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Les médias reflètent-ils l'opinion publique ?- Yves Michaud


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Auteur(s) :
MICHAUD Yves

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Les médias reflètent-ils l'opinion publique ?- Yves Michaud

Les médias reflètent-ils l'opinion publique ?- Yves Michaud
Premiers entretiens du jeu de paume L’Université de tous les savoirs et Le Château de Versailles présentent
les Premiers entretiens du Jeu de Paume
La démocr@tie d’opinion
Du siècle des lumières à la démocratie des courts –circuits
Vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20 juin 2010
Les médias reflètent-ils l'opinion publique ?

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    Date de réalisation : 19 Juin 2010
    Durée du programme : 80 min
    Classification Dewey : Science politique
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    Catégorie : Conférences
    Niveau : Tous publics / hors niveau
    Collections : Premiers entretiens du jeu de paume
    ficheLom : Voir la fiche LOM
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    Auteur(s) : MICHAUD Yves
    Réalisateur(s) : UTLS - la suite
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    Langue : Français
    Mots-clés : politique, média, presse
 

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Balthazar 08/05/2016 04h34

Dans les 2nd entretiens, le traitement que fera Boris CYRULNIK des technologies de communications s’inscrit dans un prolongement ténu des vues d’Yves MICHAUD qui corroborent celles de Luc FERRY, Jean-François COPÉ et consorts. La tendance était alors légèrement plus sévère à l’endroit des médias chauds, à moins que cette perception ne résulte de la conjugaison des effets grégaires et d’entre-soi. Il m’a semblé que le fidèle maître de séant devenait de plus en plus aigris à l’encontre du public, au regard d’interrogations, souvent –il est vrai– « mauvaises ». Mais parfois, même lorsqu’elles étaient bonnes… (Conférence avec Michel GOYA par exemple.) Cette attitude condescendante se retrouve dans la présentation des différents stades de pensée (–de mémoire– : ‘pré-structuré’, etc.) qu’il reprend notamment d’HABERMAS, et qui sont teintés du même mépris qui était déjà palpable chez Rolland BARTHE lorsqu’il décrivait le bourgeois (Document VHS).
Ce dédain se loge jusque chez les commentateurs des émeutes des banlieues de 2005 :
« pour Sébastian ROCHÉ (Sciences Humaines n°178 Avril 2007 p68 Concernant les émeutes de 2005 Benoît RICHARD) (…) aucun mot d’ordre n’a été articulé, aucune demande de reconnaissance formulée, la violence n’est à aucun moment “dosée” et, de plus, n’est pas tournée vers des lieux de pouvoir mais vers les cibles les plus aisément accessibles : les voitures (…) ».
« Pour Gérard MAUGER (Sciences Humaines n°178 janvier 2007 p43 Coup de Colère ou émeutes Politiques ? Xavier MOLÉNAT) enfin, on a eu affaire à une révolte “protopolitique” (…) les émeutiers ont emprunté un “registre d’action collective ancien antérieur à toute entreprise ‘moderne’ de mise en forme politique”. »

L’inventeur de la résilience est plutôt fier de n’avoir pas eu la télévision dans son enfance, et de nombreux autres conférenciers partagent le même orgueil. Du même âge, Jared DIAMOND est du même genre, dans son ouvrage (De l’inégalité parmi les sociétés) il vitupère le petit écran, en ce qu’il abrutirait les enfants occidentaux, (nous soutenons que le prix PULITZER tombe dans le suprématisme-guinéen plusieurs fois et de façons concordantes dans cet opus, mais ce n’est pas le sujet) alors que ceux de Papouasie seraient intellectuellement supérieurs. ((…) Outre cette raison génétique, une deuxième raison explique que les Néo-guinéens soient devenus sans doute plus dégourdis que les Occidentaux. Dans le monde moderne, les enfants européens et nord-américains demeurent passifs une bonne partie de la journée devant leur poste de télévision ou de radio ou devant l’écran de cinéma. (…)) (P.24, mais c’est la même ritournelle jusqu’à la fin du livre.) Sans racisme véritable, des auteurs comme DURKHEIM (aborigènes d’Australie) ou LEVI-STRAUSS (indiens du Brésil) versent aussi dans ‘le mythe du bon ‘sauvage’’. À eux, on peut pardonner que le balancier ait échappé, puisque la guerre était encore proche, et un immense travail restait à faire pour sensibiliser les esprits. Mais, pourquoi donc relevons-nous aujourd’hui, parmi de telles sommités, les mêmes contrevérités que naguère ? Pourquoi mettre l’étranger sur un piédestal (il était ‘interdit’ au plus haut de la campagne ‘pro-émigrés’, de soupçonner –ne serait-ce que statistiquement– qu’il puisse venir dans le même flot un pourcentage assez négligeable de terroristes. Sur le plateau de C’EST DANS L’AIR, la question sera balayée d’un revers de main.), se porter soi-même sur le pavois (par d’interminables compliments doctoraux réciproques) et rabaisser le français moyen, ou le banlieusard de base ? (Tous de bons clients pour la télé d’ailleurs, quoi que son discours veuille les opposer…)

Nous avions identifié chez DIAMOND, un phénomène que nous serions enclins de transposer aux conférenciers mentionnés. Il est très difficile à quiconque d’accepter une idée qui abaisserait son estime personnelle. Autant dire que de concevoir un système, qui aurait pour conséquence d’amoindrir l’amour propre de son auteur, est encore moins imaginable. En l’occurrence, n’ayant pas eu accès à la TV dans leur prime jeunesse, et s’étant rabattus sur des livres (un peu comme Jean-Paul SARTRE (Les mots)) auxquels ils ne devaient entendre goutte –mais c’est un autre débat– les Professeurs ne sauraient se résoudre au fait que les médias plus récents sont plus puissants et participent plus efficacement au développement des individus que leurs vieux grimoires, pour la simple raison qu’ils ne sont pas prêts à perdre encore plus d’autorité que ne leur en retire déjà la Société. Par-dessus le marché, DIAMOND est victime d’un syndrome de Stockholm, qui lui fait dire que ces gens –avec qui il a passé tellement d’années– sont des êtres supérieurs.
Il n’a pas la maturité spirituelle de reconnaître que vivre 30 ans comme un papou dans la forêt, permet certes de recueillir des éléments pour faire des conjonctures utiles à l’humanité, mais n’est pas, loin s’en faut, le meilleur moyen de s’enrichir intellectuellement, pour le chercheur qui se livre à cette ascèse. D’où un renversement de la réalité, quasi délirant : ‘la vie comme aux premiers jours de l’Humanité est plus édifiante que celle d’aujourd’hui’…

Alors, chemin faisant, à présent, on commence à dire que l’outil est intéressant, que c’est l’usage qui en est fait etc. Autrement dit, un ‘juste milieu’ que le bon sens populaire ne renierait pas. Probablement qu’en prétendant que la représentation des événements est souvent plus intense que leur déroulé effectif, M. CYRULNIK a en tête que le vecteur littéraire oblige à construire mentalement, et trouve là matière à conforter sa thèse bibliophile…

Mais après avoir affirmé que des technologies –dont chacun constate la formidable splendeur– que ces objets donc, sont évidemment enrichis, ne serait-ce que par les dimensions sensorielles ajoutées, comment prouver qu’elles accroissent l’intellect ?

Il suffit de combler une lacune des élites citées : la notion ‘d’eau virtuelle’. Les économistes calculent pour chaque produit, quelle quantité d’eau (ou même de carbone ou de pétrole) a été nécessaire à son élaboration. Ainsi, la protéine animal renferme des centaines de fois plus que la végétale, puisqu’il convient de cultiver d’abord des plantes, pour qu’ensuite les bestiaux s’en repaissent, qui alors seulement peuvent être débités dans nos assiettes. En règle général, l’’indirectanéité’ temporelle et processuelle s’accompagne à la fois d’une sophistication et d’un surcoût. (Dans un autre plan, c’est d’ailleurs un des arguments servis contre les médias ‘chaud’ qui ne permettraient pas le recul réflexif… Pour ceux qui sont ‘à 2 à l’heure’ probablement.)

Ramené à Internet, ce raisonnement nous autorise d’inférer une plus haute concentration d’humanité dans le silicium que dans la cellulose. La pensée de comptoir selon laquelle l’ordinateur éloignerait les individus, qui seraient bernés par de prétendus ‘amis’ par milliers, mais qui n’auraient aucune teneur vu la superficialité des rapports est à proscrire tout à fait dans les discussions académiques. Le désert humain : c’est la forêt, la campagne, lorsque nos ancêtre labouraient les champs, là oui, ils étaient seuls. Alors que les jeunes gens vivent sur les réseaux sociaux d’une manière intense, parce qu’ils sont entourés et que les interactions sont exponentielles. Peut-être, souvent, d’un niveau critique bas, mais cela est dû à l’attractivité des loisirs et à la faiblesse d’âme de beaucoup. Ainsi qu’au ralentissement du vieillissement qui abouti à retarder l’entrée dans la vie active. (Même si, paradoxalement, les enfants sont de plus en plus traités (SUPPIOT) comme des adultes par l’Internet. Et précocement informés des choses auxquelles ils n’avaient aucune part avant.) N’empêche que, ce qui se vit sur ces réseaux est dense humainement, et 10 fois plus chargé d’émotion (on parle de ‘Quotient Émotionnelle’ maintenant, je le rappelle) qu’un livre d’auteur. D’ailleurs, notre vision vaut aussi bien pour ce dernier : il faut qu’un être humain s’épanche de façon manuscrite pour qu’un autre s’y plonge. Le livre n’est pas que matériel, il comporte une part d’humanité. Et selon la richesse de vie de celui qui l’écrit, il permet de faire découvrir au lecteur son univers personnel.

Mais à ce titre, le livre ne dépassera jamais le 1er degré de concentration d’humanité, comme la plante. Alors que la télévision et l’Internet, sont des composés animés de livres composés d’humains. On lit aussi sur Internet, mais pas seulement en puisant dans le fond de la salle des fêtes avoisinante ; on y déniche Le texte qui correspond exactement à la pièce qui manquait à notre intelligence du moment pour dépasser une contradiction, et pour s’améliorer. Aujourd’hui, la Base De Données a remplacé le livre. Un professionnel du Droit n’a cure de telle contribution particulière, il a besoin d’un ensemble structuré et actualisé, pour alimenter ses travaux. Ce n’est pas comme çà qu’avaient l’habitude de fonctionner nos aînés, et ils ont du mal à s’adapter... Et comme ils sont en position de pouvoir, ils diffusent leur appréhension du monde pour se rassurer dans le fait que rien ne changera, et se sentir encore virils et aptes. Autrefois, il y avait les classiques, et tout le sérail avait des références communes. Ils ont d’ailleurs bien mis le doigt sur le fait que le commun durkheimien est révolu, et que chacun est devenu un cas singulier.

Cela oblige à délaisser les repères conventionnels –qui ne sont pas vraiment des connaissances– et d’apprendre à communiquer de façon pluridisciplinaire et nomade. Avant, la question était de savoir : précisément, exactement, scientifiquement, objectivement : qu’a voulu dire MONTESQUIEU, par exemple ? Désormais, l’on se contente d’une réalité floue (QSJ ?), mais surtout, on se demande, nous, que pouvons dire de mieux que lui, qui aiderait nos contemporain ? Les employeurs placent d’ailleurs la créativité parmi les compétences clés. Même si les universités continuent de baser enseignements et évaluations sur la récitation par cœur (quoique cela ne soit pas totalement assumé, et qu’on le fasse de manière parfois déguisée) çà ne présente plus aucun intérêt, puisque chacun peut aller vérifier ce qu’énonce tel ou tel article du code, ou telle date de grande bataille. C’est l’intelligence qui importe. Les connaissances ne sont que des objets (bien que chargées d’humanité) que chacun peut se procurer, moyennant finance et patience. L’intelligence, c’est de disposer de ces choses là, de sorte à ce qu’elles marchent ensemble comme un moteur. L’Homme bête, mais instruit, dispose des livres comme des pièces détachées d’une machine… Il n’en ressort rien. Il ne peut que répondre aux questions qui lui demandent de décrire ce qu’il y a dans tel papier qu’il a lu. Il y avait ceci, et après il y a cela etc. Et en un sens, il faut être ‘capable’ de garder intact, comme congelée, telle connaissance, pour la restituer plus facilement à l’identique. Faire des liens entre elles est donc, dans un premier temps, préjudiciable pour la note qui figurera au bas du bulletin. Dans un second temps évidemment, à un autre stade, en percevant un sens dans les transformations jurisprudentielles, biologiques ou historiques par exemple, l’on parvient à reconstituer la connaissance en ses différents jalons. Mais il faut avoir appris à déceler des logiques (certes schématiques ou modélisées) dans les sous-bassement d’exposés empiriques. Sur le plan purement topologique, tout cela est bien connu des mathématiciens, même s’il faudrait un meilleur niveau pour l’expliquer. Il existe des espaces qui sont ‘générateurs’, et d’autre qui sont comme clos. L’intelligence permet de s’émanciper de la répétition psittaciformes pour créer soi-même, pour disposer d’un feu intérieur qui rejailli au dehors. On fera un parallèle entre la foi et les œuvres, les anciens et les modernes… Les économistes ont un paradigme comparable : la croissance ‘auto-entretenue’ est celle qui cause une expansion continue, quantitative et qualitative, un peu comme entre ce qui vit et se meut, et l’inerte qui n’est précipité dans sa chute que pour autant que l’énergie potentielle de pesanteur (ou autre) n’est pas complètement consommée. L’Être est proche du non-être, mais cette infime différence à d’infinies conséquences.

Nous montrions tantôt que toute l’Histoire des sciences peut s’expliquer par 2 Lois.
Toute innovation consiste à intervenir à travers une membrane qui semblait soit insurmontable, soit trop fragile peut supporter cette pénétration. Le passage du Roman au Gothique permet d’ajouter les vitraux qui laissent passer la lumière. Le roulement à bille ou la rotule nécessitent de dépasser le resserrement mécanique qui bloquait le passage. On le fait en utilisant 2 ½ moules (comme pour les œufs KINDER). La greffe, le clonage, tout se ramène à cela.
La seconde Loi est que l’Homme n’a jamais cessé de créer des mouvements qu’il a voulu les plus longs et contrôlés possibles. La démarche est toujours de partir d’une impulsion initiale, puis de disposer un maximum d’obstacles pour ralentir la venue de la fin du mouvement. À l’image des dominos. Mais ensuite, les horloges ont été des façons d’interposer toutes sortes de rouages pour que le ressort remonté ne vide pas d’un coup toute son énergie, mais qu’il diffuse lentement celle-ci. La montgolfière, la machine à vapeur, le moteur s’inscrivent dans un même élan émancipatoire. Et même un sous-marin nucléaire n’est jamais que la mise en série (ou concentrique) d’une centrale nucléaire, qui fait tourner des moteurs thermiques, qui produisent de la vapeur, qui est canalisée dans une certaine direction.
Au point qu’on peut se demander si le mouvement est produit d’avantage par l’énergie initialement libérée, ou si c’est l’enchevêtrement d’obstacles permettant de différer la libération de puissance qui permet l’autonomie. C’est une métaphore des oppositions philosophiques classiques. Sont-ce les sondages qui font l’opinion ou l’opinion les sondages, l’individu est-il ce que la Société a fait de lui ou l’inverse etc. Nul doute que des robots de plus en plus durables et libres vont nous rejoindre, il faut s’en réjouir comme de la venue d’un enfant, il faudra le craindre aussi, comme un père le peut légitimement, mais il conviendrait d’assumer que le ouvrages à grand-papa n’ont plus tellement d’attrait, pour la simple raison qu’ils ont libéré l’essentielle de l’héritage limité qu’ils renfermaient, et qu’au détour de n’importe quelle série, film ou manga, il s’évince force détails qui en proviennent. (Par exemple, on a entendu à l’occasion de l’anniversaire de SHAKESPEARE que Le Roi lion reprenait la trame du beau père assassin.) Lui-même avait puisé dans le fond commun, comme aussi les frères GRIMM d’une façon plus méthodique et consciente. A ce chapitre, il a été plus que souligné, le fait que le maigre niveau des connaissances scientifiques avaient compromis la portée des enseignements de MONTESQUIEU, qu’il n’est pas si crucial de vénérer, car il n’a aucune compréhension de nos problèmes, et n’y réside aucune solution pratique, comme le rappel raison le professeur ROUSSEAU : « (…) ce schéma constitutionnel est totalement périmé. (…) »
 

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