Conférence
Notice
Lieu de réalisation
Musée de Normandie (Caen)
Langue :
Français
Crédits
Anne-Claire Angeli-Deschères (Intervention), Julie Hernot (Intervention), Arnaud Tastavin (Intervention)
Détenteur des droits
Inrap
DOI : 10.60527/ep6z-s642
Citer cette ressource :
Anne-Claire Angeli-Deschères, Julie Hernot, Arnaud Tastavin. INRAP. (2026, 16 mars). De la prescription à l’interprétation de la donnée : cadres, rythmes et adaptations du geste archéologique en « Cœur de ville » à Vernon (27) , in Le suivi archéologique des travaux de petits tracés linéaires. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/ep6z-s642. (Consultée le 3 novembre 2026)

De la prescription à l’interprétation de la donnée : cadres, rythmes et adaptations du geste archéologique en « Cœur de ville » à Vernon (27)

Réalisation : 16 mars 2026 - Mise en ligne : 10 juillet 2026
  • document 1 document 2 document 3
  • niveau 1 niveau 2 niveau 3
Descriptif

Depuis l'été 2020, la MADE (Mission Archéologique Départementale de l'Eure) intervient dans le projet « Cœur de ville » à Vernon, une vaste réharmonisation de ses places et axes principaux (découpée en six phases), impliquant de lourds travaux de réseaux (eaux, électricité, télécommunications, etc.), ainsi que la création de « pocket parcs », de points d'apport volontaire, de citernes enterrées, etc. Au cours de ces six dernières années, treize opérations de diagnostic, deux campagnes de surveillance de travaux, deux petites fouilles et une fouille au long cours (2 ans) ont abordé l'hypercentre de la ville actuelle. L’ampleur du projet et son déroulement pluriannuel a nécessité des adaptations de la part de l’ensemble des acteurs dans leur manière d’appréhender la relation entre archéologie et aménagement. Ce retour d’expérience s’attachera à brosser le tableau général des opérations et de leurs contextes d’intervention. 

Si les deux premiers diagnostics étaient trop étendus pour un contexte urbain, les phases suivantes ont été subdivisées pour améliorer les délais, adapter éventuellement le projet et être en capacité de moduler les plannings des interventions. 

Suite au premier diagnostic (2020), le SRA a décidé d'associer à ses prescriptions de fouille des niveaux variables de risque archéologique appliqués aux différents secteurs à explorer. Cette classification définit quatre niveaux de suivi allant du niveau 0 (aucun vestige archéologique connu dans le secteur) ne nécessitant pas la présence d'archéologue ou une fois par semaine, au niveau 3 (vestiges d'un intérêt majeur, structurés et complexes), nécessitant une intervention archéologique avant tous travaux sans la moindre coactivité. 

La première tranche des travaux (13 000 m²) a bénéficié de ce dispositif entre mai 2021 et juin 2023. Quelque cent vingt ouvertures ont ainsi été effectuées et documentées. La mise en œuvre de cette prescription, et la poursuite des diagnostics et des surveillances de travaux en parallèle de celle-ci, a supposé une approche adaptative de l’intervention archéologique portant notamment sur :

  • le respect des niveaux d’intervention par secteurs ou leur éventuelle modification entraînant une révision de l'approche méthodologique notamment sur le fait funéraire ;

  • les réunions de chantier, la conciliation des calendriers avec les divers intervenants (TP, évènementiel, politique, etc.) et l’organisation des neutralisations des espaces (fouille, circulation, accès et mise en œuvre des travaux) ;

  • la communication entre acteurs a fait l’objet d’une perpétuelle (re-)construction entre approche pédagogique et projets de médiation/valorisation avortés ;

  • la gestion logistique des opérations sous le sceau de la réactivité (mise en place d’une base vie pérenne sur Vernon, recrutement d'un topographe/sigiste à demeure, etc.). 

Au cours des différentes opérations vernonnaises, plus d’un millier de sépultures ont été mises au jour approchant tous les cimetières de la ville médiévale et moderne. Le traitement des vestiges funéraires, établi pour une lecture globale, a nécessité de composer avec des réalités d’ouvertures de taille réduite, dont l’implantation faisait - évidemment- fi de toute logique scientifique. Ces réalités cumulées sont autant de facteurs d'erreur démultipliés par le rythme du terrain mais aussi de formidables opportunités de compréhension. Plus de deux cent cinquante tranchées ouvertes, quatre cimetières distincts explorés, pas moins de deux cent cinquante structures maçonnées dont deux édifices religieux, un four à cloche et de très nombreuses caves et autres vestiges bâtis, s'échelonnant de la période antique à l'époque contemporaine, ont été découverts. Ces données n'ont pas fini d'alimenter notre connaissance sur le cœur urbain vernonnais.

Intervention / Responsable scientifique

Dans la même collection

Sur le même thème