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Bahaa Trabelsi-02 - Ses romans


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Auteur(s) :
Trabelsi Bahaa

Producteur Canal-U :
Université Rennes 2 - CREA
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Les chapitres


Bahaa Trabelsi-02 - Ses romans

  • Séquence 1 " Quand j'ai écrit ce roman, je faisais de la lutte contre le SIDA, j'étais dans le milieu de l'homosexualité masculine, pour faire de la prévention sur l'utilisation des préservatifs et c'est comme ça que j'ai rencontré des personnages qui ressemblent à Jamal. Quand j'ai écrit le roman " Une vie à trois ", je l'ai senti tellement fidèle à cette réalité même au niveau du cadre. Par exemple quand je parle de Casablanca ou des lieux de Casablanca, je n'ai même pas changé les noms des lieux ni des quartiers. Même chose en ce qui concerne Marakech. C'est un peu comme si on se baladait dans une réalité, je savais que ce roman allait avoir un effet miroir et que beaucoup de gens allaient s'y reconnaître. C'est un peu une provocation car c'est la première fois qu'un romancier parle d'homosexualité au Maroc de bout en bout et je savais qu'il allait être lu.
  • " Séquence 2 " Personne ne m'a remis en question sur ce roman. Tout le monde a apprécié. J'aurais eu un peu plus de critiques sur le plan littéraire car au niveau de l'écriture j'ai beaucoup à apprendre. Peut-être au niveau du récit, les choses sont plus élaborées mais sur l'écriture, il y aurait beaucoup de choses à dire.
  • " Séquence 3 " Le personnage d'Adam est un gosse de riche qui était parti faire des études supérieures en France et qui a été amené à revenir pour diriger les sociétés de son père. Il s'est peut-être découvert à Paris mais il revient au Maroc par la force des choses. Evidemment, tous les repères qu'il a pu se construire ailleurs ne fonctionnent plus ici. Ici, c' est un peu le retour aux sources, c'est un peu le regard des autres, de son père et de sa famille. Donc quand il arrive ici, il est obligé de se reconstruire dans son propre contexte. C'est évidemment très facile de se découvrir émotionnellement à Paris et sexuellement aussi. C'est beaucoup plus difficile ici et je pense que le roman " une vie à trois " est une recherche de construction, d'existence d'Adam. Adam était un privilégié, et je pense qu'on a du mal à se dépettre des privilèges. Retourner au Maroc c'était la continuité de ces privilèges là. Il savait qu'en revenant au Maroc, il allait diriger des sociétés, et avoir une place importante dans ce pays. Il devait avoir une espèce de conflit intérieur entre son existence homosexuelle et la réussite sociale en revenant dans son pays où toutes les voix étaient déjà tracées. C'est un véritable voyage intérieur qu'il entreprend.
  • " Séquence 4 " Pour moi Adam est le premier homme et que le premier homme n'a pas forcément la sexualité qu'on croit. C'est Adam et Jamal et pas Adam et Eve. J'ai choisi le prénom Jamal car Jamal veut dire beauté. Jamal est un personnage qui est extrêmement beau. C'était un peu la découverte de la beauté, de l'existence par Adam. Son existence en tant qu'homosexuel.
  • " Séquence 5 " Leïla est un personnage qui existe et qui a senti dès le départ qu'elle devait exister et qu'elle devait réagir. Elle est sur sa propre quête d'existence. Sur son chemin elle rencontre des personnes qui n'acceptent pas que les autres existent donc forcément elle va se confronter à des critiques, à des gens qui vont être dérangés par sa présence. Leïla est une jeune adolescente qui a choisi un homme mûr pour avoir ses premiers rapports sexuels. Donc elle choisi un homme mûr qui vient ramasser les petites filles à la porte des écoles pour avoir un rapport sexuel avec elles. Leïla va choisir avec lui une piaule et là elle le provoque mais lui débande, il est un peu castré face à cette jeune fille dans la gloire de sa féminité qui est là en train de le provoquer et qui essaie de braver tous les tabous qui sont autour d'elle, elle essaie de banaliser ce passage à la sexualité. Mais en fait c'est lui qui n'y arrive pas car ce qui lui plaisait en cet acte, c'était de se retrouver face à une fille complètement virginale afin de faire exalter sa virilité. Hors cette fille existe tellement, que sa virilité à lui n'existe plus. Donc c'est une tentative qui est avortée à cause de lui parce que il y a quelque chose qui cloche dans le schéma. Les problèmes viennent du regard de l'autre, de la société, de son parcours, et elle ne rencontre pas toujours des gens qui vont comprendre sa manière d'exister.
  • " Séquence 6 " En fait c'est la remise en question du couple et le troisième personnage est la pour fausser la logique du couple. Ces trois personnages sont à l'image du schéma parentale, père, mère et enfant avec tous les dilemmes et tout ce que cela sous-entend comme conflit intérieur ou comme recherche ou quête d'identité. Donc le troisième personnage est toujours contre ce qu'on peut appeler le " fusionnel " dans le couple.
  • " Séquence 7 " Nous sommes polygames dans l'âme, polyandres pas du tout ! Effectivement le syndrome du harem existe toujours chez nous depuis des millénaires donc l'homme sera toujours un peu gêné d'entendre la femme dire " j'ai un autre homme dans ma vie ". Contrairement à la femme qui est déjà conditionnée pour ça. Donc quelque part il y a eu une évolution, un travail intérieur qui l'amène à se poser les bonnes questions. En ce qui concerne les relations homme/femme, en ce qui concerne l'amour si c'est exceptionnel ou non. La femme n'est pas dupe. Dans le prochain roman qui va sortir en mai, le personnage principal est un homme qui a trois femmes dans sa vie mais aucune d'elle n'est dupe et elles savent toutes que les autres existent. Je trouve que tout le monde trouve son compte dans un couple même si c'est du masochisme, même si cela fait mal, je crois que si on y est, c'est que l'on y trouve son compte. Cela fait parti d'un processus de soi, qu'on est à la recherche de quelque chose. En revanche lui il est tellement cloîtré, embrigadé dans ses visions d'homme dominant habitué à avoir plusieurs femmes dans sa vie que quand une femme vient lui dire qu'elle aussi peut avoir plusieurs hommes dans sa vie, il se sent agressé dans sa virilité.
  • " Séquence 8 " J'ai un amour profond pour la ville de Casablanca donc quand on aime profondément quelque chose on lui tape dessus. Quand je dis que tout se côtoie dans cette ville, qu'elle crève de contradictions c'est la réalité. C'est une ville où l'on voit tous les extrêmes du Maroc. C'est une ville où l'on voit à la fois la pauvreté et la richesse mais dans l'excès, à la fois les traditions et la modernité, la coexistence de quartiers extrêmements beaux d'une architecture magnifique. Casablanca était une ville laboratoire de l'architecture du 20ème siècle au Maroc, mais en même temps coexistent des bidonvilles ou des quartiers où les gens vivent les uns sur les autres. C'est une ville qui est attachante car elle vibre de ses contradictions. C'est le coeur du Maroc car c'est là que tout commence, c'est là que tout peut finir. J'y suis très attachée. C'est là que peuvent naître les choses telles que l'intolérance ou l'acceptation. Parce que justement il y a cette profusion de manières d'être, cette manière d'exister.
  • " Séquence 9 " Le parc de la ligue arabe " est le lieu de la prostitution masculine à Casablanca. C'est pour ça que j'ai écrit ce livre. Lorsque j'ai décrit " le parc de la ligue arabe " c'est uniquement pour situer le lieu où se déroule la prostitution masculine à Casablanca. Non seulement la prostitution masculine mais aussi la violence. C'est là où Jamal se fait violer par un flic parce qu'il n'a pas donné son bakchich et donc il se fait violer dans " le parc de la ligue arabe
  • " Séquence 10 " Pour moi les mots, c'est la vie car c'est à travers des mots que l'on peut tout exprimer. Aussi bien la violence que la sérénité, que le dialogue, la communication. C'est vrai que les mots ont une énorme importance pour moi. Le mots dans mes romans sont tout simplement particuliers. Quand j'ai dit que la violence exprimée par les mots c'était dans les rapports père- fille. Lorsque Leïla se faisait réprimer, son père était très dur envers elle avec les mots et elle ressentait cela comme une sorte d'agression En fait c'est aussi mon rapport à moi avec les mots car en fait pour moi la seule violence possible, c'est la violence des mots.
  • " Séquence 11 " Je ne me considère pas comme une romancière engagée. Je suis une romancière, tout court…. J'écris mes romans assez bohème. Il n'y a aucune cause, aucune lutte, aucune revendication, il y a juste peut-être une sorte de thérapie et par la suite l'expression d'un vécu de rencontres, quelque chose comme ça. Je ne me considère pas comme une romancière engagée. Je le suis peut-être par la force des choses ?. "

 

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