Conférence
2 - Féminismes et guerres du sexe. Autour de Gayle Rubin.
Réalisation : 21 juin 2013 - Mise en ligne : 27 août 2013
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Féminismes et guerres du sexe. Autour de Gayle Rubin.

Journée organisée par Eric Fassin (Iris, Paris 8) avec le soutien de l’Iris et du Centre d’études féminines et d’études de genre de Paris 8

Enregistré le 21 juin 2013

Dès 1975, dans « Marché aux femmes », Gayle Rubin posait les bases théoriques, dans le cadre d’une anthropologie féministe, d’une articulation entre sexe et genre. En 1984, avec « Penser le sexe. Pour une théorie radicale de la politique de la sexualité », elle révisait son analyse en autonomisant cette dernière par rapport au genre.

C’était dans le contexte des « guerres du sexe » (sex wars) qui déchiraient alors le féminisme aux États-Unis autour de la prostitution, de la pornographie, mais aussi des relations sado-masochistes et des rôles butch / femmes. Une politique « pro-sexe » s’érigeait alors en réaction contre un féminisme défini en priorité par la question de la violence envers les femmes. Gayle Rubin refusait ainsi de réduire la sexualité à la domination, pour continuer d’y voir au premier chef un lieu d’émancipation.

Ces « guerres du sexe » n’appartiennent pas seulement à la culture étatsunienne, ni uniquement au passé. Ces conflits dont la sexualité est l’objet continuent de définir la politique féministe aujourd’hui, en France et ailleurs. Gayle Rubin revient donc sur l’actualité de cette histoire, qui continue de nourrir son travail, et son œuvre servira de point de départ pour cette journée d’études.

 Gayle Rubin est aujourd’hui professeure à l’Université du Michigan (anthropologie, Women’s Studies, et Littérature comparée). Ses textes principaux ont été recueillis en anglais sous le titre Deviations. A Gayle Rubin Reader (Duke University Press, 2011), et en français  par Rostom Mesli sous le titre : Surveiller et jouir. Anthropologie politique du sexe (EPEL, 2010). Elle achève un ouvrage consacré à son enquête ethnographique sur la communauté cuir chez les gays de San Francisco.

Programme:

1ère partie:

- conference de Gayle Rubin (en anglais ) : 

« Blood Under the Bridge. Reflections on ‘Thinking Sex’. »

 - discussion avec le public.


2ème partie:

- Mathieu Trachman (Iris) : 

   Des Catacombes au Full Metal : l’ethnographie des backrooms et ses enjeux

- Anne E. Berger (CRESSPA, Paris 8) : 

Les « vices » du sexe ou les vertus du marché : Gayle Rubin et la question de la prostitution

Présidence : Marc Bessin (CNRS, directeur de l’Iris)


3ème partie:

- Elsa Dorlin (CRESSPA, Paris 8) :

 Le sexe comme marchandise. Queeriser le marxisme avec Gayle R

- Éric Fassin (Iris, Paris 8) : 

Plaisir ou danger ? Féminisme, libéralisme et radicalisme.

 - discussion générale




Langue :
Français
Crédits
Philippe KERGRAISSE (Réalisation), Direction de l'Audiovisuel de l'EHESS (Dir. Jean-Claude Penrad) (Production), Marc Bessin (Intervention), Mathieu Trachman (Intervention), Anne-Emmanuelle Berger (Intervention)
Conditions d'utilisation
© Direction de l'Audiovisuel / EHESS / 2013
DOI : 10.60527/j0bw-b931
Citer cette ressource :
EHESS. (2013, 21 juin). Queer Studies. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/130983. (Consultée le 4 novembre 2026)

Queer Studies

par Samuel DIJOUX, le 30 juin 2022
Conférence
2 - Féminismes et guerres du sexe. Autour de Gayle Rubin.
2 - Féminismes et guerres du sexe. Autour de Gayle Rubin.
Bessin, Marc (1965-2023),
Trachman, Mathieu (19..-.... ; sociologue),
Berger, Anne-Emmanuelle (1958-....)
Féminismes et guerres du sexe. Autour de Gayle Rubin. Journée organisée par Eric Fassin (Iris, Paris 8) avec le soutien de l’Iris et du Centre d’études féminines et d’études de genre de Paris 8 Enregistré le 21 juin 2013 Dès 1975, dans « Marché aux femmes », Gayle Rubin posait les bases théoriques, dans le cadre d’une anthropologie féministe, d’une articulation entre sexe et genre. En 1984, avec « Penser le sexe. Pour une théorie radicale de la politique de la sexualité », elle révisait son analyse en autonomisant cette dernière par rapport au genre. C’était dans le contexte des « guerres du sexe » (sex wars) qui déchiraient alors le féminisme aux États-Unis autour de la prostitution, de la pornographie, mais aussi des relations sado-masochistes et des rôles butch / femmes. Une politique « pro-sexe » s’érigeait alors en réac
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Documentaire
Une histoire de garçons. Amour, genre et sexualité dans la France d’après-guerre
Une histoire de garçons. Amour, genre et sexualité dans la France d’après-guerre
Film produit par le CHS, réalisé par Jeanne Menjoulet Images d’archives : Ministère de la justice - ENPJJ Dans les années 1950 et 60, bien avant 1968, les garçons de classe populaire parlaient librement de leur sexualité. Ces paroles se retrouvent dans les archives de l’éducation surveillée. Elles attestent d’une liberté masculine - dès cette époque - de pratiques sexuelles, y compris homosexuelles, pratiques qui n’étaient pas forcément assimilées à des identités "hétérosexuelles" ou "homosexuelles". Cette grande liberté s’inscrivait toutefois dans une vision extrêmement conformiste des représentations de genre et dans des stéréotypes où les jeunes femmes idéales, pour ces garçons des classes populaires, étaient vouées au foyer, cuisinières, ménagères, maternelles, mais aussi "sexuellement performantes", tout en étant fidèles à leur mari.
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Autre
Une normalisation post-post-1968
Une normalisation post-post-1968
Dans le cadre d'une série de quatre vidéos réalisées en 2012 dans les mois qui ont précédé la promulgation de "la loi sur le mariage pour tous" (loi no 2013-404 du 17 mai 2013), il est question dans cette seconde vidéo de la normalisation à laquelle correspond la revendication du mariage pour les homosexuels. Cette aspiration au mariage semble en effet correspondre au triomphe de la politique portée par l'association Arcadie dans les années 1950-1970; l'association "homophile" revendiquait une intégration / insertion dans la société (et non pas le mariage, à l'époque), une égalité dans l'indifférence. A ce mouvement Arcadie, qui le précédait, les militants du Fhar, proches de l'extrême-gauche, opposaient une volonté de désintégrer les normes de la société, dans un contexte plus large post-1968 de critiques, par les féministes en particuli
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