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Chapitres
Descriptif
Pour une écoute des bruits de la pensée / François Noudelmann, conférence présentée par Jean-Yves Laurichesse (laboratoire Patrimoine, Littérature, Histoire) et co-organisée avec Nathalie Cochoy (laboratoire Cultures Anglo-Saxonnes) dans le cadre du séminaire "Poéthiques", Université Toulouse Jean Jaurès, 28 avril 2017.
* Illustration : Eugène Grasset, Harmonies, 1893.
« La pensée fait du bruit, pas seulement parce qu'elle parle, mais aussi en raison des éléments sonores qui la composent. La voix, le ton, l'accent, l'intensité, le volume sont constitutifs de l'exposition des idées, trop souvent oubliés derrière l'énoncé. Or une pensée doit s'écouter, comme le suggérait Nietzsche qui se vantait d'avoir les meilleures oreilles de la philosophie ». Dans cette conférence, François Noudelmann propose de définir et de pratiquer une "écoute seconde" sensible à la dimension sonore des discours théoriques -davantage qu'à leur signification- qui donne accès à l'élaboration de la pensée. Pour cela, il convient de porter attention aux bruits, aux cris, aux silences, à l'accent, à l'accentuation, aux souffles, chuchotements, grincements, claquements... porter attention à la "voix pensive", aux diverses voix d'un même penseur. En prenant appui sur des textes ou des enregistrements sonores de philosophes (Hegel, Schopenhauer, Nietzsche, Derrida, Deleuze, Sartre, Barthes, Jankélévitch...), François Noudelmann suggère de résister à "une surdité volontaire" et de s'intéresser aux milieux sonores qui composent les textes et qui modifient le cours de la pensée. « Au lieu de chercher une stylistique de la voix propre, l'écoute des caractéristiques vocales mises en jeu dans l'énonciation orale donne à entendre des registres sonores et donc différentes relations du parleur aux idées qu'il expose ». François Noudelmann propose une « lecture acousmatique des textes qui vise à entendre ses substrats sonores dont les vibrations sont soit à l'origine soit à l'issue des mots et des phrases ».
Intervenants
Notice
Documentation
Bibliographie sélective
NOUDELMANN, François (2015). Le génie du mensonge. Paris, Éditions Max Milo, coll. Essais, 330 p.
STERNE, Jonathan [2003] (2015). Une histoire de la modernité sonore. Paris, Éditions La Découverte, 512 p.
CRITON, ¨Pascale, CHOUVEL, Jean-Marc (dirs) (2015). Gilles Deleuze, la pensée-musique. Paris, Centre de documentation de la musique contemporaine (CDMC), 295 p.
CLÉMENT, Bruno (2013). La voix verticale. Essai sur la prosopopée. Paris, Éditions Belin, coll. L'Extrême contemporain, 304 p.
JAEGLÉ, Claude (2010). Portrait silencieux de Jacques Lacan. Paris, Presses Universitaires de France, coll. Perspectives critiques, 144 p.
FARGE, Arlette (2009). Essai pour une histoire des voix au dix-huitième siècle. Paris, Bayard, coll. Histoire, 312 p.
NOUDELMANN, François (2008). Le Toucher des philosophes. Sartre, Nietzsche et Barthes au piano. Paris, Éditions Gallimard, 224 p. [rééd. Folio essais 2014].
JAEGLÉ, Claude (2005). Portrait oratoire de Gilles Deleuze aux yeux jaunes. Paris, Presses Universitaires de France, coll. Perspectives critiques, 92 p.
BOURDIEU, Pierre (2004). Esquisse pour une auto-analyse. Paris, Éditions Raisons d’agir, 142 p.
OLIVIER, Alain-Patrick (2003). Hegel et la musique. De l’expérience esthétique à la spéculation philosophique. Paris, Éditions Honoré Champion, 304 p.
CAVELL, Stanley (2003). Un ton pour la philosophie. Moments d'une autobiographie. Paris, Éditions Bayard, 200 p.
NANCY, Jean-Luc (2002). À l'écoute. Paris, Éditions Galilée, 96 p.
GALLET, Bastien (2001). « Les labyrinthes de l’écoute : Nietzsche, le monde et la musique », Le Portique, 8. [En ligne : https://leportique.revues.org/207#quotation].
DERRIDA, Jacques (1996). Le monolinguisme de l'autre. Paris, Éditions Galilée, 144 p.
DELEUZE, Gilles (1988). Le Pli. Leibniz et le Baroque. Paris, Éditions de Minuit, coll. Critique, 192 p.
MURRAY SCHAFER, Raymond [1979] (2010). Le Paysage sonore : le monde comme musique. Marseille, Editions Wildproject, coll Domaine sauvage, 420 p.
DERRIDA, Jacques (1967). La voix et le phénomène. Introduction au problème du signe dans la phénoménologie de Husserl. Paris, Presses Universitaires de France, 117 p. [rééd. 2016, coll. Quadrige].
NIETZSCHE, Friedrich [1888] (1988). Crépuscule des idoles ou Comment philosopher avec un marteau. Paris, Éditions Folio, 160 p.
Liens
David Christoffel, La voix de Foucault [création sonore], IRCAM, 2014 (extrait) : http://www.gregbeller.com/2014/06/%E2%84%97-la-voix-de-foucault/
poéthiques
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Conférence
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L’hospitalité peut-elle être cosmopolitique ? / Guillaume Le Blanc
Le Blanc, Guillaume (1966-.... ; philosophe)
Traversant les réflexions de Derrida sur "l'être citoyen du monde" et sur les "villes-refuges", L'Odyssée d'Homère, l'hospitalité chrétienne paulinienne ainsi que la conception kantienne, Guillaume le Blanc insiste sur l’absolue nécessité de repenser l’hospitalité comme valeur politique et non plus seulement morale pour considérer autrement la venue de l’étranger. Par opposition à un cosmopolitisme supra-national, le cosmopolitisme "par le haut", pensé « au-dessus de la politique des États-nations », il revendique un infra-cosmopolitisme, enraciné à l’échelle locale, souvent passé sous silence.
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Conférence
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La tragédie du paysage / Pierre Wat
Wat, Pierre (1965-....)
Pour explorer l’expression « la tragédie du paysage » de David d’Angers à propos de l’œuvre peinte de Caspar David Friedrich [Lettre à Victor Pavie, 1934], Pierre Wat part de la figure poétique allemande du « Wanderer »[errant, vagabond, marcheur], décrite notamment par Hölderlin et Goethe, représentée dans les tableaux de Courbet, Van Gogh, Francis Bacon, Anselm Kiefer, George Grosz. Puis il opère une traversée iconographique dans la peinture moderne et contemporaine
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Conférence
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L’écologie comme sagesse de l’habitation de la Terre. Corporéité, existence et politique / Corine Pelluchon
Pelluchon, Corinne (19..-....)
Quand l’écologie est pensée à la lumière d’une réflexion sur la matérialité de notre existence qui souligne notre dépendance à l’égard des autres vivants et de la nature, l’écologie ne se réduit pas seulement à sa dimension environnementale liée à la lutte contre le réchauffement climatique et la biodiversité. En effet, conçue comme la sagesse de notre habitation de la terre qui est toujours une cohabitation avec les autres, humains et non-humains, elle inclut aussi des enjeux de justice sociale, liés à l’organisation du travail et aux transformation des modes de production, et suppose la prise en compte des conditions de vie des générations futures et des autres espèces. Loin d’être un îlot éthique, elle ne se conduit plus à opposer la fin du monde et la fin du moi, l’écocentrisme et l’humanisme.
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Conférence
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Pour une écoute des bruits de la pensée / François Noudelmann
Laurichesse, Jean-Yves (1956-....),
Noudelmann, François (1958-.... ; philosophe)
Dans cette conférence, François Noudelmann propose de définir et de pratiquer une "écoute seconde" sensible à la dimension sonore des discours théoriques -davantage qu'à leur signification- qui donne accès à l'élaboration de la pensée. Pour cela, il convient de porter attention aux bruits, aux cris, aux silences, à l'accent, à l'accentuation, aux souffles, chuchotements, grincements, claquements... porter attention à la "voix pensive", aux diverses voix d'un même penseur. En prenant appui sur des textes ou des enregistrements sonores de philosophes (Hegel, Schopenhauer, Nietzsche, Derrida, Deleuze, Sartre, Barthes, Jankélévitch...), François Noudelmann suggère de résister à "une surdité volontaire" et de s'intéresser aux milieux sonores qui composent les textes et qui modifient le cours de la pensée.
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Conférence
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Politique du deuil, poétique du deuil / Philippe Forest
Forest, Philippe (1962-.... ; enseignant-chercheur en lettres),
Laurichesse, Jean-Yves (1956-....)
Philippe Forest, professeur et chercheur spécialiste de littérature comtemporaine à l’Université de Nantes, propose une analyse sur le roman Requiem pour une nonne de William Faulkner qu'il fait dialoguer avec la transposition pour le théâtre écrite en 1956 par Albert Camus. Cette oeuvre de Faulkner dont la construction est propice à l'adaptation théâtrale, « soulève la question métaphysique du mal à laquelle la mort d'un enfant sert de symbole scandaleux », mêlant la fresque épique et la tragédie de l'infanticide et du deuil.
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Conférence
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La photo contre l’image / Laurent Jenny
Jenny, Laurent (1949-.... ; poète),
Cochoy, Nathalie (19..-....)
S'adossant aux écrits critiques sur la photographie, Siegfried Kracauer, Charles Baudelaire, Clément Greenberg qui écrivit sur Walker Evans (Allie Mae Burroughs, 1936) et Edward Weston (Artichoke, 1930), Laurent Jenny questionne notre rapport aux images et l'essence de la photographie en convoquant la peinture, Eugène Delacroix (Lamort de Sardanapale, 1827) et Paul Delaroche (L'Hémicycle des Beaux-arts, 1841), la littérature et la philosophie, notamment Proust, Guibert et Georges Didi-Huberman à propos de sa lecture phénoménologique de quatre photos d'Auschwitz en août 1944.
00:57:01
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Conférence
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Pour une poétique de nos jours / Michel Deguy
Deguy, Michel (1930-2022),
Cochoy, Nathalie (19..-....)
Pour une poétique de nos jours / Michel Deguy. Conférence organisée dans le cadre du séminaire Poéthiques, 'Instants de poésie', par Nathalie Cochoy ("Poéthiques", laboratoire Cultures Anglo-Saxonnes, CAS) et Jean-Yves Laurichesse (laboratoire "Patrimoine, Littérature, Histoire", Équipe Littérature et Herméneutique, PLH-ELH), Université Toulouse II-Le Mirail, 29 novembre 2013.
01:03:06
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Conférence
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L'immédiatement vivant, suivre les voies du monde animal / Jean-Christophe Bailly
Bailly, Jean-Christophe (1949-....),
Cochoy, Nathalie (19..-....)
« La surprise et la joie qu'ils existent, les craintes envers une disparition qui semble hélas programmée pour beaucoup d'entre eux, ces motifs s'entremêlent à ceux du regard et du silence. Ce que dit et répète [Jean-Christophe Bailly], c'est que les animaux, qui font rayonner l'existence hors des rets du langage, exercent pourtant envers nous la pression intimante d'un autre accès au sens. C'est ce sens éperdu, confondu au vivant, qui est poursuivi ici. » [JC Bailly, "Parti pris des animaux"].
01:29:17
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Conférence
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Extraire la beauté du trivial / Jean-Michel Maulpoix
Maulpoix, Jean-Michel (1952-....),
Cochoy, Nathalie (19..-....)
Extraire la beauté du trivial / Jean-Michel Maulpoix. Conférence organisée par le groupe de recherche "Cultures Anglo-Saxonnes" (CAS), dans le cadre de l'axe de recherche Poéthiques, et le groupe de recherche "Patrimoine, Littérature, Histoire" (PLH), Université Toulouse II-Le Mirail, 4 décembre 2012. « La poésie moderne a tendance à étendre ou à aggraver la part du banal dans l'écriture, par souci de se rapprocher au plus près du réel. La poésie moderne ne se contente pas de puiser une part de son inspiration au plus près de la vie courante, elle tend aussi à faire du commun sa nourriture, à faire de l'ordinaire son territoire d'élection. C'est comme ça que je suis amené à employer cette expression, "lyrisme du trivial" » (Jean-Michel Maulpoix). * Photographie de Michel Maulpoix.
01:08:44
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Conférence
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Déambuler, dériver, errer dans le Paris de Modiano
Robin, Régine (1939-2021)
S'appuyant sur sa propre passion de la flânerie dans les rues et les cafés des grandes villes, Régine Robin explore les déambulations parisiennes dans les romans de Patrick Modiano.
01:07:24
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Conférence
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Tendances actuelles de la géographie littéraire / Michel Collot
Collot, Michel (1952-....),
Laurichesse, Jean-Yves (1956-....)
Face aux études des textes clos sur eux-mêmes, Michel Collot a élaboré une alternative théorique tournée vers la découverte d’une émotion intime de l’écrivain. Dans cette recherche, la géographie tient une large place. En retour, certains géographes trouvent dans la littérature une expression concrète de la relation de l’homme à son milieu. Le croisement de ces disciplines aboutit à l’émergence d’une "géographie littéraire".
01:21:02
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Conférence
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Style et colère : juger les formes de vie / Marielle Macé
Macé, Marielle (1973-.... ; philologue et écrivaine),
Laurichesse, Jean-Yves (1956-....)
Dans cette conférence, Marielle Macé tente de comprendre "en littéraire" la revendication qui lui semble être la plus communément la nôtre aujourd'hui : celle qui consiste à réclamer "d'autres manières de vivre", "d'autres formes de vie". Elle propose pour cela de réfléchir aux deux dispositions qui sous-tendent cette revendication, et qui engagent la stylistique : celle qui consiste à regarder la vie comme un engagement de formes (des manières d'être et de faire, des gestes, des rythmes, des modes relationnels...), et celle qui consiste à se risquer à poser sur ces formes un regard critique, à engager son jugement et, souvent, sa colère.
01:04:58
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Conférence
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Les métamorphoses de la fiction / Jacques Rancière
Rancière, Jacques (1940-....)
Suite à la parution de son ouvrage Le fil perdu en 2014, Jacques Rancière offre dans cette conférence « un regard nouveau et lumineux sur la fiction moderne et, en particulier, sur les oeuvres de romanciers et poètes français (Flaubert, Baudelaire...) mais aussi anglais et américains (Conrad, Woolf, Keats, Agee...). En s'attardant moins sur ce que la fiction représente que sur ce qu'elle opère, Jacques Rancière s'intéresse ici à ce moment particulier où la fiction devient à ses yeux "démocratique".
01:01:45
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Conférence
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Dominque Casajus (CNRS. IMAF) : « Titre: Saudade, solitude et mélancolie »
Le maître mot de la poésie touarègue classique est esuf, un terme qui, par certaines de ses acceptions, se rapproche du français "solitude", lequel désigne lui aussi le sentiment du délaissé tout comme les lieux désertés par la fréquentation des hommes. Mais esuf désigne aussi la nostalgie de l'être aimé ou du pays perdu, acception qui lui est propre et qui n’est pas rendue en français par « solitude ». On dit fréquemment, dans la poésie, ou même dans les lettres à des êtres chers : « l’esuf de toi est en moi », c’est-à-dire « tu me manques ». Deux sentiments qui pour nous sont distincts, la souffrance d’être séparé de l’aim, et le serrement de cœur qu’on éprouve lorsqu’on se sent seul, sont donc perçus par les Touaregs comme les modalités d’un même sentiment. C’est une situation à laquelle les ethnologues sont accoutumés. Il
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