Entretien

Entretien avec Rubén Imaz Castro (Rencontres 2007)

Réalisation : 22 mars 2007 Mise en ligne : 22 mars 2007
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Descriptif

Rubén Imaz Castro, jeune cinéaste mexicain, a choisi le thème de la famille comme le centre intime où la société de son pays se sent protégée par sa carapace, dans une classe sociale intermédiaire qui fait lien entre les plus pauvres, en déréliction, et les plus riches, isolés dans leurs forteresses. Il se situe dans les cinéastes indépendants, libre des influences hollywoodiennes.

Générique Interview : Odile BOUCHET Transcription/traduction : Bénédicte MOUY, Christelle MORA, Cécile PEREZ Production et moyens techniques : CAM / Université de Toulouse-Le Mirail.

Chapitres
    Thèmes
    Notice
    Langue :
    Espagnol, castillan
    Crédits
    Université Toulouse II-Le Mirail SCPAM (Publication), Université Toulouse II-Le Mirail (Production), Samir BOUHARAOUA (Réalisation), L'Université Numérique des Humanités (Production)
    Conditions d'utilisation
    Tous droits réservés à l'Université Toulouse II-Le Mirail et aux auteurs.
    Citer cette ressource:
    UT2J. (2007, 22 mars). Entretien avec Rubén Imaz Castro (Rencontres 2007). [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/33291. (Consultée le 28 juin 2022)
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    Documentation

    Odile Bouchet : Bonjour Rubén Imaz Castro. Tu es venu ici avec le film Famille Tortue. Alors, nous allons peut-être commencer par parler de la famille. Qu’est ce qui t’a amené à choisir ce thème ?

    Rubén Imaz Castro : Eh bien, avant tout… La cellule familiale est très importante dans une société telle que la société mexicaine où les groupes sociaux sont corrompus : les groupes politiques; les groupes religieux; les syndicats, tout…c’est en ce sens que la société est très corrompue. Et justement, la famille est le seul endroit libre de cette corruption, le seul lieu où l’on peut trouver un groupe plus vrai. C’est en ce sens que la famille est importante au Mexique.

    O.B. : Oui, mais tu nous montres une drôle de famille tout de même, elle n’est pas très…On va dire qu’elle ne rentre pas très bien dans les cases habituelles, non ?

    R.IC. : Oui, avant tout… je pense très souvent qu’au Mexique il n’y a pas seulement… On parle toujours des trois grandes couches sociales : la classe dominante, la classe moyenne et la classe populaire. Et je suis tout à fait convaincu du fait qu’au Mexique, il y a une vingtaine de classes sociales. De très grandes différences existent entre elles, on ne peut pas dire qu’il n’y en a que deux parce que c’est au milieu que l’éventail est le plus ouvert. Ce qui m’a intéressé, c’est de parler en particulier d’une classe qui, d’après moi, disparaît…est en train de disparaître car tout se polarise toujours davantage, la répartition et la justice sociale se…ça ne profite justement pas aux familles ou aux personnes qui peuvent être considérées comme appartenant à la classe moyenne ou étant dans l’éventail de celle-ci. Cela m’intéressait beaucoup d’aborder ce thème parce que c’est une classe sans voix. Elle est si petite qu’elle ne peut pas s’exprimer. Personne n’en parle. Pourtant, il me semble que c’est une classe importante de la société, c’est elle qui peut faire le lien entre toutes les autres. D’autre part, c’est….il fallait aussi se concentrer sur les conflits d’une famille en particulier…je n’avais pas du tout la prétention de parler en général de ce thème pour aider à comprendre le fonctionnement des familles mexicaines car c’était beaucoup trop large. Il fallait toujours se focaliser de plus en plus sur un personnage, se concentrer sur les conflits et donc sur l’histoire de cette famille. Ces conflits sont particuliers, ils ont différentes origines mais viennent aussi de mes besoins personnels quand je parle de famille, ce dont j’ai déjà parlé. J’éprouvais aussi le besoin de parler des problèmes de l’adolescence, peut être parce que je ressens qu’à mon âge ce sont des problèmes que je connais mieux ou que je comprends mieux. Je voulais aussi parler de l’absence d’une personne indispensable au sein de la cellule familiale. Bien sûr, c’était en rapport avec une volonté personnelle très forte puisque j’ai aussi perdu quelqu’un de très proche. Ce sentiment d’absence, de vide provoqué par la perte de l’axe. La femme est toujours le pivot de la famille au Mexique. Dans n’importe quelle famille mexicaine, c’est la femme qui gère. Et je voulais aussi parler un peu de tout, un peu de la problématique des personnes sans emploi, des professionnels de quarante ans qui ont perdu leur emploi et qui font face à de plus en plus de difficultés. Le chômage est très élevé pour les jeunes mais aussi pour les personnes plus âgées. Je voulais aborder et traiter un peu chacun de ces thèmes.

    O.B. : Oui, et je suis assez intéressée par ce thème de…tu as parlé de l’absence de la mère pourtant, les hommes sont majoritairement présents : il n’y a qu’une seule jeune fille et trois hommes. Et il semble que ces hommes sont complètement désorientés une fois qu’ils ont perdu leur axe, l’élément féminin, non ? Et donc quelle approche nous donnes-tu du célèbre machisme mexicain ? Parce que….

    R.I.C : Eh bien c’est… Ça reste la plus grande et belle contradiction que l’on puisse trouver chez le machiste mexicain. En réalité, c’est une insécurité parce qu’en réalité, c’est nécessaire. La relation maternelle, la relation d’amour, qu’elle soit fraternelle ou filiale, quelle qu’elle soit…. Cependant, toujours par rapport à cette insécurité, il me semble que l’image est faussée selon la façon dont ils se comportent avec une femme et la valeur réelle qu’ils lui accordent. Au Mexique, en vérité… cette société machiste mexicaine, mondialement connue, très célèbre, est en vérité un matriarcat dissimulé.

    O.B : Oui, c’est un matriarcat dissimulé. Pourtant, un homme assume les fonctions féminines, c’est l’oncle. C’est lui qui assume le rôle de la mère. Et le père continue à se comporter comme un machiste dans les règles de l’art, et le fils est complètement perdu alors que c’est justement le moment où il définit sa sexualité. Et donc…eh bien…On pourrait dire que ce portrait de la masculinité est assez tragique. Je ne sais pas , qu’est ce que tu en penses ?

    R.I.C. : Eh bien, d’un côté oui. Je crois que c’est également encourageant. Il était temps de... pouvoir révéler la dualité de la situation, parce que c’est peut-être… Par exemple, le jeune garçon, véritablement, dès qu’il trouvera quelque chose, parce qu’il n’a personne avec qui communiquer, petit à petit il pourra trouver des solutions et il … Oui, le film est décourageant mais j’ai toujours cru qu’il s’agit d’une seule journée et qu’un autre jour les personnages rempliraient mieux leur rôle ; le père se civiliserait davantage et occuperait mieux la place laissée par la mère, et qui devrait être son lot en tant que chef de famille. Et l’oncle devient justement une figure désespérante à cause de sa grande bonté, de son dévouement absolu au foyer et du peu de reconnaissance qu’il reçoit. Mais c’est un peu une manière de représenter ce qui se passe dans bien des… par exemple quand tu penses à une pauvre femme qui s’occupe de sa famille et n’a rien en retour. Néanmoins, il arrive parfois dans la vie que cette récompense, si petite soit elle, représente beaucoup, parce que c’est ainsi que nous fonctionnons , non ? La plupart du temps, nous ne sommes pas satisfaits, et ce sont les petites choses, parfois une petite récompense suffit à nous rendre plus heureux.

    O.B. : Et les tortues ?

    R.I.C. : Les tortues sont le fruit d’une coïncidence. L’oncle, qui d’ailleurs joue son propre rôle, possède vraiment des tortues.

    O.B. : C’est ton oncle ?

    R.I.C. : C’est mon oncle, oui. Je le connais, il me connaît et ces tortues ont vingt-deux… vingt ans, ça fait vingt ans qu’il les a. Lorsque j’ai vu que les tortues allaient également incarner un personnage, j’ai également compris que la maison elle-même représentait une sorte de carapace de tortue et que chaque personnage en lui-même possédait aussi une carapace sentimentale dans laquelle il se cachait et ne laissait personne y pénétrer. Mais... Le but c’était que si nous pouvions y accéder... Ils sont toujours seuls dans leur chambre, ils y sont isolés, comme s’ils étaient caparaçonnés. Il leur faut aller de l’avant indépendamment du fait qu’ils se trouvent dans une période difficile, mais lentement les jours passent parce que…j’aime cette idée de la tortue avec… Elle donne le rythme, les choses suivent leur cours, on a beau avoir l’impression que ça n’avance pas, ça avance toujours.

    Odile Bouchet : Bon, nous allons changer un peu de sujet et peut-être parler du cinéma mexicain qui est en plein essor, je crois. De nombreux noms franchissent les frontières à toute vitesse ; celui González Iñárritu et de… Comment s’appelle celui qui a réalisé Japón ?

    Rubén Imaz Castro : Reygadas.

    O.B. : Carlos Reygadas. Bref, ce sont des personnes de grande envergure. Et toi, en tant que jeune cinéaste, où est-ce que tu te situes par rapport à ce mouvement ascendant du cinéma mexicain en ce moment ?

    R.I.C. : C’est un sujet dont on parle en ce moment au Mexique. Il existe plusieurs théories. Personnellement, je suis plutôt partisan de celle selon laquelle le talent a toujours existé, évidemment. Il y a toujours eu des jeunes qui pouvaient exprimer ce talent et qui... Je crois que plus qu’un essor, c’est un moment où l’on cache… ou prétend que rien… que ce talent n’existait pas, que le cinéma mexicain était en crise, c’était un peu contradictoire. Parce qu’il y a toujours beaucoup de personnes qui veulent faire du cinéma au Mexique, beaucoup de jeunes se lancent. Je crois qu’aujourd’hui ils sont tellement nombreux que c’est plus qu’un “boum”, c’est clair, on peut parler d’un essor spécifique. Par conséquent, dans cinq à dix ans, l’industrie sera un peu plus solide au Mexique pour que les jeunes aient la possibilité de débuter plus tôt. Mais c’est encore trompeur.

    Cette ascension représente plutôt un fait, on n’avait plus à dire que sortir du pays n’était plus la règle. Les exemples d’Iñárritu, de Guillermo del Toro, de Cuarón qui sont…justement c’est parce qu’ils ont dû quitter le Mexique et, ils sont justement… en définitive, ils font des films qui ne sont pas mexicains, même si ce sont de bons films, bien sûr. On peut quand même parler du triomphe du cinéma mexicain en un sens car, sur le plan cinématographique, ils se sont formés au Mexique. Néanmoins, l’essor du cinéma en général est encore un leurre car il ne s’agit que d’exemples isolés. L’exemple de Reygadas est peut-être le plus proche pour parler de l’essor du cinéma national. J’en discutais l’autre jour avec quelques personnes, au Mexique, le mécénat du cinéma a toujours existé, par le biais d’IMCINE, l’Institut mexicain du cinéma, et parfois par Hollywood qui en appelait certains pour… jusqu’à Reygadas, selon moi, porté par Ripstein, lequel est une sorte de cas à part. C’est comme ces cinéastes qui ne suivent pas le courant du cinéma mexicain mais qui ont toujours été très forts, non ?

    Cependant, je crois que Reygadas a entrouvert les portes de l’Europe. Je crois que là est le renouveau, il nous a donné un tuyau, comme on dit, sur le fait que ce public européen existe, et qu’il peut être intéressé par d’autres genres de thématiques. Je crois qu’il a un peu ouvert la voie pour qu’on commence à se faire connaître et pourvu que, comme tu dis, ce soit un vrai essor.

    O.B. : Nous, ici à Toulouse, nous avons toujours montré du cinéma mexicain, ce qui fait que pour nous, ça ne change que le fait que les films se passent de nous, justement, ils se passent du festival, ils vont au-delà. Toi, tu es passé par Cinéma en Construction, maintenant tu es là et tout à coup, une autre voie s’offre à toi. Car cette voie existe mais, c’est comme si pendant quelques années, cette voie était restée close. C’est ce dont je voulais te parler, et non du fait qu’il n’y aurait pas de cinéastes au Mexique car ça nous, ici, nous savons très bien que ce n’est pas le cas.

    R.I.C. : Oui, c’est dû à tout un tas de choses et aussi au fait que le pays change. Il y a également de nouveaux outils pour faire du cinéma, des outils qui sont aussi plus accessibles. Je voudrais croire que, dans quelques années, les jeunes pourront se lancer, chose qui était très rare au Mexique, car par le passé, il n’était pas possible de débuter, je ne sais pas, avant d’avoir trente-cinq, quarante ans, mais le plus souvent, les débuts se faisaient vers quarante ans. Je pense que ces nouvelles générations vont émerger, et il s’agit de montrer une réalité complexe comme celle du Mexique. Il est assez intéressant de voir différentes visions, de voir les films de Monterrey, je suppose que tu sais que ce sont toujours les films du District Fédéral (la capitale) qui sont projetés encore et encore…

    O.B. : Bien entendu.

    R.I.C. : Aujourd’hui, on commence à voir des films de la province, ce qui est très intéressant.

    O.B. : La province intérieure, le sud…

    R.I.C. : Oui.

    O.B. : L’année dernière, nous avons diffusé du cinéma indigène, Chiapanèque, des gens de diverses régions du Mexique.

    R.I.C. : Oui, cela se développe un peu…

    O.B. : Les documentaires aussi.

    R.I.C. : Les documentaires.

    O.B. : D’excellents documentaires.

    Bon, je crois que maintenant, je vais te remercier pour avoir participé et voilà, bonne continuation, à bientôt.

    R.I.C. : À bientôt. Merci

    O.B. : Merci à toi.

    ,

    Odile Bouchet: Buenos días Rubén Imaz Castro. Viniste aquí con una película Familia Tortuga. Entonces, tal vez vamos a empezar hablar de familia. ¿Qué te llamó la atención en ese tema?

    Rubén Imaz Castro: Pues, primero que nada… Es que la familia es un centro muy importante en una sociedad como la mexicana donde las agrupaciones sociales están corrompidas: políticas, religiosas, sindicales, todo…la sociedad está muy corrompida en este sentido. Justamente los únicos lugares, a veces puros, el único centro donde puedes encontrar a una agrupación más real es en la familia. Es importante en México la familia en ese sentido.

    O.B.: Sí, pero la familia que nos muestras es un poco singular y no es muy… Digamos no entra muy bien en las gavetas normales, ¿no?

    R.I.C.: Sí, primero que nada… pienso muchas veces que en México no existen sólo... Se habla siempre de tres clases sociales: la alta, la media y la baja. Y yo estoy muy convencido que en México tenemos como unas veinte. Hay diferencias muy grandes entre cada una, que no puedes decir que sólo hay esas dos porque en medio hay un abanico más grande. Me interesó a mí particularmente hablar de una, que a mi parecer se desvanece... se está desvaneciendo puesto que se está polarizando cada vez más, la repartición y la justicia social se… no está llegando justamente a las familias o las personas que pueden considerarse de clase media o entre el abanico de clase media. Mi interesaba mucho tocar ese tema porque es una clase que no tiene voz al ser también pequeña no tiene voz. Nadie habla de ella y sin embargo me parece que es una clase importante en la sociedad, porque es la que puede hacer una mediación de las clases sociales. Y por otro lado pues es… había también que particularizar los conflictos de una familia… no tenía ninguna pretención de hablar en general del tema para explicar las familias en México que el tema era más vasto. Siempre había que ir particularizando, particularizando un personaje, focalizando conflictos y, pues la historia de esta familia, estos conflictos son particulares, vienen de muchos lados y vienen de una necesidad mía, la que estábamos hablando, hablando de familia. Y viene de una necesidad mía también de hablar de problemas adolescentes, porque tal vez siento que a mi edad son problemas que puedo conocer más o entender más. Y hablar de la ausencia de una persona importante dentro de la familia de nuevo. Que también tenía que ver con un sentimiento personal que tenía yo muy fuerte de haber perdido también a alguien muy cercano. Ese sentimiento de ausencia y de vacío de lo que es el eje. La mujer siempre es el eje en México. En una familia, es la mujer. Y bueno hablar un poco también de todo, un poco de la problemática de la gente hoy que no tiene empleo, de personas de 40 años que eran profesionistas que cada vez está siendo más difícil. Para los jóvenes pero también para personas mayores, el desempleo está muy elevado. Tratar y tocar todos estos temas un poco.

    O.B.: Sí, y me interesa un poco el tema este que… dijiste la ausencia de la mujer, porque son hombres mayormente ya que hay una sola joven y tres hombres, o sea que parece que esos tres hombres están totalmente desubicados cuando les falta el eje central, ese eje feminino, ¿no? Entonces bueno, qué visión nos das del famoso machismo mexicano ahí? Porque bueno…

    R.I.C.: Eso es la... Siempre es la más grande y hermosa contradicción que se puede encontrar en el macho mexicano. Que en realidad es una inseguridad porque en realidad, ese, eso es necesario: el contacto materno y el contacto amoroso, ya sea fraternal o de padres a hija, o el que sea… Sin embargo, siempre la misma inseguridad, me parece a mí que los hacen ser engañosos respecto a cómo se comportan con una mujer o respecto a dónde está el valor real. En México, en realidad... esta sociedad machista mexicana, que se conoce mundialmente y es famosa. En realidad también es un matriarcado escondido.

    O.B.: Sí, un matriarcado escondido, pero el que asume los roles femeninos es un hombre que es el tío, que asume el rol de la mamá. Y el padre se sigue comportando como un buen machote tradicional. Y el hijo ni sabe dónde está ubicado, o sea, está justamente en el momento en que se le va a definir la sexualidad. Entonces bueno… o sea... Digamos que esa pintura de la masculinidad a mí me parece trágica, no sé ¿qué tú piensas?

    R.I.C.: Pues por un lado, también es esperanzadora, creo. Era un poco hora de... poder poner las dos caras de la moneda porque tal vez es... el chico por ejemplo, realmente, en cuanto se encuentre algo, en ese no tener con quien communicarse, lentamente puede encontrar algo y el… Sí es desesperanzadora la película pero siempre he creído que es un día más también que tal vez al día siguiente jueguen un poco más los roles. El padre se encivilice más y tome más ese lado que dejó la madre, que le puede tocar a él como mentor de la familia. Y el tío se vuelve una figura justamente desesperanzadora por su bondad total que tiene, su dedicación total que quiere darle a la casa y la poca retribución que se le da. Pero, es un poco representar también lo que pasa en mucha… lo que tu pensarías que pasa con esa pobre mujer que cuida a esta familia y nadie le está retribuyendo nada. Sin embargo, seguramente hay días en la vida en que esa retribución por muy pequeña que sea es cuando llena, porque así es como funcionamos, ¿no? La mayoría de las veces, no estamos satisfechos y son las pequeñas cosas a veces una pequeña retribución que puede, que puede alegrarnos más.

    O.B.: Y ¿las tortugas?

    R.I.C.: Las tortugas llegaron por una coincidencia, el personaje del tío que básicamente se interpreta él mismo, él tiene tortugas en la vida real.

    O.B.: Y ¿es tío tuyo ?

    R.I.C.: Es tío mío, sí. Lo conozco, me conoce y son tortugas de veintidós... de veinte años, que tienen con él veinte años. En el momento en que comprendí que las tortugas iban a ser un personaje también, comprendí que la casa en sí era una especie de caparazón de tortuga y cada uno de los personajes en sí tenía una especie de caparazón sentimental donde se escondían hacia dentro y donde no permiten que los demás vean pero...
    Y es la intención que si nosotros pudiéramos acceder... En sus cuartos siempre están solos, cuando están en sus cuartos están aislados, es como un encaparazonamiento. Y este tener que seguir avanzando independientemente de que se encuentran en un momento crítico, pero lentamente siguen viniendo los días porque… Me gusta la idea de la tortuga con... Tiene que ver mucho con el tiempo y las cosas que siguen por más que parezca que no está avanzando, siempre hay avance.

    Odile Bouchet.: Bueno, vamos a cambiar de tema un poco y pasar al tema tal vez del cine mexicano que está en un momento de repunte creo, con nombres que están cruzando fronteras a toda velocidad, ¿no? El de González Iñárritu y el de… ¿Cómo se llama el que hizo Japón?

    Rubén Imaz Castro: Reygadas.

    O.B.: Carlos Reygadas. En fin, gente de gran dimensión. Y tú, como cineasta joven, ¿cómo te sientes dentro de ese movimiento ascendente del cine mexicano en este momento?

    R.I.C.: Es un tema que está justo en México, platicándose. Hay como varias versiones, yo particularmente me acerco más a la versión de que siempre ha existido talento, obviamente. Siempre han existido jóvenes que podían expresar ese talento y que... creo que más que un repunte, es cuando esconder… o pretender que nunca... que ese talento no existía, que el cine mexicano estaba en una crisis, era un poco contradictorio, porque, hay mucha gente que quiere hacer cine todo el tiempo en México, que lo empiezan jóvenes y creo que lo que está pasando es que se llenó el vaso, entonces saliendo más que un « bum » claro, un repunte específico que se diga, esto va a hacer que en unos cinco diez años haya una industria poco más sólida en México, donde jóvenes puedan debutar más temprano y eso, todavía es engañoso. Este repunte es más bien eso es que ya no había cómo poder decir que no tenía que salir porque, el ejemplo de Iñárritu, de Guillermo del Toro, de Cuarón, que están... justamente es porque tuvieron que salir de México, y justamente están... y definitivamente están haciendo películas no mexicanas, que tienen, claro tienen lo suyo. Sí, uno puede decir que es un triunfo del cine mexicano en cierto aspecto porque se formaron cinematográficamente en México. Sin embargo el repunte como del cine en general, es todavía engañoso porque son ejemplos particulares. Tal vez el ejemplo de Reygadas es tal vez el más cercano para hablar del repunte interno. Yo platicaba, el otro día con algunas personas, en México siempre existió el mecenas del cine que era el IMCINE, el Instituto Mexicano del Cine, y de vez en cuando, Hollywood, que llamaba algunos para… Hasta que, me parece que a Reygadas, bueno, Ripstein lo llevó pero Ripstein es como un caso aparte. Es como estos cineastas que no se mueven con toda la corriente del cine mexicano sino que siempre fueron muy fuertes, ¿no?

    Pero Reygadas abrió un poco las puertas con Europa creo. Creo que es el nuevo, o sea que nos ha caído el veinte, como decimos, de que también existe esa audiencia europea, que también puede estar interesada en otro tipo de temáticas. Y creo que ha abierto un poco las puertas para que empiecen a, eso, a darse a conocer y ojalá y, como dice, sí sea realmente un repunte.

    O.B.: Nosotros, aquí en Toulouse, hemos mostrado siempre cine mexicano o sea que eso para nosotros no es, sino que las películas pasan de nosotros, justamente, pasan del festival, pasan más allá de nosotros. Y tú pasaste por cine en construcción, ahora estás aquí y de repente, se te abre otra vía, porque la vía existe y durante unos años como que esa vía se había cerrado. De eso te quise hablar no de que México no tuviera cineastas porque eso nosotros aquí lo sabemos muy bien.

    R.I.C.: Sí, tiene que ver, pues con muchas cosas, también el país está cambiando, también hay nuevas herramientas para hacer cine que también son más accesibles. Yo quisiera también pensar que en pocos años van a estar debutando jóvenes, cosa que en México era muy, muy raro, porque había que debutar después de, no sé, los treinta y cinco, cuarenta años. Pero lo más frecuente era los cuarenta años de debut, y creo que van a venir esas nuevas generaciones y se trata de enseñar una realidad compleja como es México. Y es bien interesante que se puedan ver diferentes visiones y empezar a ver películas de Monterrey, supongo que tú que sabes, siempre te llegaban películas del distrito federal, siempre, siempre…

    O.B.: Por supuesto.

    R.I.C.: Ahora empiezan a ver películas, en provincia, eso está muy interesante.

    O.B.: Provincia o sea del interior, del sur…

    R.I.C.: Sí

    O.B.: El año pasado pasamos cine indígena, Chiapaneco, gente de muchas partes de México.

    R.I.C.: Sí, está creciendo un poco eso…

    O.B.: El cine documental también.

    R.I.C.: El documental

    O.B.: Excelentes documentales

    O.B.: Bueno, creo que ahora te voy a agradecer mucho haber participado y bueno, que esté todo bien, hasta luego.

    R.I.C.: Hasta luego. Gracias.

    O.B.: Gracias a ti.

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