Donc tout d'abord on va s'interroger sur qu'est-ce qu'un comportement ? Un comportement, il émane de plusieurs sphères. Donc un comportement, c'est d'abord un individu, une condition, une pensée. Donc là, on va s'intéresser aux changements individuelles, aux motivations intrinsèques, aux valeurs personnelles de l'un individu, mais ce comportement aussi, il est incarné dans une sphère sociale en particulier, les pairs, le travail, etc. Donc là, on va parler de changements de groupe, on va parler de phénomène, de conformisme, d'identité environnementale, etc. Et ce comportement, il est aussi intégré dans une culture particulière. Donc là, on va parler de changements de sociétés, de normes sociales, de démocratie participative, etc. Et enfin, ce comportement, il est aussi intégré dans un environnement plus global. La relation à la nature, la relation aux bâtiments et dans ces cas-là, on va parler de changements de système et d'approche systémique du comportement. Donc le comportement, c'est une approche transactionnelle entre la pensée, la sphère sociale, la culture et l'environnement. Donc ce comportement, parfois, il peut être difficile à changer, on peut avoir des difficultés à mobiliser, notamment dans le cadre de la sobriété numérique. Donc il peut y avoir différents biais cognitifs qui peuvent venir entraver ce changement à la transition numérique. Donc on peut observer, par exemple, l'effet de Statu quo. Donc sur notre exemple, ce serait par exemple le refus de désactiver les sauvegardes automatiques redondantes et un levier, ce serait de gagner en simplicité de l'action, par exemple, en désactivant par défaut les choses. On a aussi du coup, deuxième levier, cette dissonance cognitif. Donc là, la dissonance cognitif, c'est vraiment quand on fait pas du coup ce qu'on pense. Donc c'est un inconfort mental, quand les actions contredisent les croyances de l'individu. Par exemple, ce serait dire, moi, je suis une personne plutôt écologique, mais je garde 200 Go de photos inutiles dans le cloud. Donc ça, ça fait une dissonance. Donc un des leviers pour réduire la dissonance, ce serait du coup d'avoir des messages types supprimer 50 Go, c'est "planter un arbre", par exemple. On peut aussi avoir un biais d'aversion à la perte. Donc on n'aime pas le sentiment de perdre quelque chose. Donc, par exemple, sur le cas de la sobriété numérique, ce serait de le refus de migrer vers un logiciel moins énergivore, car on a peur de perdre des fonctionnalités. Et donc un des leviers, ce serait de cadrer le message en termes de bien, qu'est-ce que vous gagneriez à faire ce comportement. Donc un gain de performance, un gain de préservation d'environnement, ça, c'est un cadrage positif de l'information. On peut aussi avoir du coup en résistance cette théorie, la théorie de la réactance psychologique. Donc ça, c'est une réaction motivationnelle contre les restrictions perçues de sa liberté d'action ou de choix, qui vont pousser, finalement, l'individu à restaurer cette liberté, par la résistance, voir l'adoption de comportement qui va à l'encontre de la demande. Donc on peut observer ça notamment avec l'effet boomerang, donc plus, par exemple, sur la sobriété numérique, plus une directive est perçue comme autoritaire, plus elle peut inciter à faire l'inverse. Donc une interdiction brutale des vidéos conférences, finalement, peut emmener les équipes à organiser encore plus de réunion en distanciel. Il y a des facteurs amplificateurs, par exemple l'importance de la liberté et la crédibilité de la menace, par exemple, une politique de technologie de l'information, perçue comme injustifiée. Et puis les manifestations dans l'organisation peuvent être de 2 types, soit une résistance passive, on ignore tout simplement la consigne, soit une résistance active, donc là, il peut y avoir des systèmes de sabotage, du nouveau logiciel, etc. On peut aussi observer, donc un sentiment d'injustice, donc ça, nous on le traite avec la théorie de la justice organisationnelle, donc ça, cette théorie est très importante à prendre en compte quand on veut mettre en place des changements. Donc la théorie de la justice organisationnelle elle, elle étudie comment les perceptions de justice d'équité dans une organisation influencent les attitudes et les comportements des employés. Elle repose sur trois piliers principaux, la justice distributive, donc ça, c'est l'équité perçue dans la distribution des ressources et des récompenses. Donc, par exemple, si une équipe doit réduire ses outils digitaux, tandis qu'une autre ne change rien, bah là il y a un sentiment d'injustice, avérée. La justice procédurale, c'est l'équité perçue dans les processus décisionnels. Donc, c'est une transparence du discours. Par exemple, une direction impose, la suppression des données, sans consulter les individus. Donc là, il y a résistance. Et enfin, la justice interactionnelle, donc l'équité perçu dans les interactions humaines. Donc ça, c'est le respect, l'empathie, envers autrui. Donc, par exemple, ce serait de dire à un manager qui annonce une migration vers un cloud low-tech de façon brutale. Bon, bah là, il peut y avoir démotivation. Ensuite, comment est-ce que, à partir de ces résistances-là, on va pouvoir susciter l'engagement. Donc, on a pas mal de théories, en psycho-sociale et environnementale. Je vais vous en citer quelques-unes. La plus connue et la plus efficace, utile, la plus rapide à mettre en œuvre, c'est la théorie des normes sociales. Donc la idée, c'est de s'appuyer sur ce que les individus pensent qu'il est bien de faire. Donc là, on s'agit de la normale morale, ou sur ce que la plupart des gens font, les comportements les plus récurrents. Donc on distingue deux types de normes, une norme descriptive et une norme injonctive. Donc la norme descriptive, c'est ce que les gens font. 70% des employés éteignent leur écran le soir. La norme injonctive, c'est ce qui est à prouver. La charte exige l'extinction des écrans. Voilà. Et donc, on dans les communications, il est bon d'associer cette norme descriptive et cette norme injonctive, parce que dans la littérature, on se rend compte que ces normes influencent fortement. Les comportements d'adoption de comportements pro-environnementaux. Ensuite, on a la théorie des implémentations d'intention. Donc là, l'idée c'est de transformer une intention générale. Par exemple, je veux réduire mon emprunt numérique en un plan concret. Si je réduis mon emprunt numérique, alors il va se passer cette action-là. Alors, je dois mettre ça place. Donc ça, ça limite la charge mentale de l'agent et ça force à prendre des habitudes. Une fois que ces buts, ils sont positionnés, on va travailler sur la planification de ceci, très précisément, à savoir sur le ou quand, comment et par qui de l'action. Plus on va renforcer cette planification, plus on a de chance de voir le comportement opérer. Et ce, très rapidement. Donc par exemple, si je sauvegarde un fichier, alors je le classe directement dans un dossier archivé et pas sur mon bureau. Ensuite, on a cette théorie qui est très intéressante aussi pour un modèle en état du changement, qui explique que, finalement, l'individu, change pas du jour en lendemain, mais il passe par des étapes, de prises de conscience et de mise en action. Donc on a la première étape qui est de la pré-contemplation, donc je ne reconnais pas le problème et je ne veux pas changer. Donc là, il faut informer et convaincre et sensibiliser. Dans la phase de contemplation, là, l'individu, il reconnait le problème, mais il ne sait pas comment agir. Donc là, on va essayer de lever les freins et donner des exemples positifs. Ensuite, on a la phase de planification, où l'idée c'est d'ancrer son comportement de savoir comment faire. Donc là, on va venir organiser, dialoguer, donner des consignes concrètes. Et là, on peut rajouter la théorie qu'on n'a plus vu, juste auparavant, le ou quand comment de l'action et par qui, pour mieux encore calibrer le comportement, et savoir comment agir de façon très efficace. Ensuite, on a la phase d'action, donc la mise en oeuvre de l'action concrète. Donc là, il s'agit pas juste d'attendre que l'individu agisse, mais aussi, au préalable, de donner les moyens d'agir et de valoriser les pratiques. Et enfin, en phase de maintien de l'action, on aura aussi du coup cette pérénisation du comportement, et l'idée c'est d'accompagner, d'évaluer et de renforcer les valeurs. Donc, en conclusion, s'il y avait trois messages fondamentaux à retenir, ce serait que la résistance s'explique par des mécanismes humains et contextuels, le comportement n'est pas seul, il est contextualisé. Deuxièmement, pour mobiliser, il faut utiliser des leviers comportementaux. Donc, je vous ai donné quelques outils, donc la norme sociale, les implémentations d'intention etc. Donc, et troisièmement, le changement réussit quand il est systémique et progressif. Donc là, dans ces cas-là, il faut agir à plusieurs niveaux, au niveau individuel, collectif et organisationnel.
La psychologie sociale : un levier pour la sobriété numérique
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