Conférence

01 - Témoin à charge : quand le cinéma révèle la ville industrielle, ses aventures et mésaventures

Réalisation : 8 novembre 2018 Mise en ligne : 8 novembre 2018
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Descriptif

Ouverturedu colloque et conférence introductive

Témoinà charge : quand le cinéma révèle la ville industrielle, sesaventures et mésaventures

Atravers cette conférence inaugurale, il est question de réfléchirsur les notions de ville industrielle, de la manière dont l'usine,le travail et les travailleurs sont présentés dans le cinéma,principalement français.

Lanotion de ville industrielle apparaît d'abord dans la littératurede la fin du XIXe siècle précédée par la mention des citésouvrières et des cités industrielles.

Lacité ouvrière, d'abord à  la campagne du fait de la présencede main d’œuvre, de matières premières, d'énergies, devient  industrielle, en ville,  par les transformationsapportées par les innovations techniques et l'apparition du cheminde fer.

Parallèlement,le cinéma se développe tout en s'inventant et en captant tout desattitudes et des mœurs des sociétés urbaines et industrielles. Sediffusant rapidement au monde entier et par la fascination qu'ilexerce et par le proposition d'un langage partagé à travers lemuet, un espace-temps spécifique et des gestes expressifs, le cinémadevient une phénomène universel. Ouvrant ainsi la voie à desreprésentations sans cesse mises en scène des caractéristiques dela ville en prise avec son évolution dans lesquelles mines, usineset voies ferrées en deviendront les symboles.

Laville change alors en accueillant des ouvriers, en vivant au rythmede la vie des usines générant une modification des temporalités duterritoire. Les villes se dessinent, se transforment aussi en lieuxde productions industrielles et de création cinématographique: le parlant succède au muet, la couleur se substitue au noir etblanc, le cinéma quitte les studios pour explorer la ville et sesmultiples lieux.

Sila ville est dépeinte, détaillée, décrite de manière concrèteet sensible par les auteurs et les poètes, l'apport du cinéma commesupport du témoignage de « son temps » va permettre decapter des modes, des attitudes, des formes et un réel mis en récit– mis en scène.

Industrialisationet urbanisation paraissent aujourd'hui inséparables. Mécaniques etmécanismes de la transformation d'une société, elles répondent etexpriment toutes deux de la notion de progrès. Opposant la ville aumonde rural, le progrès invite à des transformations qui incitentdes populations à quitter un milieu – à être déracinées etdé-synchronisées – à transformer des paysans vivant au rythmedes saisons et des "traditions" en ouvriers rythmés eux,par le temps des horloges, le temps froid et mécanique duproductivisme. Industrialisation, urbanisation et cinéma vont ainsicréer deux figures majeures de l'être social qui perdurent encoreaujourd'hui, à l'échelle du globe : le migrant et l'ouvrier.

Lecinéma saisit transformation, vitesse de l'innovation et destin despopulations en rupture avec un milieu. A travers les films retraçantles activités ouvrières, les villes « carbonifères »,le cinéma montre l'expression et la vie nouvelle du territoire . Enen devenant l'expression du progrès, un mécanisme de celui-ci, uneindustrie à part entière, le cinéma mêle son destin à celui dumonde industriel et des villes hallucinées et tentaculaires.

L’aspect inédit de toutes ces images tient à la fois au motif industriel et à l’outil. Les capacités techniques de la caméra permettent aux créateurs d’innover : arrêts sur image, surimpressions, accélérations et ralentis sont déployées dans L’Homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov tandis que photomontages et surimpressions sont couramment expérimentés dans en studio. Les créateurs de l’avant-garde partagent une vision positive de l’outil technique : l’appareil photographique est considéré par les opérateurs de la Nouvelle Vision comme le prolongement du corps, troisième œil capable de figer l’instant et de dévoiler des pans d’une réalité inaccessibles à l’oeil nu ; dans la théorie du « ciné-oeuil », la caméra est également considérée comme un oeil machinique se combinant au regard de l’opérateur. Photographie et cinéma se rejoignent ainsi dans cette conception mécaniste d’un rapport étroit entre l’homme et la machine.

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