Notice
Les bombardements et de la Défense Passive au cours de la Seconde Guerre mondiale en Centre-Val de Loire et Île-de-France
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Descriptif
https://doi.org/10.34692/bk3f-5372
À la fin de la Première Guerre mondiale, une nouvelle menace apparaît pour les civils : les bombardements aériens. Désormais, les frappes peuvent atteindre des cibles situées à plusieurs centaines de kilomètres du front, transformant les villes en champs de bataille potentiels. L’entre-deux-guerres est marqué par une montée des tensions entre la France et l’Allemagne, incitant les autorités françaises à élaborer des stratégies de protection contre ces attaques. Celles-ci s’organisent au sein de la Défense Aérienne du Territoire (D.A.T.), qui se divise en deux volets : la défense active, reposant sur les batteries de défense contre l’aviation (D.C.A.), et la Défense Passive (D. P), destinée à protéger la population et les infrastructures. Cette dernière peut être définie comme « l’ensemble des moyens prévus pour protéger les populations civiles contre les dangers et les conséquences d’un raid d’avions ennemis sur un point du territoire ».
Dès 1935, face aux lacunes de la France en matière de défense anti-aérienne, un programme de défense passive est lancé. Son objectif est de limiter les pertes humaines et les destructions par l’organisation de plans de protection à l’échelle nationale, départementale et municipale. Avec la loi du 11 juillet 1938 sur l’organisation de la nation en temps de guerre, la Défense Passive devient obligatoire sur tout le territoire français. Ainsi, en 1939, les principales villes sont dotées d’un plan de défense passive et chaque commune est divisée en secteurs incluant des abris, des postes de secours et des équipements contre les attaques chimiques, qui font l’objet de dispositions particulières en fonction de leur situation et de leur importance stratégique. Par exemple, la commune d’Orléans est et demeure divisée en 54 îlots groupés en 8 secteurs et le premier plan de Défense Passive recense 589 abris dont 25 aménagés en abris publics ayant la capacité de recevoir 30 047 personnes ; il faut y ajouter 66 tranchées d’une capacité de 6 700 places. Ainsi la Ville peut protéger un maximum de 36 747 personnes. Les abris et tranchées sont signalés aux habitants à l’aide de papillons placardés dans l’îlot, de panneaux de bois ou d’inscriptions indiquant l’entrée de l’abri et sa capacité d’accueil. L’archéologie a permis de mettre au jour certaines de ces inscription encore visibles aujourd’hui notamment au 352 et 358 de la rue du faubourg Bannier à Orléans. Si l’aviation, ses bombardements et la défense passive sont indissociables : l’un ne peut être envisagé sans l’autre, car c’est précisément en réponse aux destructions causées par les raids aériens que ces dispositifs de protection ont été conçus. Ils ne sont cependant pas étudiés de manière équivalente. Dans nos régions, l’archéologie ne s’est pas encore intéressée aux épaves d’avions abattus, bien que leur existence soit documentée par des archives, des témoignages et des ouvrages spécialisés. À l’inverse, l’archéologie préventive met en évidence les vestiges de quelques abris, mais leur étude reste partielle : leur localisation précise, leur intégration dans un réseau défensif et leur matérialité sont encore mal connues. Comme souvent, l’histoire événementielle domine l’analyse au détriment du quotidien des populations civiles.
L’archéologie met en évidence que ces abris de défense passive sont des installations variées, adaptées aux contraintes locales. Certains sont aménagés dans des caves, d’autres dans des carrières souterraines ou encore construits spécialement pour cet usage (de l’abri personnel à la tranchée collective). Ces abris sont aujourd’hui difficiles à appréhender sur le terrain. Beaucoup ont été détruits par les bombardements eux-mêmes ou lors de la reconstruction d’après-guerre. Les archives offrent une vision théorique, parfois incomplète ou imprécise, de leur datation, de leur implantation et de leur fonctionnement.
Dans les Hauts-de-Seine, sur la commune de Nanterre, les récents travaux d’archéologie préventive ont fait sortir de l’oubli des aménagements dont la présence n’existait plus que dans les souvenirs lointains des derniers témoins et sous la forme de simples mentions dans des fonds d’archives. Ainsi l’histoire et le fonctionnement d’une tranchée-abri et d’une carrière destinés à protéger des employés et leurs familles a pu être révélée.
L’archéologie permet aujourd’hui de redécouvrir ces vestiges et de les reconnaître comme un patrimoine à part entière. L’étude des abris fournit un aperçu concret des conditions de vie sous les bombardements et éclaire les stratégies de protection mises en place par les autorités et la population. En croisant données archéologiques et sources historiques, il devient possible de reconstituer ces dispositifs et leur évolution.
Intervention / Responsable scientifique
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