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Notice
La musique dans la cité antique d’Argos
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Descriptif
Dans le cadre du séminaire interdisciplinaire de la Maison des Sciences Humaines de Clermont-Ferrand (UAR 3550) « La musique dans la cité », Sylvain Perrot, agrégé de lettres classiques, chargé de recherche au CNRS, directeur de l’unité de recherche ArcHiMèdE (Strasbourg), a donné une conférence sur « La musique dans la cité antique d’Argos » le 9 février 2026.
Selon nos sources, Argos, cité grecque du Nord-Est du Péloponnèse, aurait accueilli la deuxième grande révolution musicale grecque, au début du VIe siècle avant notre ère, sous la conduite du joueur d’aulos Sacadas, qui en était originaire, puis du compositeur Lasos d’Hermionè. Entre le VIe et le IVe siècle se constitue une culture musicale dont nous connaissons en particulier la dimension cultuelle, comme en témoignent les offrandes d’instruments et les quelques descriptions de festivals (Endymatia, Anthesphoria ou encore Hekatomboia). Cette musique se développe sur fond de rivalités avec d’autres cités, notamment Sparte (comme le montre l’épisode de Telesilla) et Sicyone. À partir du dernier tiers du IVe siècle, la cité d’Argos connaît un apogée, y compris sur le plan musical, à en juger par le transfert de la partie musicale des concours néméens et la construction d’un grand théâtre. Même si les bruits de la guerre retentissent aux portes de la cité (sièges de Demetrios Poliorcète et de Pyrrhos), les concours néméens, mais aussi ceux de la cité, les Hēraia, attirent des artistes de tout le monde grec, tandis que des musiciens argiens participent aux autres concours, notamment à Delphes et en Béotie. La domination romaine, effective avec la création de la province d’Achaïe en 146 avant notre ère, ne met pas un terme aux activités musicales, bien au contraire : le concours des Hēraia, devenu le « Bouclier d’Argos » obtient le statut de concours panhellénique ; Argos devient le siège d’une puissante corporation régionale d’artistes de musique et de théâtre ; les palmarès de musiciens montrent à la fois le prestige des concours argiens et la capacité des musiciens argiens à briller ailleurs, y compris dans de nouvelles disciplines, comme Markos Aurelios Ptolemaios. Ce panorama chronologique s’attachera à montrer certes la place de la musique dans la vie de la cité, mais aussi les enjeux politiques de la musique à une échelle locale, régionale et panhellénique.
Le séminaire « La musique dans la cité » est placé sous la responsabilité scientifique d’Anne Rouhette (CELIS) et de Benjamin Lassauzet (CHEC).
Cette conférence est organisée avec le soutien de la fondation de l’Université Clermont Auvergne.
Intervention / Responsable scientifique
Thème
Documentation
Biographie résumée de Sylvain Perrot
Sylvain Perrot, ancien élève de l’École Normale Supérieure de Paris, agrégé de lettres classiques et ancien membre scientifique de l’École française d’Athènes, est chargé de recherche au CNRS (UMR 7044 ArcHiMèdE) depuis 2018 et directeur de l’unité de recherche ArcHiMèdE (Archéologie et Histoire ancienne : Méditerranée – Europe) depuis janvier 2024, après avoir été directeur adjoint de la Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme – Alsace (2020-2023). Son domaine de spécialité est la musique, et plus généralement le paysage sonore, du monde grec antique, dans une approche à la fois philologique et archéologique. Il travaille également sur la réception de la musique grecque antique depuis le Moyen Âge jusqu’à aujourd’hui.
Il travaille actuellement à une nouvelle édition avec traduction et commentaire des textes de théorie musicale d’Aristoxène de Tarente pour la CUF. Avec S. Emerit (CNRS, UMR HiSoMA) et A. Vincent (Université de Lyon 2), il dirige depuis 2012 un programme de recherche sur les paysages sonores dans l’Antiquité (Le paysage sonore de l’Antiquité. Méthodologie, historiographie et perspectives, 2015 ; Musiques ! Échos de l’Antiquité, 2017 [catalogue d’exposition] ; De la cacophonie à la musique. La leixographie des sons dans l’Antiquité, 2022), dont le principal projet actuel est une base de données des vestiges d’instruments sonores (RIMAnt - Repertorium Instrumentorum Musicorum ANTiquorum).
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