Entretien

Entretien #1 avec Ahmed Ben Naoum

Réalisation : 13 octobre 2012 Mise en ligne : 13 octobre 2012
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Descriptif

« L’institution imaginaire de la société en Afrique du Nord-ouest : la parole des femmes et sur les femmes au coeur des systèmes symboliques instituants »

La construction des objets de cette recherche concerne l’une des questions majeures de l’institution des sociétés d’islam depuis le Moyen Âge à nos jours : « au cœur des sociétés » (M. Sahlins), est le statut non de la femme ou des femmes mais bien des systèmes symboliques qui fondent, légitiment et instituent les relations entre les femmes et les hommes. Les sociétés structurées dans et par la différence, la domination et l’inégalité, inscrivent au principe même de leur existence et de leur reproduction le pouvoir et la puissance (P. Clastres et L. Marin), mais aussi la résistance, le contournement, l’évitement et le retournement de la puissance et du pouvoir contre leur source.

Les récits (mythes, contes, gestes et récits hagiographiques) qui font la matière première des travaux d’analyse, peuvent être travaillés de manière formaliste pour en dégager les logiques ou les cohérences internes. Ce travail se fera seulement comme étape vers l’analyse proprement socio-anthropologique. Cette dernière - dont la source est la vie même du chercheur et l’« immersion » dans les groupes sociaux qui le reçoivent périodiquement, mais de manière irrégulière et depuis au moins une trentaine d’années - est développée dans le souci constant de mettre en rapport permanent la parole vive des femmes et des hommes sur leurs relations réciproques.

C’est alors qu’apparaît l’insoupçonnable importance du rapport au corps propre et aux kinésiques, à l’appropriation de l’espace et au procès de territorialisation domestiques et sociétaux. La voix supposée inaudible des femmes est, au contraire, assourdissante : structurant l’espace et le temps, la reproduction de la société, comme les rituels et les rythmes économiques et politiques, elle ordonne les différences et les inégalités et maintient une tension symbolique constante entre, d’une part, les pouvoirs qui s’exercent sur les femmes et qui les soumettent et, d’autre part, les contre pouvoirs des femmes qui réduisent la domination ou la font imploser.

Le travail est à la fois une critique des théories de la domination unilatérale des femmes par les hommes et une construction de questionnements nouveaux sur la base de l’analyse de « textes » vocaux originaux de femmes et sur les femmes.

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