Conférence

Angoulême 2022 — Une histoire de la bande dessinée franco-belge

Réalisation : 26 janvier 2022 Mise en ligne : 14 mars 2022
  • document 1 document 2 document 3
  • niveau 1 niveau 2 niveau 3
  • audio 1 audio 2 audio 3
Descriptif

Doit-on remonter à Lascaux ou aux hiéroglyphes pour faire l’histoire de la BD ? En passant par les mangas (étym. image dérisoire) du Japonais Hokusai au début du 19e siècle ; ou par « la littérature en estampes », du Genevois Rodolphe Töpffer (1799-1846), saluée par Goethe.

C’est à la fin du 19e siècle que les choses se cristallisent, avec Hogan’s Alley et The Yellow Kid aux USA (1894), et les œuvres d’un normalien scientifique tombé en BD, Georges Colomb, dit Christophe (1856-1945) : Les Facéties du Sapeur Camember, Les Malices de Plick et Plock, Les Aventures de la Famille Fenouillard.

Où s’opposent encore les illustrés US (parfois traduits en français, avec les phylactères – les fameuses bulles de dialogue –, et les albums français, avec images et textes en dessous (comme chez Christophe). Un autre pionnier français est aussi l’anar Louis Forton  (1879-1934), avec Les Pieds nickelés et Bibi Fricotin.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le secteur est marqué par la pénurie de papier – même si sont tolérées encore quelques traductions d’illustrés américains.

La Libération est marquée par Edmond-François Calvo (1892-1957), et la BD animalière La Bête est morte ! (1944), sur le thème de la guerre. Le jeune Albert Uderzo, 18 ans, est son garçon de courses, et commence lui aussi à être illustrateur.

Après-guerre, c’est l’explosion de la BD : Spirou avec de nombreux nouveaux dessinateurs, apparition du Journal de Tintin (avec Blake & Mortimer). Des bandes dessinées traduites de l’américain reprennent de plus belle (Tarzan, Flash Gordon).

L’éditeur belge Georges Troisfontaines (1919-2007) met en relation Goscinny et Uderzo en 1951. Goscinny se bat pour le statut de scénariste (auparavant simple sous-traitant du dessinateur), ce qui provoque une rupture avec son éditeur.

1959 est annus mirabilis, avec les débuts d’Astérix, et de la revue illustrée Pilote (sous l’égide de RTL Publicité au début). Après des difficultés initiales, Pilote est repris en 1962 par l’éditeur français Georges Dargaud (1911-1990), qui installe Charlier et Goscinny à la direction – ce sera un franc succès.

En 1969, apparaît la nouvelle formule de Pif, dans l’orbite des éditions populaires pour la jeunesse, avec les personnages de Rahan, Corto Maltese. Le Journal de Spirou se renouvelle aussi, avec le personnage de Gaston Lagaffe.

Les suites de Mai 68 se font sentir aussi chez Pilote, où les dessinateurs ont remis en cause Goscinny – certains prennent le large, avec la création de Charlie, ou le départ de Mandryka qui en 1972 crée L’Écho des Savanes avec Claire Brétecher (1940-2020) et Marcel Gotlib (1934-2016) ; ce dernier crée Fluide glacial en 1975 (cette revue existe toujours), tandis que Claire Bretécher crée la série « Les Frustrés » dans Le Nouvel Observateur.

Au final, c'est à une saine émulation francophone que se sont livrés dès les années 1930 le pôle belge (Tintin, Spirou, Casterman,...) et le pôle parisien (Vaillant, Pif, Pilote et ses successeurs, Astérix,...), agrégeant aussi un certain nombre d'auteurs et dessinateurs européens, et du monde entier.

------------------------------------------------------------------------------

(vignette de la vidéo, Spirou à Charleroi, WikiCommons cc-bys-sa auteur Jmh2o) (images de la vidéo issues de la collection personnelle de Dominique Poncet).

Intervenants
Thèmes
Notice
Contacter

Sur le même thème