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Français
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Droit commun de la propriété intellectuelle
DOI : 10.60527/wc40-1655
Citer cette ressource :
La forge numérique. (2015, 11 mai). Mémoire de cire. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/wc40-1655. (Consultée le 25 juillet 2024)

Mémoire de cire

Réalisation : 11 mai 2015 - Mise en ligne : 29 mai 2015
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Descriptif

Au XIIIe siècle, chaque tenancier normand disposed'un sceau qu'il utilise pour authentifier un acte de vente ou une opération decrédit, ce qui démontre l’importance de l’écrit dans la vie quotidienne de cespaysans. Ces sceaux, conservés par centaines dans les dépôts d’archives, sontfaits de cire d’abeille, parfois colorée, et non de « cired’Espagne », matière que l’on utilise depuis le XVIIe siècle pour cacheterune lettre ou un colis.

La diffusion du sceau chez les villageois normands (paysans,artisans, hommes et femmes) n'a d'équivalent, à l’échelle de l’Europe, qu'enAngleterre. La grande similitude entre sceaux normands et sceaux anglais montred’ailleurs qu'il s'agit d'un même phénomène, antérieur à 1204, date durattachement de la Normandie au domaine royal capétien. L'usage du sceaupersonnel par les villageois dura un peu plus d'un siècle, jusqu'à ce que ledéveloppement du tabellionage royal (première forme du notariat), au début duXIVe siècle, oblige les contractants à avoir recours au tabellion et au sceaude juridiction.

C’est à traversla tomographie, qui permet d’analyser l’absorption d’un faisceau de rayons Xpar l’empreinte de cire, que nous avons pu observer l’intérieur du sceau et comprendreles techniques de scellage utilisées au XIIIe siècle. Ces analyses, ainsi quel’expérimentation dont il est question ici, ont permis de démontrer que cessceaux avaient été réalisés par les villageois eux-mêmes, grâce à unsavoir-faire transmis dans le cadre familial.

Après avoir été restaurateur de sceaux pendant près de 25 ans, Philippe Jacquet a entrepris une thèse de doctorat sur les sceaux épiscopaux des provinces de Rouen et de Tours (XIe-XIIIe siècle). Il est aujourd'hui membre associé du Centre Michel de Boüard-CRAHAM, UMR 6273 (CNRS/Université de Caen Basse-Normandie).

Enseignant-chercheur à l'Université de Caen Basse-Normandie, co-directeur de l'Office Universitaire d'Etudes Normandes à la MRSH de Caen, Christophe Maneuvrier travaille depuis 20 ans sur les sociétés rurales de la Normandie médiévale. Engagé dans plusieurs programmes internationaux de sigillographie, il est l'un des meilleurs spécialistes des sceaux français.

 

Bibliographie

 

 CLANCHY (Michael T.), From memory to written Record. Enfland, 1066-1307, Londres, Edward Arnold, 1979,330 p.

 MANEUVRIER (Christophe),« Identité de genre et représentations du féminin dans les sceaux devillageois au XIIIe siècle », Être femme(s) en Normandie, Actes du 48e Congrès organisé par laFédération des sociétés historiques et archéologiques de Normandie (Bellême,16-19 octobre 2013), textes recueillis et publiés par Bernard Bodinier,Louviers, 2014, p. 407-413.

MANEUVRIER (Christophe) etTHÉBAULT (Marion), « À propos du cartulaire de Mondaye : Les dépôtsde sceaux de référence dans les établissements religieux normands au XIIIesiècle », Annales de Normandie,n°1, 2011, p. 171-176.

MANEUVRIER (Christophe),« Les emblèmes sigillaires des paysans normands », Histoire et Images MédiévalesThématique n° 25,mai-juin-juillet 2011, n° 25, p. 64-69.

METMAN(Yves),  « L’énigme des sceaux de «paysans normands », Compte rendu de la 47e semaine de droit normand (Guernesey, 17-19mai 1990), Annales de Normandie, n° 4-5, octobre-décembre 1991, 41eannée, p. 354-355.

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