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01 - Témoin à charge : quand le cinéma révèle la ville industrielle, ses aventures et mésaventures


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01 - Témoin à charge : quand le cinéma révèle la ville industrielle, ses aventures et mésaventures

Ouverture du colloque et conférence introductive

Témoin à charge : quand le cinéma révèle la ville industrielle, ses aventures et mésaventures

A travers cette conférence inaugurale, il est question de réfléchir sur les notions de ville industrielle, de la manière dont l'usine, le travail et les travailleurs sont présentés dans le cinéma, principalement français.

La notion de ville industrielle apparaît d'abord dans la littérature de la fin du XIXe siècle précédée par la mention des cités ouvrières et des cités industrielles.

La cité ouvrière, d'abord à  la campagne du fait de la présence de main d’œuvre, de matières premières, d'énergies,  devient  industrielle, en ville,  par les transformations apportées par les innovations techniques et l'apparition du chemin de fer.

Parallèlement, le cinéma se développe tout en s'inventant et en captant tout des attitudes et des mœurs des sociétés urbaines et industrielles. Se diffusant rapidement au monde entier et par la fascination qu'il exerce et par le proposition d'un langage partagé à travers le muet, un espace-temps spécifique et des gestes expressifs, le cinéma devient une phénomène universel. Ouvrant ainsi la voie à des représentations sans cesse mises en scène des caractéristiques de la ville en prise avec son évolution dans lesquelles mines, usines et voies ferrées en deviendront les symboles.

La ville change alors en accueillant des ouvriers, en vivant au rythme de la vie des usines générant une modification des temporalités du territoire. Les villes se dessinent, se transforment aussi en lieux de productions industrielles et de création cinématographique:  le parlant succède au muet, la couleur se substitue au noir et blanc, le cinéma quitte les studios pour explorer la ville et ses multiples lieux.

Si la ville est dépeinte, détaillée, décrite de manière concrète et sensible par les auteurs et les poètes, l'apport du cinéma comme support du témoignage de « son temps » va permettre de capter des modes, des attitudes, des formes et un réel mis en récit – mis en scène.

Industrialisation et urbanisation paraissent aujourd'hui inséparables. Mécaniques et mécanismes de la transformation d'une société, elles répondent et expriment toutes deux de la notion de progrès. Opposant la ville au monde rural, le progrès invite à des transformations qui incitent des populations à quitter un milieu – à être déracinées et dé-synchronisées – à transformer des paysans vivant au rythme des saisons et des "traditions" en ouvriers rythmés eux, par le temps des horloges, le temps froid et mécanique du productivisme. Industrialisation, urbanisation et cinéma vont ainsi créer deux figures majeures de l'être social qui perdurent encore aujourd'hui, à l'échelle du globe : le migrant et l'ouvrier.

Le cinéma saisit transformation, vitesse de l'innovation et destin des populations en rupture avec un milieu. A travers les films retraçant les activités ouvrières, les villes « carbonifères », le cinéma montre l'expression et la vie nouvelle du territoire . En en devenant l'expression du progrès, un mécanisme de celui-ci, une industrie à part entière, le cinéma mêle son destin à celui du monde industriel et des villes hallucinées et tentaculaires.

L’aspect inédit de toutes ces images tient à la fois au motif industriel et à l’outil. Les capacités techniques de la caméra permettent aux créateurs d’innover : arrêts sur image, surimpressions, accélérations et ralentis sont déployées dans L’Homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov tandis que photomontages et surimpressions sont couramment expérimentés dans en studio. Les créateurs de l’avant-garde partagent une vision positive de l’outil technique : l’appareil photographique est considéré par les opérateurs de la Nouvelle Vision comme le prolongement du corps, troisième œil capable de figer l’instant et de dévoiler des pans d’une réalité inaccessibles à l’oeil nu ; dans la théorie du « ciné-oeuil », la caméra est également considérée comme un oeil machinique se combinant au regard de l’opérateur. Photographie et cinéma se rejoignent ainsi dans cette conception mécaniste d’un rapport étroit entre l’homme et la machine.

 

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