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Pour un partage des savoirs. (2017, 3 mai). Forum Nîmois - Charles GIDE - ADLER - 3 mai 2017. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/81385. (Consultée le 21 février 2024)

Forum Nîmois - Charles GIDE - ADLER - 3 mai 2017

Réalisation : 3 mai 2017 - Mise en ligne : 3 mai 2017
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Descriptif

L’activité de notre association Charles Gide reprend, pour son cycle de conférences "le forum Nîmois Charle GIDE" Jean MATOUK président de l'assosiation et professeur des universités recoit, le 11 avril 2013, à la maison du protestantisme à Nîmes Alexendre Adler.

Cher Alexandre,

 

C’est la troisième fois que le Forum nîmois Charles Gide a le privilège de t’écouter. Tu étais venu une première fois le 30 mai 2013 nous parler de Vladimir Poutine, puis une deuxième, le 22 janvier 2015, évoquer le « Califat sanglant » de Daech, et ta vision de l’évolution de ce conflit proche-oriental.

Je n’ai donc pas besoin de m’étendre longuement sur la biographie. D’origine à la fois allemande et russe, tu es reçu en 1969, donc à dix- neuf ans à l’Ecole normale supérieure, et tu passes à la sortie l’agrégation d’histoire. Tu as enseigné durant 28 ans à Paris VII, à l’Ecole supérieure de commerce de Paris, puis au Collège interarmées. Tu vas te consacrer, ensuite, depuis 2002, entièrement à l’écriture d’articles et de livres.

S’agissant de la Presse écrite, tu fus à Libération, puis directeur du Courrier international, avec des chroniques au Point et à l’Express, et un passage au Monde auprès de Jean Marie Colombani. Puis, à la suite d’un certain virage idéologique, tu quittas le Monde pour le Figaro, où tu n’es plus aujourd’hui.

Parallèlement tu eus de nombreuses collaborations audio-visuelles, entre autres, sur Arte les mercredis de l’histoire de 1994 à 2003, et tu fus aussi chroniqueur à Europe 1 et RTL.

Dans tes articles comme tes essais, qui virent très vite, comme ce soir, à la géopolitique (mot nouveau mais discipline qui a toujours existé), tu proposes, souvent seul, des anticipations risquées, et tu donnes des avis tranchés, fondés cependant sur une culture – et, il faut le dire, une mémoire – aussi prodigieuses l’un que l’autre.

Tu as écrit 21 livres depuis 1978, avec, « L’URSS et nous », critique évidemment du stalinisme, mais prémonitoire. En 2002 tu déclares, déclenchant une polémique, « J’ai vu finir le monde ancien », publié chez Grasset et qui te valut le prix du Livre politique en 2003.

Puis, vont alterner des livres sur les Etats-Unis, le conflit israélo-palestinien, encore de géopolitique, avec « Le monde est un enfant qui joue » chez Grasset en 2009, ou « Le Jour ou l’Histoire a recommencé » en 2012 chez grasset.

Après le « Califat du sang » dont tu étais venu présenter la teneur en 2015, comme je l’ai expliqué, tu as encore publié « L’Invisible et la science » avec Patricia Darré, chez Lafon, en 2014. L’équation cachée avec Ardavan Amir-Aslani, aux Editions de l’Archipel, en 2016, et « La Chute de l’empire américain », chez Grasset en 2017.

Tu es d’une rare fécondité.

Ce soir, donc tu es venu parler de géopolitique autour de Poutine. Nous comprenons tous ici que Poutine a comme objectif la restauration de la grandeur russe, lui qui considère la fin de l’URSS comme « la plus grande catastrophe géopolitique du siècle dernier », non pas sur le plan de l’idéologique, bien sûr, mais, d’un pur point de vue nationaliste. Nous comprenons qu’il ait agité à juste titre l’OTAN comme un chiffon rouge aux yeux de son peuple, car la légitimité de cette alliance est, il faut bien le dire, fortement réduite depuis la dissolution du Pacte de Varsovie, en 1991.

Nous comprenons qu’il ait, dans cette optique, évidemment mal vécu, l’entrée des anciennes démocraties populaires, et les pays baltes, dans l’OTAN et l’Union européenne, et que, du coup, il ait voulu clairement marqué les limites du tolérable pour lui, avec les conflits géorgiens et ukrainiens, par l’aide à des minorités territoriales dans ces deux pays, et surtout la saisie de la Crimée. La réaction des Etats-Unis et de l’Union européenne, avec les sanctions, le comble finalement dans sa volonté d’alimenter en interne la colère contre l’Occident, ce qui temporairement au moins, réduit l’importance de ses problèmes économiques. Ne jamais oublier, en effet, que le PIB russe, dans son calcul le plus avantageux, c’est-à-dire en parité de pouvoir d’achat, n’est pour 146 millions d’habitants que sixième du monde, à 3.500 milliards USD derrière l’Allemagne, (qui n’en compte que 80) et le Japon. C’est évidemment bien pire en chiffres bruts, sans correction pour le pouvoir d’achat puisqu’avec 2.100 milliards USD, il est alors derrière le PIB français de 2300 milliards USD

Dis-nous au moins, s’il te plait si tu partages, ces prémisses.

Ensuite nous avons vraiment besoin de tes lumières sur plusieurs points que je liste simplement

Quel avantage Poutine a-t-il trouvé à favoriser, si c’est vrai, des élections comme celle de Trump aux Etats-Unis, ou, toujours si c’est vrai de Marine Le Pen en France ? Dans le deuxième cas, est-ce simplement l’europhobie de cette dernière qui la lui rend sympathique.

Y-a-t-il un risque que Poutine tente aussi une forme d’entrisme quasi-militaire dans les pays baltes en s’appuyant sur les russophones. La Suède a-t-elle de vraies raisons de réanimer sa défense ?

Qu’est-il vraiment allé chercher en Syrie, alors qu’il aurait eu tout avantage à s’entendre préalablement avec les Etats-Unis pour qu’il lui garantisse, quel que soit le régime syrien en place, sa base de Tartous en méditerranée ?

Qu’est ce qui prime en Syrie, aux yeux de Poutine, la lutte contre Dach en liaison avec ses propres islamistes radicaux internes, ou le maintien en la Syrie d’un pays allié au Proche Orient ?

Comment vois-tu l’évolution politique interne de la Russie ?

Y-a-t-il à ton sens une possible communauté de vue de six ou sept pays d’Europe continentale, Allemagne, France, Italie, Espagne Autriche, Belgique, Pays-Bas, éventuels composants d’une Union européenne restreinte, vis-à-vis de Poutine et la Russie ?

Si tu répondais à ces questions, nous sortirions, comme après tes deux autres conférences, plus intelligents que nous sommes entrés. Surtout, dans le cadre d’une démocratie plus participative, nous pourrions exprimer des préférences sur la politique russe de la France. C’est ce que nous souhaitons. Enrichis nous !

Nous t’écoutons !

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