgeois pour vivre tel un bohème ; retrouvé, il sera interné par son fils. Pris dans la vague soixante-huitarde, Alain Tanner critique la société enfermée dans le confort. Très apprécié, le film reçoit le Grand prix du festival de Locarno. Son second film, La salamandre (1970) est dans la même lignée. Ici, ce n'est plus un homme mais une femme qui choisit de se marginaliser et Alain Tanner y décrit une société capitaliste horriblement ennuyeuse. En 1972, place au huis clos avec Le retour d'Afrique, film sur les espoirs d'un jeune couple. Le milieu du monde (1974), s'attache à illustrer le désir de liberté d'une femme à qui, pourtant, on propose une meilleure situation. Avec Jonas qui aura vingt cinq ans en l'an 2000 (1976), on nage en plein utopisme à travers l'évocation des désirs d'un monde meilleur pour les générations à venir. Projet initialement confié à Maurice Pialat, Messidor (1978), basé sur un fait divers, raconte la fugue de deux jeunes adolescentes sur les routes de Suisse. En 1980, Les années lumière, sur la rencontre d'un jeune homme et d'un vieillard, obtient le Grand prix du jury au Festival de Cannes en 1981. Avec La Ville blanche (1982), et un Bruno Ganz en marin quittant tout pour se fondre corps et âme avec la ville, il nous fait connaître et aimer Lisbonne. Dans La Vallée fantôme (1987), il brosse le portrait d'un alter ego, un cinéaste quinquagénaire interprété par Jean-Louis Trintignant en pleine crise existentielle. En 1989, à travers un drame social, il dénonce le racisme et la xénophobie dans La femme de Rose Hill. Quarante ans après, il revient à Gènes et tourne le documentaire Les Hommes du port (1995). Avec cette chronique sur l'univers des dockers et leur organisation syndicale, Tanner fait l'éloge d'un monde professionnel menacé. Vingt-cinq ans après La Salamandre, le cinéaste fait revivre son héroïne dans Fourbi (1996), et dresse un état des lieux dans lequel le monde s'enlise. Bulle Ogier avait prêté son charme à la Rosemonde de 1971. C'est une Karin Viard, facétieuse qui reprend le rôle avec brio. Il retrouve Lisbonne avec Requiem (1998), inspiré d'un roman d'Antonio Tabucchi. Jonas et Lilas, à demain (1999), raconte le quotidien d'un jeune couple, Lila et Jonas. Au coeur de ce quotidien, il y a la relation entre Jonas et Anziano, vieux cinéaste et alter ego possible du réalisateur. Paul s'en va (2003), annoncé comme son dernier film, est l'occasion pour Alain Tanner, d'aborder encore le thème du passage de témoin, qui traverse une large partie de son oeuvre.

Autres activités
Tanner est le cofondateur en 1962, de l'Association suisse des Réalisateurs de Films, puis siège, jusqu'en 1967, à la Commission fédérale du cinéma.
En 1968, il fonde le Groupe des 5 avec Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange, instrument de concertation destiné à promouvoir le jeune Cinéma Suisse.
Dans les années 1970 , Alain Tanner dirige des séminaires dans les universités de New York, Boston, Harvard, Berkeley, Chicago, Toronto et Los Angeles.
Avec François Roulet, il créé en 1973, le Centre d'animation cinématographique de Genève.

Prix
• Meilleur scénario, 1977 au NSFC Award - National Society of Film Critics Awards pour le film : Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000


 
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