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École Nationale Supérieure d'Architecture de Saint-Etienne

03 - Évocations de la ville industrielle (2) - Nicolas Appelt et Ingrid Junillon


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03 - Évocations de la ville industrielle (2) - Nicolas Appelt et Ingrid Junillon

Nicolas Appelt - The Taste of Cement ou Beyrouth comme reflet du conflit syrien

La ville de Beyrouth constitue le personnage principal du documentaire The Taste of Cement (2017) du jeune réalisateur syrien Ziad Kalthoum. Elle incarne par ses gratte-ciels en construction une certaine forme d’opulence à laquelle sont confrontés les ouvriers syriens du bâtiment qui les érigent.

Sur le chantier, se déploie leur savoir-faire appartenant à la société industrielle pour rebâtir cette ville, tandis que, de l’autre côté de la frontière, les habitations de leurs compatriotes sont réduites en ruines par des armes, des engins de guerre, eux-aussi, issus de cette société industrielle.

Considérée  généralement comme une cité marchande, Beyrouth apparaît dans ce film à travers divers éléments qui en font ressortir la dimension industrielle, en vue de mettre en perspective le cycle construction-destruction auquel appartient la capitale libanaise.

Cette présentation se propose d’analyser la façon dont le documentaire The Taste of Cement, basé un dispositif en miroir, permet de saisir la façon dont le conflit est saisi à travers sa dimension urbaine dans une perspective spatio-temporelle. Dans cette perspective, il apparaît que la composante industrielle est essentielle, dans la mesure où elle impose ses contraintes aussi bien aux ouvriers à Beyrouth qu’aux civils en Syrie, Alep ou la banlieue de Damas.

Au-delà de la frontière, la ville de Beyrouth où les marteaux-piqueurs, les grues, dans la verticalité des immeubles en chantier, participent à sa construction, constitue l’une des deux faces du conflit qui déchire la Syrie, champ de ruines à la merci des destructions à l’échelle industrielle.

Ingrid Junillon - La ville minière de Kiruna dans le film de Sofia Norlin, Ömheten (Broken Hill Blues), 2013

Située à 145 km au-delà du cercle Arctique, la petite ville suédoise de Kiruna abrite la plus grande mine souterraine au monde. Indissociablement liée à cette industrie, la ville connait depuis les années 2000 un dilemme existentiel. L’extraction intensive constitue à la fois une manne financière et un danger majeur, créant des zones de déformation qui menacent la ville d’affaissement. Un chantier prométhéen est en cours, qui doit aboutir au « projet de transformation urbain le plus démocratique au monde » pour faire de la ville un modèle de développement durable et social.

Sorti en 2013, le film de Sofia Norlin, Ömheten (litt. « Tendresse », mais sorti à l’international sous le titre de  Broken Hill Blues), donne une vision sombre de cette situation.  Il relate les interrogations d’une poignée d’adolescents, dont deux en particulier désespèrent d’échapper à un destin tracé dans cette ville carcérale et culturellement pauvre malgré l’opulence financière récente. Quelle vie peut-on espérer à 18 ans à Kiruna, entre désert blanc et tunnel souterrain ?  Le film de Sofia Norlin, d’un esthétisme pour autant affranchi de tout romantisme, axe sa représentation sur des dualités : dualité coloriste entre noir et blanc (clarté excessive de la ville enneigée, des jours sans fin l’été / obscurité inhumaine de la mine, de la ville l’hiver … ), dualité spatiale entre confinement et infinitude (confinement de la mine, sentiment d’étouffement dans une petite ville pourtant située dans un environnement naturel à perte de vue), dualité temporelle entre un passé lourd de fautes et de souffrances et un futur en danger imminent. A contrario des messages politiques volontaristes, le film de Sofia Norlin, sombre et délicat, est un hymne « à la colline brisée » de Kiruna, qui porte encore les stigmates de son passé et éprouve la peur de perdre son identité.

 

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