Conférence
Notice
Lieu de réalisation
Site Pouchet du CNRS
Langue :
Français
Crédits
Simon Apartis (Organisation de l'évènement), Thomas Guiffard (Réalisation), Simon Apartis (Intervention)
DOI : 10.60527/eenq-8w75
Citer cette ressource :
Simon Apartis. CNRS_Pouchet. (2026, 25 juin). Qu’est-ce que se demander ce qu’est une donnée? Perspectives sociologiques et philosophiques , in Séminaire les données de la recherche comme instrument de (dé)légitimation des SHS. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/eenq-8w75. (Consultée le 3 novembre 2026)

Qu’est-ce que se demander ce qu’est une donnée? Perspectives sociologiques et philosophiques

Réalisation : 25 juin 2026 - Mise en ligne : 28 août 2026
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Descriptif

« Qu'est-ce qu'une donnée? Une donnée c'est... ». Les affirmation d'essence sont redoutables. La plupart du temps invisibles, elle surgissent une fois franchi un point de rupture élastique : lorsqu'une notion qui permettait jusque là d'agir sans trop se poser de questions ne fonctionne plus. Elles sont parfois des « maladies philosophiques », selon le mot de Wittgenstein, reposant sur l'illusion que la solidité des concepts tiendrait à ce qu'« une certaine fibre court sur toute sa longueur », alors qu'elle tient à ses usages, c'est à dire au fait « que de nombreuses fibres se chevauchent ». Enfin, elles sont parallèlement des arguments, c'est-à-dire des expressions logiques et des efforts, c'est-à-dire des expressions matérielles, dans un espace concurrentiel pour le pouvoir nomothétique, c'est-à-dire le pouvoir « de dire ce qui est, ou mieux, ce qu’il en est de ce qui est ».
Pour théâtraliser, on pourrait dire que l'aprioriste demande : « qu'est-ce qu'une donnée en soi? », et l'empiriste : « qu'est-ce qu'une donnée pour vous? ». Les deux postures ont leur vertus. La première arrête un sens du terme transcendant à ses usages. Inclut, exclut, arbitre. Mais elle s'arroge aussi le monopole du jugement, et se montre vulnérable à toute déstabilisation par un cas-limite. La seconde pose un sens immanent aux usages, respecte le sens commun, enregistre le divers. Mais elle court le risque de la dilution sémantique. Car d'une part, « si tout est donnée, rien n'est donnée », et d'autre part, ce qui est donnée pour untel l'est peut être en fonction de certains critères aprioristes laissés implicites.
J'aimerais donc donner ici quelques pistes pour essayer de voir comment et sous quelles conditions il est possible de monter en généralité, dans le cadre du projet ParédoSHS, à partir de la matière constituée à la fois par la revue de littérature et les entretiens semi-directifs. Je propose notamment d'expliciter la solution que nous développons au sein du projet, à savoir que la donnée est avant tout un « mode de prise », caractérisé par une combinaison de facettes : (1) matérialité du support de la donnée, (2) origine de production de la donnée, (3) forme sémiotique de la donnée, (4) gestes accomplis avec la donnée, et (5) gestes accomplis sur la donnée.

Intervention / Responsable scientifique

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