Conférence
Notice
Lieu de réalisation
Musée de Normandie (Caen)
Langue :
Français
Crédits
Ophélie Armand (Intervention), Gaëtan Juillard (Intervention)
Détenteur des droits
Inrap
DOI : 10.60527/7v8w-v718
Citer cette ressource :
Ophélie Armand, Gaëtan Juillard. INRAP. (2026, 17 mars). La réhabilitation du réseau d’eau potable de l’Île Royale à Cayenne : une fenêtre sur le bagne de Guyane , in Le suivi archéologique des travaux de petits tracés linéaires. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/7v8w-v718. (Consultée le 3 novembre 2026)

La réhabilitation du réseau d’eau potable de l’Île Royale à Cayenne : une fenêtre sur le bagne de Guyane

Réalisation : 17 mars 2026 - Mise en ligne : 10 juillet 2026
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Descriptif

Le renouvellement du réseau d'adduction en eau potable de l’Île Royale (l'île principale de l'archipel des Îles du Salut, en Guyane) a motivé la prescription d’une fouille préventive par le service régional de l'archéologie (SRA) de Guyane, qui, d’un point de vue opérationnel, correspondait à un suivi archéologique des travaux sur un site intégralement protégé au titre des monuments historiques : ce petit archipel de trois îles situé au large de Kourou constitue en effet un site majeur de l’histoire des bagnes d’outre-mer et de l’histoire de la Guyane. Les Îles du Salut sont, en outre, le site touristique le plus visité de Guyane.

L’intervention a donc pris place sur un site isolé, non habité, à 14 kilomètres de la côte, accessible uniquement par les eaux ou par les airs, pendant un peu plus de deux mois durant la période de la Covid-19, entre juin et septembre 2021. L’opération s’est déroulée en deux phases, supervisée par deux responsables d’opération. Au total, 1 600 mètres linéaires de canalisation ont été posés, dont 912 mètres ont été enterrés. Il s’agit ainsi de la première opération archéologique d’ampleur sur ces îles qui, bien que d’un intérêt archéologique certain, n’ont pas fait l’objet de recherches archéologiques à la hauteur des enjeux.

Depuis l’installation d’infrastructures du centre national d’études spatiales (CNES) sur les Îles, l’eau était acheminée par une canalisation, tantôt enfouie à 30 centimètres sous le niveau de sol sur environ 1 500 mètres linéaires, tantôt en aérien sur 250 mètres linéaires de manière désordonnée en raison de la topographie et de la densité de la végétation. Le travail de surveillance archéologique consistait à géolocaliser, enregistrer et, autant que faire se peut, interpréter les vestiges archéologiques et les réseaux contemporains qui sont apparus lors du creusement des tranchées, à 90 centimètres de profondeur, tranchées destinées à recevoir le nouveau réseau AEP en enterré.

La phase de terrain a amené les archéologues à prendre en compte en amont les problématiques liées au caractère insulaire du site, à la présence d’un(e) seul(e) archéologue à chaque phase, à l’absence de plan des réseaux existants, à la multiplicité des acteurs impliqués (aménageur, association, CRMH, SRA, Inrap, entreprise de BTP), à la présence des touristes et à l’entreprise prestataire qui n’avait jamais travaillé avec des archéologues et qui avait confié la pose du nouveau réseau à des techniciens débutants. Les travaux ont été interrompus à de nombreuses reprises en raison d’avarie d’engin, de défaut d’approvisionnement de fourniture et carburant, de casse sur les réseaux, d’indisponibilité des équipes d’intervention tant et si bien que cette opération, initialement prévue sur un mois, à dû faire l’objet d’une seconde intervention d’une durée équivalente pour parvenir à achever le suivi du linéaire enterré.

Du fait de l’étroitesse des tranchées, 45 centimètres de large, l’interprétation des vestiges et du mobilier (d’époque contemporaine et de la période précolombienne) fut parfois complexe, voire impossible mais elle a permis, grâce à la documentation historique (cartes, plans, manuscrits, cartes postales et dessins, etc.) de dresser une carte de susceptibilité archéologique du sous-sol de l’île qui servirait à l’analyse des futurs dossiers d’aménagement sur le site par les agents prescripteurs du SRA. Cette carte avait également pour objectif de sensibiliser le propriétaire, le CNES, à la protection et la prise en compte des vestiges archéologiques enfouis, généralement à faible profondeur, dès lors que des travaux seraient envisagés. Enfin, cette opération a mis au jour une petite structure précolombienne, la première en place sur les Îles du Salut.

À la suite de cette opération préventive, un programme de recherche, dont le thème est la gestion de l’eau sur ces îles à l’époque du bagne, a été mis en place et est toujours en cours, porté par les deux responsables de la fouille de 2021. Deux autres opérations de suivi de travaux de réhabilitation du réseau AEP ont été réalisées par l’Inrap et le SRA de Guyane.

Intervention / Responsable scientifique

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