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Séminaire EREA, "Les pierres s’en vont mais ne se perdent jamais. » Misa Qala, portrait d’une pierre gardienne (ayllu Aymaya, Nord-Potosi, Bolivie)" Laurence Charlier (Université Toulouse II, LISST-CAS)


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Auteur(s) :
CHARLIER Laurence

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Séminaire EREA, "Les pierres s’en vont mais ne se perdent jamais. » Misa Qala, portrait d’une pierre gardienne (ayllu Aymaya, Nord-Potosi, Bolivie)" Laurence Charlier (Université Toulouse II, LISST-CAS)

À partir des rituels dédiés à Misa Qala, cette intervention examinera une catégorie de pierres spécifiques, les « pierres gardiennes », à travers le rôle mémoriel qu’elles jouent dans l’histoire des familles de la communauté d’Urur Uma (ayllu Aymaya, Nord-Potosi) ainsi qu’à travers l’agentivité particulière qui leur est imputée. Ces pierres indiquent en effet des lieux d’établissement et de production agricole présents ou passés (lorsque les activités humaines se sont déplacées) et elles peuvent servir également de bornes. Elles sont ainsi des supports mémoriels pour les habitants ou des indices permettant aux anthropologues de faire l’histoire récente des dynamiques d’occupation. Ces pierres gardiennes sont cependant plus que de simples marqueurs spatio-temporels. Les différentes pratiques rituelles que leur destinent les comunarios montrent que celles-ci sont considérées comme des agents individualisés. Elles se présentent sous un nom particulier, elles ont des intentions spécifiques et éprouvent des émotions (comme la peur). Enfin, elles ont une vie sociale. Elles entretiennent des relations avec des humains certes mais aussi avec certains animaux (taureaux, animaux associés au monde souterrain) ou avec d’autres êtres lithiques (montagnes, pierres). Pour les comunarios, les pierres mènent leur propre vie. Il existe donc un agir lithique que les comunarios ne voient pas forcément comme le résultat d’une action humaine et qui participe tout autant à la vie sociale de la communauté.

 

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