Entretien
Notice
Lieu de réalisation
FMSH
Langue :
Français
Crédits
fmsh (Réalisation), Hugo Vermeren (Intervention)
Détenteur des droits
©FMSH
Conditions d'utilisation
Droit commun de la propriété intellectuelle
DOI : 10.60527/n93p-6k04
Citer cette ressource :
Hugo Vermeren. FMSH. (2025, 9 avril). ECOHISMA Eco-histoire de la conservation marine au Maghreb : discours, pratiques et savoirs, XIXe-XXIe siècle , in voix lauréates. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/n93p-6k04. (Consultée le 29 août 2025)
Retranscription

Le réseau EcoHisMa est né de la volonté de chercheurs en sciences humaines et sociales et de chercheurs en sciences de la mer de travailler ensemble.Chacun d’entre nous sait qu’il est impossible de comprendre la complexité des écosystèmes marins et des défis environnementaux actuels sans mettre en commun nos compétences, nos savoirs, nos moyens.Ainsi nous nous sommes fixés trois objectifs :Rappeler d’abord à tout à chacun que les rapports que nous entretenons avec les environnements marins ont une histoire, et donc encourager la recherche à prendre en considération le passé de ces milieux naturels, de ceux qui y vivent et de ceux qui en vivent, en prenant en compte les acteurs humains et non-humains. . D’où le titre « Eco-Histoire ».Mutualiser ensuite les connaissances et les pratiques de recherche sur les manières d’étudier, de préserver et de conserver les ressources marines. Les données et les méthodes d’enquête que nous utilisons au quotidien dans notre travail sont très différentes selon que l’on est historien, anthropologue, biologiste ou encore écologue.Enfin, former les jeunes chercheurs des deux rives de la Méditerranée à la pratique de l’interdisciplinarité en organisant des écoles d’été, des sorties sur le terrain, des rencontres avec les professionnels de la pêche et les gestionnaires. On oublie souvent que les ressources marines, à l’instar des épices et des esclaves, ont été des supports de la première mondialisation. C’est le cas de la Morue, de la baleine mais aussi du corail rouge exploité pendant des siècles par les Européens en Algérie et en Tunisie.Les ressources des mers et des océans ont ainsi joué un rôle moteur dans les conquêtes coloniales et la construction des empires européens.Dans les pays du Maghreb, la colonisation a laissé des traces durables sur la manière d’exploiter la mer, de compter les poissons et les coraux, d’organiser les activités de pêche et de pisciculture. Les Européens ont importé avec eux un ensemble de techniques, de normes juridiques et scientifiques, mais aussi de représentations de la nature. Elles étaient souvent inadaptées aux réalités et aux écosystèmes locaux.Les archives, comme les collections des Musées d’histoire naturelle témoignent de cet héritage colonial. Elles permettent aussi de tracer les généalogies des déséquilibres actuels entre Nord et Sud dans l’accès aux territoires et aux ressources de la mer. Beaucoup de ces traces de ce passé commun doivent pour partie encore être localisées et explicitées, et c’est aussi ça l’un des enjeux du réseau EcoHisMa. Au moment des indépendances, les nouveaux États ont dû faire face à de nombreux bouleversements. Ils se sont organisés tant bien que mal pour affronter les grands défis de la seconde moitié du 20e siècle que sont le changement climatique, l’anthropisation des littoraux, la dégradation des environnements marins, l’industrialisation des pêches…Les États du Maghreb s’affranchissent des tutelles internationales en finançant leurs propres programmes, en formant leurs propres experts et en réaffirmant leur souveraineté sur leurs espaces et leurs ressources maritimes.Tout cela permet aujourd’hui d’envisager des rapports à parts égales qui sont garants d’échanges scientifiques de qualité, et ce malgré les contentieux entre nos gouvernements.

ECOHISMA Eco-histoire de la conservation marine au Maghreb : discours, pratiques et savoirs, XIXe-XXIe siècle

Réalisation : 9 avril 2025 - Mise en ligne : 12 juin 2025
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Descriptif

Projet lauréat 2024 de l'appel "Réseaux internationaux en SHS - Climat et Environnement" : Le réseau ECOHISMA « Eco-histoire de la conservation marine au Maghreb » a pour objectif de développer une réflexion commune et interdisciplinaire sur les discours, les pratiques et les savoirs autour desquels ont été élaborées les dispositifs de gestion des ressources de la mer au Maghreb depuis le milieu du XIXe siècle à aujourd’hui. Ce projet de réseau s’appuie sur une équipe de chercheurs européens et nord-africains, dont les travaux se situent à l’intersection de champs disciplinaires relevant des SHS et des sciences de la mer. Planifiées sur deux années (2025-2026), les activités du réseau ECOHISMA visent à la mutualisation de données de recherche et de méthodologies d’enquête, à la diffusion des travaux de ses membres auprès des communautés de chercheurs et du grand public, et à la formation de jeunes chercheurs des rives Nord et Sud de la Méditerranée.

Hugo Vermeren est chargé de recherche au CNRS (UMR 7303 TELEMMe), spécialiste du Maghreb contemporain et de l’histoire environnementale de la colonisation. Il a notamment publié le livre Les Italiens à Bône (1865-1940). Migrations méditerranéennes et colonisation de peuplement en Algérie (2017). Coordinateur du programme « Gouverner les îles » hébergé par l’Ecole Française de Rome et membre du programme Back3M consacré à l’histoire des colonies de phoques moines dans l’espace Pelagos, il s’intéresse en particulier au rôle des activités de pêche dans les processus de territorialisation des espaces lagunaires et insulaires, aux politiques coloniales de gestion halieutique, ainsi qu’à la production historique des normes et des savoirs sur la mer.

Tarik Ghodbani est professeur de géographie environnementale à l’Université Oran 2 Mohamed Ben Ahmed. Docteur de l’Université de Paris 8, il a soutenu en 2013 une thèse intitulée Environnement et littoralisation de l’Ouest algérien. Il a depuis participé à plusieurs programmes internationaux (Fulbright, DAAD, Chevening) et dirigé le laboratoire de recherche Espace Géographique Et Aménagement du Territoire (EGEAT) de 2016 à 2023. Auteur de nombreux travaux sur les politiques écologiques territoriales, il mène actuellement ses recherches sur les zones humides à l’échelle de l’Algérie et du Maghreb, en portant une attention particulière dans le domaine de la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique et la santé des citoyens.

Intervention

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