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Ecole nationale supérieure de la nature et du paysage

Mise en scène du paysage montagnard et valorisation sélective des patrimoines dans une vallée pyrénéenne en reconversion économique (Vicdessos, Ariège).


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Mise en scène du paysage montagnard et valorisation sélective des patrimoines dans une vallée pyrénéenne en reconversion économique (Vicdessos, Ariège).

L’arrêt définitif et la fermeture en 2003 de l’usine électrométallurgique d’Auzat a marqué en Vicdessos (Pyrénées ariégeoises, France) la fin d’un
siècle d’histoire industrielle, et confirmé la nécessité de la reconversion dans laquelle certains élus avaient dès le début des années 1990 engagé ce petit territoire, qui regroupe aujourd’hui 1400 habitants et une dizaine de collectivités locales au sein de la Communauté de Commune d’Auzat et du Vicdessos. Facilitée au départ par les ressources financières liées à l’activité industrielle elle-même (taxes et redevances acquittées par Péchiney et EDF) puis octroyées au titre d’un Contrat Territorial de Revitalisation Economique (2004-2006), cette politique volontariste a fait le choix d’un développement fondé sur le tourisme et le déploiement d’une gamme diversifiée d’activités récréatives de pleine nature. Le souci clairement affirmé d’une communication territoriale cohérente conduit, dès 1993, à mettre en avant le concept novateur de « station sport nature », qui, d’une part, dilate la notion de « station » à l’échelle de l’ensemble de l’intercommunalité, et d’autre part articule l’espace périphérique des pratiques outdoor (randonnée en montagne, parapente, canyoning…) avec la réalisation ou la modernisation d’équipements plus lourds en fond de vallée (Centre équestre, via ferrata, parc accrobranche, salle d’escalade) ou d’extension limitée sur les versants (stade de neige).
La double nécessité de renforcer vis à vis des clientèles potentielles la visibilité externe de cette « destination », mais aussi celle de conforter l’adhésion de la population locale à une nouvelle orientation économique en rupture avec la prospérité révolue de « l’ère Péchiney », débouche dans le même temps sur un travail complexe de remodelage, à différentes échelles, de l’identité du territoire, qui met en jeu ses paysages et induit la valorisation sélective de certains de ses patrimoines. La station sport nature du Montcalm inscrit ainsi les multiples activités qu’elle propose (une bonne douzaine) dans un cadre paysager dominé par la silhouette emblématique du « 3000 » pyrénéen le plus oriental (le Pic du Montcalm, 3077 m, est omniprésent dans les documents de communication), et présenté avant tout comme un décor (« décors uniques pour plaisirs multiples… ») ou un support de pratique (« Ici, la nature vous a réservé ses plus beaux terrains de jeux ») ; en dépit de l’intégration au sein du PNR des Pyrénées Ariégeoises créé en 2009, la communication insiste peu sur les différentes facettes du patrimoine naturel, alors même que de nombreux milieux valléens ont beaucoup gagné sur ce plan là depuis l’arrêt d’une activité industrielle qui était particulièrement polluante.
Ce sont donc davantage les activités humaines, prises dans leur dimension historique, qui font l’objet d’opérations de valorisation patrimoniale systématiques, au rythme d’un sentier d’interprétation par an depuis l’ouverture d’une « maison des patrimoines » à Auzat (2007) : anciennes terrasses agricoles restaurées au dessus d’Auzat, itinéraire de visite du château de Montréal-de-Sos en cours de fouilles, chemin de la Mine, restauration d’abris pastoraux (orris) et chemin du pastoralisme, chemin de la mémoire (inauguré en 2012) rappelant l’aménagement hydroélectrique de la montagne et le rôle joué dans cette épopée par les ouvriers italiens, correspondent à autant de réalisations qui s’efforcent de révéler et de mettre en scène le patrimoine in situ, en l’insérant dans les paysages qu’il a contribué à façonner.
Des conférences régulières à la maison des Patrimoines jouent dans le même temps un rôle d’animation. Ce volet « patrimonial » de la communication territoriale, qui s’adresse tant aux résidents et aux résidents secondaires (67% du parc résidentiel de la communauté de communes) qu’aux touristes stricto sensu, s’inscrit d’ailleurs depuis 2004 dans une stratégie touristique commune associant le Vicdessos au Tarasconnais voisin, dont les sites
préhistoriques (grottes de Niaux, Bédeilhac et de la Vache, parc préhistorique de Tarascon) en représentent le pôle principal en termes de patrimoine, tout comme la station sport-nature constitue le pôle majeur en termes d’activités de pleine nature.
Nourrie par les travaux conduits depuis trois ans dans le cadre de l’OHM (Observatoire Homme-Milieux) du Haut-Vicdessos (programme SYSTERPA), cette communication s’efforcera ainsi de présenter la place dévolue au paysage et à différents pans du patrimoine collectif au sein de cette stratégie politique qui combine reconversion économique et remodelage de l’identité territoriale : en la matière, elle accordera une place particulière à la
manière dont la mise en patrimoine – logique – de l’ère industrielle, à travers une salle réservée à « l’industrie reine » à la Maison des Patrimoines et un chemin de l’Aluminium à Auzat (2010), s’est accompagnée d’une entreprise radicale d’effacement de son empreinte matérielle dans le paysage (destruction de l’usine dès 2006, réhabilitation des crassiers…), le basculement vers le mode de la reconstruction mémorielle (avec suppression du
legs physique et du stade douloureux de la friche) ayant été regardé comme un moyen de mieux tourner la page de l’ère industrielle.

 

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