Production académique
Notice
Lieu de réalisation
LISN
Langues :
Langue des signes, Français
Crédits
Valentin Belissen (Intervention)
Détenteur des droits
LISN
DOI : 10.60527/ctef-w481
Citer cette ressource :
Valentin Belissen. LISN. (2020, 10 novembre). De la reconnaissance de signes à la compréhension automatique de langue des signes : une prise en compte des unités non conventionnalisées. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/ctef-w481. (Consultée le 3 novembre 2026)

De la reconnaissance de signes à la compréhension automatique de langue des signes : une prise en compte des unités non conventionnalisées

Réalisation : 10 novembre 2020 - Mise en ligne : 23 juin 2026
  • document 1 document 2 document 3
  • niveau 1 niveau 2 niveau 3
  • Dossier
Descriptif

Interprétation en LSF : Jérémie Segouat

Manuscrit de thèse : https://theses.fr/2020UPASG064

Composition du Jury : 
François Yvon, Directeur de recherche, Université Paris-Saclay - Président
Mounim El Yacoubi, Professeur, Télécom SudParis - Rapporteur
Benoit Favre, Maitre de conférences HDR, Université Aix-Marseille - Rapporteur
Laurence Meurant, Chercheur qualifié FNRS, Université de Namur - Examinatrice
Annelies Braffort, Directrice de recherche, Université Paris-Saclay - Directrice de thèse
Michèle Gouiffès, Maîtresse de conférences HDR, Université Paris-Saclay - Co-encadrante de thèse

Résumé : Les langues des signes (LS) se sont développées naturellement au sein des communautés de Sourds. Ne disposant pas de forme écrite, ce sont des langues orales, utilisant les canaux gestuel pour l’expression et visuel pour la réception. Ces langues peu dotées ne font pas l'objet d'un large consensus au niveau de leur description linguistique. Elles intègrent des signes lexicaux, c’est-à-dire des unités conventionnalisées du langage dont la forme est supposée arbitraire, mais aussi – et à la différence des langues vocales, si on ne considère pas la gestualité co-verbale – des structures iconiques, en utilisant l’espace pour organiser le discours. L’iconicité, ce lien entre la forme d’un signe et le sens qu’il porte, est en effet utilisée à plusieurs niveaux du discours en LS.La plupart des travaux de recherche en reconnaissance automatique de LS se sont en fait attelés à reconnaitre les signes lexicaux, d’abord sous forme isolée puis au sein de LS continue. Les corpus de vidéos associés à ces recherches sont souvent relativement artificiels, consistant en la répétition d’énoncés élicités sous forme écrite, parfois en LS interprétée, qui peut également présenter des différences importantes avec la LS naturelle.Dans cette thèse, nous souhaitons montrer les limites de cette approche, en élargissant cette perspective pour envisager la reconnaissance d’éléments utilisés pour la construction du discours ou au sein de structures illustratives.Pour ce faire, nous montrons l’intérêt et les limites des corpus de linguistes : la langue y est naturelle et les annotations parfois détaillées, mais pas toujours utilisables en données d’entrée de système d’apprentissage automatique, car pas nécessairement cohérentes. Nous proposons alors la refonte d’un corpus de dialogue en langue des signes française, Dicta-Sign-LSF-v2, avec des annotations riches et cohérentes, suivant un schéma d’annotation partagé par de nombreux linguistes.Nous proposons ensuite une redéfinition du problème de la reconnaissance automatique de LS, consistant en la reconnaissance de divers descripteurs linguistiques, plutôt que de se focaliser sur les signes lexicaux uniquement. En parallèle, nous discutons de métriques de la performance adaptées.Pour réaliser une première expérience de reconnaissance de descripteurs linguistiques non uniquement lexicaux, nous développons alors une représentation compacte et généralisable des signeurs dans les vidéos. Celle-ci est en effet réalisée par un traitement parallèle des mains, du visage et du haut du corps, en utilisant des outils existants ainsi que des modèles que nous avons développés. Un prétraitement permet alors de former un vecteur de caractéristiques pertinentes. Par la suite, nous présentons une architecture adaptée et modulaire d’apprentissage automatique de descripteurs linguistiques, consistant en un réseau de neurones récurrent et convolutionnel.Nous montrons enfin via une analyse quantitative et qualitative l’effectivité du modèle proposé, testé sur Dicta-Sign-LSF-v2. Nous réalisons en premier lieu une analyse approfondie du paramétrage, en évaluant tant le modèle d'apprentissage que la représentation des signeurs. L’étude des prédictions du modèle montre alors le bien-fondé de l'approche proposée, avec une performance tout à fait intéressante pour la reconnaissance continue de quatre descripteurs linguistiques, notamment au vu de l’incertitude relative aux annotations elles-mêmes. La segmentation de ces dernières est en effet subjective, et la pertinence même des catégories utilisées n’est pas démontrée de manière forte. Indirectement, le modèle proposé pourrait donc permettre de mesurer la validité de ces catégories. Avec plusieurs pistes d’amélioration envisagées, notamment sur la représentation des signeurs et l’utilisation de corpus de taille supérieure, le bilan est très encourageant et ouvre la voie à une acception plus large de la reconnaissance continue de langue des signes.

Intervention / Responsable scientifique

Sur le même thème