Conférence

Quel paradigme pour la science sociale ?

Réalisation : 22 mai 2015 Mise en ligne : 11 mai 2022
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Descriptif

Cette conférence a été donnée dans le cadre du colloque intitulé "Les fondements (non-utilitaristes) de la science sociale" qui s'est tenu au Centre Culturel International de Cerisy du 16 au 23 mai 2015, sous la direction d'Alain CAILLÉ, Philippe CHANIAL, Stéphane DUFOIX et Frédéric VANDENBERGHE.

Présentation de l'intervenant

Alain Caillé est professeur émérite de sociologie à l’Université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense et directeur-fondateur de La Revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en science sociale).

Résumé de la communication

D’une certaine manière, il existe déjà un paradigme unificateur pour la science sociale: la théorie des choix rationnels, ou, si l’on préfère, le modèle économique (utilitariste)  généralisé. Mais ce paradigme repose sur une vision du sujet humain et social, l’homo œeconomicus, à la fois simpliste et erronée. C’est cette vision qui inspire désormais la quasi-totalité  des politiques menées à travers le monde. Pour le pire, plus que pour le meilleur. Est-il possible de définir les grandes lignes d’un paradigme alternatif, moins simpliste et moins trompeur mais toutefois suffisamment simple pour être partageable par les différentes disciplines des sciences sociales, philosophie morale et politique incluse? On défendra l’hypothèse qu’un tel paradigme ne pourra se développer qu’en prenant au sérieux les découvertes de Marcel Mauss dans l’Essai sur le don, en les explicitant, en les développant et en les actualisant.

Thèmes
Discipline :
Notice
Date de réalisation
Lieu de réalisation

CCIC, Cerisy-la-Salle

Langue :
Français
Citer cette ressource:
La forge numérique. (2015, 22 mai). Quel paradigme pour la science sociale ?. [Podcast]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/116433. (Consultée le 29 juin 2022)
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Documentation

Peut-on, en science sociale, espérer formuler quelques propositions de base, partageables tant par les sociologues que les économistes, les philosophes ou les anthropologues, les géographes et les historiens, etc.? Si oui, on verrait se dessiner une certaine forme d’unité de la science sociale, au-delà de sa fragmentation actuelle en multiples disciplines, sous-disciplines ou sous-sous-disciplines. Une telle perspective semble aujourd’hui largement utopique. Pourtant, il existe déjà bien une certaine forme de science sociale générale. C’est celle qui est constituée par l’usage transdisciplinaire de ce qu’il est permis d’appeler le "modèle économique", c'est-à-dire les diverses variantes de la théorie des choix rationnels et de l’axiomatique de l’intérêt. Bref, de l’utilitarisme. Cette hégémonie cognitive du modèle économique n’est pas pour rien dans l’hégémonie mondiale d’un capitalisme financier spéculatif. En réunissant certains des plus grands noms de la science sociale, ce colloque se donne pour but de tester la possibilité de se mettre d’accord sur un certain nombre de propositions et de thèses permettant de dépasser le modèle économique. L’enjeu est à la fois théorique et épistémique, mais aussi éthique et politique.

Actes du colloque

Des sciences sociales à la sciences sociales

A. Caillé, P. Chanial, S. Dufoix, F. Vandenberghe (dir.)

Éditions Le Bord de l'Eau — 2018

ISBN : 978-2-35687-5716

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