Conférence

Rémi Collas - « 6000 ans d’activités dans la plaine de Sarliève : fouilles récentes à Cournon d’Auvergne »

Réalisation : 30 novembre 2021 Mise en ligne : 30 novembre 2021
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Descriptif

Le jeudi 16 décembre 2021, à 20h30, sur Facebook, Page Musée de Gergovie, Rémi Collas, archéologue, a présenté les résultats des fouilles récentes menées à Cournon d'Auvergne. Il est ainsi revenu sur « 6000 ans d’activités dans la plaine de Sarliève ».

Réalisée en 2019, la fouille de Cournon d’Auvergne – Sarliève (CSP) intervient dans le sillage des nombreuses recherches liées au bassin de Sarliève et à ses abords. Suite au diagnostic préventif (Vernet 2017, INRAP), l’opération a eu pour objet de traiter un réseau parcellaire de la fin de l’âge du Fer (La Tène) et du début de l’Antiquité (Haut-Empire). Des contextes funéraires et une petite occupation médiévale (pêcheries ?) sont également signalés.

Le bassin de Sarliève (ou « lac de Sarliève ») ayant alterné périodes de reprises et de déprises entre sa formation (fin du Paléolithique supérieur) et son assèchement définitif, l’interaction Homme/Milieu cadre la majeure partie des problématiques scientifiques. En complément d’une documentation paléoenvironnementale et archéologique particulièrement riche, la fouille permet donc l’observation de séquences sédimentaires liées à l’évolution géomorphologique dans cette partie du bassin.

D’un point de vue archéologique, la fouille permet d’envisager, de manière inédite, une occupation du bassin au cours du Néolithique moyen (IVe – IIIe millénaire av. J.-C.) et du Néolithique final (IIIe millénaire av. J.-C.). Le « lac » ne semble donc pas activé pour ces périodes. Un vaste réseau fossoyé et quelques puits sont mis en place durant La Tène C (IIIe-IIe s. av. J.-C.), traduisant la mise en forme sans cesse croissante des abords du plateau de Gergovie. Ce parcellaire se densifie au cours des périodes suivantes (Ier s. av. J.-C – Ier s. ap. J.-C), en lien avec un possible réseau viaire et des occupations périphériques (habitat) toujours plus importantes. Les vestiges funéraires correspondent à quelques inhumations et à des rejets d’incinérations dans les fossés. Un petit enclos quadrangulaire pourrait répondre lui aussi à une vocation funéraire. Une carrière d’exploitation de calcaire marneux (Ier s. ap. J.-C. ?) est également à noter.

Phénomène bien documenté, le lac est réactivé entre le milieu de l’Antiquité et le Moyen Âge. Les sources documentaires constituent ici une aide précieuse pour comprendre les vestiges. Ceux-ci semblent se limiter à la périphérie envisagée de la tranche d’eau et relever d’une activité halieutique (pêcheries).

La politique de drainage mise en place à partir du XVIIe siècle sonne le glas du lac de Sarliève. Quelques vestiges témoignent de cet événement.

Cette web conférence s'inscrit dans le cycle de 4 rendez-vous annuels Echos d’Archéos, lancé par la Maison des Sciences de l'Homme de Clermont-Ferrand, le Musée Archéologique de la Bataille de Gergovie et le Département du Puy-de-Dôme.

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