Conférence
Notice
Lieu de réalisation
Musée de Normandie (Caen)
Langue :
Français
Crédits
Irvin Speurt (Intervention), Jean-Jules Tronquoy (Intervention)
Détenteur des droits
Inrap
DOI : 10.60527/gznn-7n28
Citer cette ressource :
Irvin Speurt, Jean-Jules Tronquoy. INRAP. (2026, 16 mars). Retour d’expériences sur les diagnostics archéologiques du réseau de chaleur urbain de Calais , in Le suivi archéologique des travaux de petits tracés linéaires. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/gznn-7n28. (Consultée le 3 novembre 2026)

Retour d’expériences sur les diagnostics archéologiques du réseau de chaleur urbain de Calais

Réalisation : 16 mars 2026 - Mise en ligne : 9 juillet 2026
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Descriptif

Le déploiement du réseau de chaleur urbain à Calais par l’entreprise Calorev (groupe Coriance) pour le compte de l’agglomération Grand Calais Terres & Mers, a conduit à confronter les outils de veille archéologique à une réalité de terrain nouvelle pour le service d’agglomération, celle des « petits tracés linéaires ». En concertation avec l’aménageur, le maître d’œuvre et notre autorité de tutelle, une prescription de diagnostic archéologique a été décidée par le préfet, conformément aux recommandations du SRA. En vue de l’intervention de notre service, des réunions préparatoires de chantier ont été organisées. Nous avons également anticipé l’opération par la consultation de notre carte archéologique en interne, ainsi que par plusieurs études documentaires préalables, notamment à partir de plans anciens. Ces travaux préparatoires ont abouti à l’établissement d’un planning général d’exécution, qui a toutefois dû être régulièrement ajusté en fonction des contraintes apparues au fur et à mesure de l’avancement du chantier.

Ces diagnostics (« Calais-Nord » et « Calais Saint-Pierre ») ont permis de mettre en pratique une méthodologie de suivi archéologique appliquée à un « petit tracé linéaire » traversant l’ensemble du tissu urbain. Dans un contexte d’intervention particulièrement contraint (ouvertures sectorisées, délais serrés pour la restitution des voies, coactivité permanente avec les entreprises de terrassement), l’équipe archéologique a dû mettre en place un protocole d’observation agile conciliant exigences scientifiques et impératifs opérationnels. Cette communication propose un retour d’expérience sur la démarche adoptée pour encadrer ces interventions de diagnostic en tranchée étroite, réalisées dans un milieu urbain dense où les opportunités d’accès au sous-sol sont rares. L’opération a permis de développer un dispositif fondé sur plusieurs éléments : une mise à jour des données documentaires concomitamment aux découvertes ; une coordination étroite et quotidienne avec la maîtrise d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre et les entreprises ; un suivi en temps réel des travaux, impliquant une présence flexible et réactive des équipes ; des arbitrages techniques rapides face aux contraintes de sécurité, aux blindages, aux profondeurs de fouille et aux interruptions de chantier ; un dialogue constant avec le SRA quant aux prescriptions et au traitements des vestiges.

Au-delà de la présentation des principales observations réalisées, parfois ponctuelles mais toujours significatives pour l’étude de cet espace singulier qu’est la cité portuaire de Calais, construite sur des terres gagnées sur le domaine maritime, dont la morphologie urbaine est héritée du développement très rapide de la ville au tournant des XIIᵉ et XIIIᵉ siècles, et tributaire de la poliorcétique ainsi que des évolutions successives de ses infrastructures de défense, cette intervention mettra l’accent sur la valeur heuristique de ces tracés linéaires. Ceux-ci permettent en effet de documenter des secteurs relevant du domaine public, habituellement inaccessibles aux investigations archéologiques, et d’affiner les niveaux de sensibilité archéologique du territoire.

Cette communication prétend humblement apporter un retour d’expérience, afin de contribuer à une réflexion collective adaptée aux suivis de réseau : cadre administratif et opérationnel nécessaire ; méthodologie de terrain. Dans ce type d’opération particulière, elle souhaite mettre en lumière la plus-value, mais aussi les limites, dans l’acquisition des données archéologiques. Elle démontre comment une approche souple, collaborative et contextualisée permet de mener à bien des observations sur des interventions, loin d’être marginales ou secondaires, afin d’enrichir la connaissance des tissus urbains, en s’inscrivant harmonieusement dans les projets d’aménagement du territoire.

Intervention / Responsable scientifique

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