Canal-U

Mon compte
Université de tous les savoirs

Ethique de l'investigation scientifique sur l'être humain


Copier le code pour partager la vidéo :
<div style="position:relative;padding-bottom:56.25%;padding-top:10px;height:0;overflow:hidden;"><iframe src="https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/embed.1/ethique_de_l_investigation_scientifique_sur_l_etre_humain.899?width=100%&amp;height=100%" style="position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height: 100%;" width="550" height="306" frameborder="0" allowfullscreen scrolling="no"></iframe></div> Si vous souhaitez partager une séquence, indiquez le début de celle-ci , et copiez le code : h m s
Auteur(s) :
FAGOT-LARGEAULT Anne

Producteur Canal-U :
Université de tous les savoirs
Contacter le contributeur
J’aime
Imprimer
partager facebook twitter Google +

Les chapitres


Ethique de l'investigation scientifique sur l'être humain

Conférence du 20 janvier 2000 par Anne Fagot-Largeault.

Au sens large, l'expérimentation humaine est aussi ancienne que la médecine, la pédagogie et la politique : les pédagogues ont toujours innové, et les médecins essayé de nouveaux remèdes. Au sens strict, le passage de l'expérimentation humaine 'empirique' à la 'méthode expérimentale' s'est lentement opéré, en médecine et dans les autres sciences humaines, au cours des deux derniers siècles.

L'exposé vise à montrer les difficultés de cette évolution, les étapes de la définition des règles (méthodologiques et éthiques) d'une investigation scientifique correcte lorsque des êtres humains en sont l'objet, les grands principes moraux qui sous-tendent ces règles, et les limites de l'encadrement actuel des pratiques de recherche.

 

commentaires


Ajouter un commentaire Lire les commentaires
*Les champs suivis d’un astérisque sont obligatoires.

Balthazar 13/06/2016 02h30

L’éthique est difficile à définir. Serait-ce de la Morale ou de la déontologie ? Du Droit naturel ?

En entreprise, l’on aurait tendance à croire que cela relève plutôt de la communication, de l’image.

En effet, ce terme s’emploie autant au niveau micro-économique et professionnel, qu’en matière de bioéthique étatique (Conférence d’Anne FAGOT-LARGEAULT)

Finalement, le plus petit commun dénominateur pourrait être le suivant :
Nous serions en présence d’un cas d’école juridiquement, ce qu’on appelle : d’autolimitation de compétences (administrativement) et qui commande la production d’une Directive. Cette notion n’a que peu à voir avec son homonyme, plus connue, ensuivie de l’adjectif épithète : ‘européenne’.
Ici, il s’agit de parer 2 risques : celui, pour une autorité ayant à décider en opportunité : soit de ne pas épuiser sa compétence, soit de l’outrepasser.
Ainsi, toutes sortes de Comités ou Conseils qui délivrent des autorisations à l’aune de critères qui mélangent la subjectivité à l’objectivité sont obligés d’adopter des genres de lignes ‘directrices’ et de s’y tenir. (L’État de Droit commence lorsque le pouvoir est soumis au Droit, y compris à celui qu’il a lui-même édicté.)
La publication de ces ‘cadres’ décisoires, permet aussi aux candidats, d’adapter leurs postures et leurs postulations pour mieux se conformer aux exigences et augmenter leurs chances d’être sélectionnés. (En même temps, cela permet de préciser la nature de cet objet qu’ils convoitent, et de se projeter, ou de se désister, en cas d’inadéquation entre leurs prétentions (demande) et l’offre. (Par exemple, à propos des procédures discrétionnaires d’admission dans la fonction publique : en soi, les règles qui permettent d’y entrer, en rebuteront certains, quand d’autres en seront enjoués. Notamment, la vocation qui accompagne le serviteur de la nation, et qui justifie qu’il renonce à une partie de son traitement (à diplôme égal), la restriction de l’expression (devoir de réserve), la laïcité, l’emploi à vie, l’inamovibilité, sont des réalités du métier qui appellent et suscitent des modes de sélection. Un fervent croyant et qui ne paraît pas discerner la frontière entre ses convictions et sa vie professionnelle, pourra difficilement candidater avec succès. Une personne ayant le goût du risque, de l’entrepreneuriat, sera trop matérialiste et libérée pour s’épanouir dans un milieu très stable et hiérarchisé, voire sclérosé. Donc, ces conditions préalables sont le reflet de l’Administration dans son essence propre.
Il y aurait d’autres illustrations : les églises, les clubs, ou même pour réclamer une autre nationalité…

Nous déduisons de tout cela que l’Éthique consisterait en l’auto-détermination, des limites de l’action.

(En creux donc, la sanction (légitime) qui fait le départ entre Moral et Droit ne serait pas en cause. Et en regard des 3 cercles sur lesquels on s’appuie d’ordinaire pour représenter : l’économie, le social et l’environnement, et à la jonction desquels se situeraient : le viable, le vivable, l’équitable, et à l’intersection de quoi trônerait au centre : le développement durable, l’éthique git surtout à l’extérieur de ce triptyque. Elle ne serait inféodée à aucun de ces domaines, et cette pluridisciplinarité est un autre aspect définitoire, car elle régit l’ensemble, qui est posé sur la toile de fond qu’elle forme.

L’économie ne comprend que les objets qui sont dans le commerce par détermination de la Loi, mais le choix de ce qui est licite, et d’où découle ce périmètre, cela appartient au giron de l’éthique.
Le social, évidemment lié à l’Humain, au ‘care’, sa traduction juridique est une partie de ce qu’on appelle le Droit positif, de même que pour le précédent, et que pour l’environnement, mais où s’arrêter ?

L’on pourrait objecter qu’au-dessus de la Loi, il existe déjà la Constitution, et que même s’il ne faut pas le dire trop fort, les Cours européennes se sont arrogé une autorité supérieure. Et l’on retomberait sur une acception de l’éthique en tant que philosophie aidant les Parlements à s’ « orienter » (Jacques BOUVERESSE). La Loi peut d’ailleurs être vue comme la création des espaces de liberté en question. Cela dit, il faut en passer par une fiction juridique pour admettre que ce soit la collectivité publique qui adopte les textes en démocratie.

Et puis, poser l’éthique comme précurseur législatif, ce serait soustraire les 3 ensembles, 3 sous-ensembles, et leur conjonction dans le développement durable, à la trame de fond éthique, comme si les 2 étaient exclusifs l’un de l’autre. Alors que l’état du Droit tel qu’il est, ne l’empêche pas de reposer sur ce substrat qui reste prégnant, et susceptible de susciter, n’importe quand, des évolutions. Cette construction géométrique n’est que posée sur l’éthique, et cette dernière continue d’infuser partout ses idées, et de pénétrer le sens commun.

L’on rétorquera cette fois que de Charybde, l’on a viré en Scylla : la Morale…
Mais non, parce que celle-ci ne saurait être la liberté. L’on sait combien le groupe était pesant dans l’antiquité, et qu’ALCIBIADE est le premier à s’être réalisé en tant qu’individu, face et en dépit de l’hostilité du groupe. La Morale rime avec le ‘qu’en dira-t-on’, et chacun sait qu’elle n’est point dénuée de sanction, et que celle-ci prend simplement d’autres voies : comme l’exclusion, le harcèlement, la moquerie ou l’humiliation… On jouxte là tout de même l’éthique, puisque l’appréciation externe des comportements comme la hantise du courroux, peuvent faire germer l’autocensure, et brider la liberté.

À l’instar d’une Société cotée en bourse, qui est contrainte de se plier aux législations en vigueur, mais pas seulement, parce qu’à l’intérieur de ces bornes, elle peut s’astreindre au respect de normes plus rigoureuses. Que ce soit pour éviter les gaspillages, les pollutions ou, last but not least : les jugements de valeurs. Le tout est de savoir si elle le peut ou si elle le doit ?

De même, un Pays peut user souverainement de ses prérogatives en interne pour aller presque aussi loin qu’il le désir, en se signalant par un haut degré de civilité (traitement des inégalités, et suppression des discriminations ou de la peine de mort) ou par un faible niveau d’attention porté au Droits de l’Homme. (C’est sûr que la Chine n’érige pas ceux-ci en priorité absolue, qu’elle cherche d’abord à lutter contre la corruption, et à privilégier la collectivité par rapport à l’individu. (Le débat reste ouvert entre la direction démocratique (qu’honnissaient certains grecs) où le nombre compense la qualité, et direction élitiste (l’aristocratie : gouvernement des meilleurs) quand quelques personnages illustres seulement, décident pour la masse. (Conférence : Expertise et citoyenneté de Pierre BOISTARD).))

Sur la scène internationale, en principe, l’État n’est qu’un acteur, et à ce titre, il devrait être enserré par le corpus international. Le Droit d’ingérence, et le Droit de la guerre sont d’ailleurs, plus que des exceptions à la souveraineté interne, selon nous, davantage des contraintes Internationales, mais dont les effets se manifestent sur des populations, sujettes de Droit, parce qu’in fine, il n’y a que là qu’on puisse frapper les politiques aux mannettes de la personne Morale de Droit publique. (À ceci près que les dictateurs ont de plus en plus à tyranniser avec l’épée de Damoclès de la justice de la CPI au dessus de leur tête). La même chose vaut des blocus. Et l’on pourrait faire un parallèle avec les articles 16’s code civil qui sanctuarisent le corps humain, mais que le Droit pénal demeure habilité à contraindre (partiellement) en cas d’infraction, et de menace pour l’intérêt général.

S’il est une exception, toujours dans ce plan, elle est bien sûr du côté de la force, qui entreprend parfois comme elle le souhaite : unilatéralement.

Or, c’est justement ici que l’éthique devrait primer. Lorsque « le pouvoir n’arrête plus le pouvoir » (MONTESQUIEU à contrario), l’on aurait besoin de KANT : « agit de telle sorte que ta maxime personnelle puisse servir de principe général » qui contient en puissance, l’absence de contrôle de ces actes, par une quelconque altérité.
On le résumera dans cet aphorisme : l’éthique est une contrainte que la liberté s’impose à-elle-même. (Dont nous ne savons pas si elle est une citation, ou réminiscence personnelle…) En revanche, étymologiquement, l’éthique est bien inscrite à la rubrique : « soi » du dictionnaire.

Au vrai, il faudrait même convier John RAWLES, et Jésus CHRIST, pour aller au bout de la logique. Dans le même sens que la doctrine du « Don impossible » (Jacques DERRIDA) l’éthique requerrait, pour être parfaite, que ne s’exerce aucune pression (ni groupale, ni remord, ni fierté). Il serait donc nécessaire de neutraliser des biais tels que les conséquences égoïstes des arbitrages éthiques (J.R.), la satisfaction (J.D.), et jusqu’à la connaissance par « une main, de ce que l’autre donne » (J.C.).

Pour lever ces indéterminations, il existe maintenant des outils, comme nous l’apprennent, la conférence d’Olivier LECLERC (à quoi sert l’expertise), ou celle de Stéphane ROZÈS & Brice TEINTURIER (Sondage et usage des sondages : quel impact). Les procédures, les protocoles (A.F-L.) rétroagissent sur les travaux en les améliorant. La surveillance d’experts dont on sait qu’ils ont des intérêts pécuniaires, mais auxquels on est forcé de recourir, du fait de leur rareté, se fera par d’autres confrères, aux tropismes également connus mais inverses, sur le même modèle que l’évaluation des politiques publiques, que l’information par des journaux orientés, ou sur celui du procès classiquement.

Il s’en infère donc, qu’au-delà de l’existence d’intérêts, c’est l’opacité des partis-pris qui est dangereuse. Et la tendance de nos sociétés est de s’acheminer vers la transparence, (TRIPADVISOR, ALBAN et CAHUC, UBER, etc.) qui confine à une démocratie.2, où les sachant ont reçu, non pas un mandat impératif, (SIEYÈS) mais une délégation de pouvoir, à charge pour le peuple de les révoquer (‘recall’ USA) si l’examen par des experts, et transmis aux citoyens, qui le valident, révèle quelque impéritie.

Mais, là aussi, la citoyenneté utopique rousseauiste qui ferait abstraction des conséquences anticipées par le votant pour son profit, laisse encore un espace à l’éthique, puisque dans l’isoloir, nulle barrière ne vient tempérer ses choix, et qu’il a, en conscience, à se prononcer sur des enjeux qui dépassent ceux de sa personne.
En réalité, cette appréhension prouve une fois de plus, que ce concept mêlé de Droit et de Moral n’a pratiquement aucune place entre ses puissants voisins. Du coup peut-être, il est devenu mobile, car c’est le seul qu’on retrouve partout :
-Aux personnes privées, il apporte l’art de générer des règles de Droit cantonnées à soi, donc singulières, et molles puisque chacun peut en changer (Droit mou).
-Au sein des personnes publiques, il vient rappeler à chaque titulaire en exercice de fonctions : une sorte de Morale sécularisée, afin d’insérer leurs productions dans la conscience qui ne devrait jamais leur faire défaut, que nonobstant la vulnérabilité des contrôles, ils doivent fait honneur à leur charge
.
L’éthique pure, confine à l’absurde, à l’art pour l’art, « parce que c’était lui, parce que c’était elle ». C’est une tautologie, respecter, parce qu’il faut respecter.
On pourrait encore y voir un véhicule, qui permettrait de passer du Droit à la Morale et vice et versa.
 

Dans la même collection

FMSH
 
Facebook Twitter Google+
Mon Compte