Notice
Retranscription
Les baromètres ADEME, que ce soit celui sur les représentations sociales du changement climatique, ou celui sur sobriété / mode de vie, révèlent tous un paradoxe. La majorité des citoyens soutient la transition écologique, juge l'action publique insuffisante et s'inquiète des effets du changement climatique. Par exemple, deux tiers des Français pensent que le réchauffement ne sera pas contenu et anticipent une forte dégradation des conditions de vie. Pourtant, quand il s'agit d'évaluer leur propre rôle, les perceptions divergent. Par exemple, les risques liées à la surconsommation sont reconnus collectivement, mais chacun se considère comme déjà sobre. Par exemple, beaucoup ne se voient pas du tout comme des hyper-consommateurs et pensent juste à être dans la norme. On constate donc une dissonance persistante entre intention et action. Cette dissonance, elle s'explique en partie par la force récits dominants, productivisme, consumérisme, techno-solutionisme. La publicité, les réseaux sociaux, le marketing, les influenceurs renforcent ces imaginaires, en mettant en scène un idéal fondé sur l'abondance, la nouveauté et l'optimisation technologique. Bref, nous sommes enfermés dans une logique de toujours plus, alors qu'il nous faudrait aller vers mieux, mais moins, et surtout retrouver du sens. Bref, faire émerger des imaginaires plus sobres et plus circulaires, nourrissant de nouvelles formes d'abondance. Alors qu'en est-il pour le numérique ? Mais il est au cœur de ces imaginaires. Nos images numériques sont façonnées par des récits culturels,science-fiction, gaming, etc. Et amplifier par les réseaux sociaux qui dictent nos façons de nous informer, d'échanger, de nous divertir avec leurs petits rituels, vous savez, les notifications, les selfies, le scroll à l'infini. Ces plateformes, elles exploitent l'économie de l'attention, qui est conçue pour capter, retenir notre temps disponible, ce qui renforce la logique d'accélération d'une dépendance.Ces récits, ils doivent interroger aussi nos usages numériques et le temps passé en ligne pour imaginer des vies où les relations humaines reprennent leur place. Oui, notre société est devenue numérique, et le récit dominant associe le numérique au progrès, censé apporter optimisation et durabilité, tout en occultant ses impacts réels. Le numérique et l'IA, incarnent donc aujourd’hui un nouveau grand récit qui prolonge et réinvente celui du progrès, mais occulte ces effets rebond, sa matérialité lourde et son empreinte énergétique. Alors, pour transformer nos imaginaires, il nous faut engager une mutation profonde, qui va toucher nos valeurs, nos organisations, nos normes, nos comportements, nos pratiques éducatives, ainsi que nos modes d'action individuels et surtout collectifs. En questionnant nos trajectoires de développement, nos relations aux autres, la transition écologique, elle va devenir un véritable projet de société et le socle d’un nouveau contrat social. Face aux crises systémiques, nous devons réapprendre à faire société. Les récits jouent un rôle clé. Ils nous permettent de nous projeter, de nous donner des repères, des leviers pour agir vers des futurs durables.Remporter la bataille des imaginaires c'est proposer des représentations qui vont rendre les transitions compréhensibles, accessibles et désirables. L'écologie, elle doit s'incarner dans des récits concrets, des formats pédagogiques, des initiatives visibles et des pratiques qui sont valorisées. Pour le numérique, cette mut…
Lire l'intégralitéQuels récits pour la sobriété numérique ?
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Descriptif
Valérie Martin, cheffe du service Mobilisation citoyenne et médias à l’Ademe, s’intéresse dans cette vidéo au rôle de récits pour encourager une sobriété numérique. Elle apporte des points de repères pour à la fois penser, construire et valoriser de tels imaginaires.
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