Entretien

Entretien avec Matías Bize (Rencontres 2006)

Réalisation : 7 mars 2006 Mise en ligne : 7 mars 2006
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Descriptif

Matías Bize est un jeune réalisateur de 27 ans formé à l'Ecole de Cinéma du Chili où il a suivi une spécialisation scénario et mise en scène. Après le succès remarqué de son premier long-métrage "Sábado, una película en tiempo real", plan séquence unique de plus d'une heure, il présente aujourd'hui son second film "En la cama" où il explore cette fois-ci une unité de lieu. L'histoire est simple: deux jeunes qui viennent de se rencontrer dans un café décident de passer la nuit ensemble dans un motel de Santiago de Chile. Ce qui ne devait être qu'une expérience sexuelle sans engagement ni contraintes morales et personnelles, se transforme en un drame de réflexions existentielles.Présent aux Rencontres du Cinéma d'Amérique Latine de Toulouse pour cette première française de son film, Matías Bize nous livre son expérience de jeune réalisateur chilien au milieu de l'ébullition cinématographique que connaît le pays, notamment grâce à l'École de Cinéma du Chili.

Chapitres
    Intervenants
    Thèmes
    Notice
    Langue :
    Espagnol, castillan
    Crédits
    Université Toulouse II-Le Mirail SCPAM (Production), Université Toulouse II-Le Mirail SCPAM (Publication), Samir BOUHARAOUA (Réalisation)
    Conditions d'utilisation
    Tous droits réservés à l'Université Toulouse II-Le Mirail et aux auteurs.
    Citer cette ressource:
    UT2J. (2006, 7 mars). Entretien avec Matías Bize (Rencontres 2006). [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/33251. (Consultée le 28 juin 2022)
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    Erick González Yanez : Matías, tu as réalisé ton premier film, Sábado, il y a deux ans, c’est bien ça ? Ton second film sort au moment où le cinéma chilien est en plein renouveau et en pleine expansion à la fois au Chili et dans le reste du monde. Que penses-tu de ce nouveau cinéma chilien ?

    Matías Bize : En effet, il y a un certain nombre de jeunes réalisateurs qui font de très bons premiers films, tu vois ? L’idéal serait que ça continue ou que nous puissions aussi réaliser de bons seconds, troisièmes et quatrièmes films, tu vois ? Je pense que c'est dû à l’apparition des écoles de cinéma et aussi des universités qui ont ouvert des filières cinématographiques. Aujourd'hui, il y a plus d’une dizaine d’universités et d’écoles qui proposent des études de cinéma. Et puis, il n’y a pas que des jeunes réalisateurs qui ont du talent, tu vois ? Il y a aussi beaucoup de techniciens et d’acteurs. Au Chili, nous avons la chance d’avoir de très bons acteurs. Et pas seulement d’acteurs de cinéma mais aussi de télévision, de théâtre… La situation est très favorable, tu vois ? Je suis ravi de constater que ces jeunes réalisateurs font des films très personnels, qui racontent des histoires intimes, issues de leur propre vécu ou de celui de leur entourage, plutôt que des histoires du passé ou des grandes épopées, tu vois ? Voilà le cinéma qui m’intéresse en tant que spectateur et également en tant que réalisateur. Quand je fais un film, c’est pour m’exprimer, tu vois ? Je tiens à ce qu’il soit personnel. Pas dans le sens où je vais le regarder plus tard chez moi en DVD, mais dans le sens où j’ai envie de faire partager aux gens ce qui me touche dans ce film.

    Erick González Yanez : Ton travail fait partie de cette production toute récente, lancée depuis quelques années. Ce sont des groupes de personnes qui sont capables de produire beaucoup de films en un minimum de temps. Tu as dit que ça vient un peu de la création des écoles, mais est-ce tu crois qu’il y a quelque chose qui réunit tous ces réalisateurs, sachant que le nouveau cinéma chilien se caractérise par cette nouvelle génération de cinéastes, qui semblent avoir les mêmes aspirations ? Ou alors tu crois que chacun suit sa propre voie et ses propres instincts ?

    Matías Bize : Je crois que d’un côté, chaque réalisateur a son identité et on fait tous des films différents, que ça soit des films de genre, des drames ou des comédies. Mais d’un autre côté, je crois que nous travaillons tous dans le même état d’esprit, en cherchant à surmonter la peur de tourner, tu vois ? En étant passionné, en travaillant sans se poser de questions, sans craindre le résultat, et en considérant le film comme une expérimentation, tu vois ? Personnellement, quand je fais un film, je cherche à expérimenter et c’est la passion qui me guide.

    Erick González Yanez : Je sais pas si d’un point de vue moral ou éthique...Tu crois que c'est bien qu’un cinéma commence à se développer dans un pays sans théoriser sur le cinéma ?

    Matías Bize : Oui, je crois qu’au Chili, il y a cette génération de jeunes qui tournent beaucoup, qui font des films, et ce qui manque actuellement, c’est une bonne critique, tu vois ? Je pense qu’il y a beaucoup de critiques compétents mais ça serait bien aussi que la critique et la théorie sur le cinéma soient bonnes. Mais selon moi… c’est très bien de mélanger les deux. Je suis issu de l’École de Cinéma du Chili où… la méthode d’enseignement nous pousse un peu à nous jeter à l’eau, à tourner et à amorcer le travail théorique après, tu vois ? Donc il faut revenir sur ce qu’on a filmé et en faire le tour. Je crois que… ça me plaît de travailler comme ça, un peu de manière inconsciente, et puis après théoriser un peu, tu vois ? Voir ce que j’ai fait et ce qui peut être amélioré pour le prochain film. Mais je crois que, parfois, si on se met à trop théoriser, alors on risque de s’enfermer là-dedans, tu vois ?

    Erick González Yanez : Parle-nous un peu de la critique. Qu’est-ce qui lui manque ? Quelle est ta relation avec la critique et les critiques ?

    Matías Bize : De manière générale, je lis la critique, ça m’intéresse. Je n’ai aucune idée de qui va voir ou non un film en fonction de la critique. Je ne suis par pour évaluer les films, pour leur attribuer tant d’étoiles, ou pour leur donner de bonnes notes. Parce que selon moi, les gens doivent se faire leur propre opinion, tu vois ? Et bien souvent, ça peut aller à l’encontre d’un film. J’ai de la chance, mes deux films ont été encensés par la critique, mais il se peut très bien qu’un de mes futurs films ne le soit pas. Alors oui, j’aimerais qu’au-delà d’une évaluation, le film fasse l’objet d’une réflexion. Si seulement le critique qui écrit un article au sujet du film… Pourvu que ça lui plaise ! Tu vois ? Que non seulement ça lui plaise, mais qu’en plus il soit touché par ce film et qu’il puisse y réfléchir, que ça l’encourage à réfléchir !

    Erick González Yanez : Maintenant, parlons un peu de toi et de ton cinéma : comment tu te situes face au cinéma… pas seulement le cinéma chilien mais aussi… Bref, comment tu te situes face au cinéma ?

    Matías Bize : Ce que j’essaie de faire, c’est de tirer un enseignement de chaque film. Je sais que je suis super jeune et j’ai eu la chance de réaliser deux films. Mais j’apprends toujours. Par exemple mon premier film, Sábado, a très bien marché alors que c’était un exercice : un film tourné en plan-séquence, sans budget, avec de très bons acteurs et il a demandé beaucoup de travail. Mais le film a pris vie sans aucune prétention et finalement, il a été à l’affiche de cinémas commerciaux au Chili, en Allemagne… Il s’est aussi vendu dans plusieurs pays. Et il a très bien marché dans les festivals. Ce film m’a permis de devenir, je crois, un réalisateur. Grâce à Sábado, je me suis fait connaître dans les festivals et j’ai pu réaliser En la cama avec un budget beaucoup plus conséquent, avec une coproduction germano-chilienne. Mais En la cama est un peu dans le même esprit que Sábado. En fait, le film a gagné en profondeur. Dans En la cama, je me suis concentré sur la qualité du scénario et du jeu des acteurs, sur la manière de raconter l’histoire, qui devait être intéressante, et sur la capacité à vraiment approfondir les choses, tu vois ? Je pense que... c’est de cette façon que je vois les films, comme un défi. J’aime expérimenter, essayer beaucoup de choses et profiter des enseignements que j’ai tirés du film précédent.

    Erick González Yanez : Quand on regarde tes films, parfois, on peut avoir l’impression que tu prends ça comme un exercice. Ton premier film, Sábado, a été tourné en plan-séquence, c'est-à-dire en temps réel. Dans ton second film tout se passe en une seule nuit, avec seulement deux protagonistes et dans un seul lieu. Est-ce que le troisième sera un peu comme ça ? Tu vas suivre le même fil conducteur, chercher...?

    Matías Bize :... Chercher dans la même direction. Mon troisième film s’intitule Prefiero caminar. C’est une histoire d’amour entre une Chilienne et un Argentin. Le tournage devrait s’effectuer à Santiago et à Buenos Aires. Je sais pas s'ils sont forcés, mais le film se passe en un jour, le jour du nouvel an. Et puis oui, c’est vrai, je voudrais garder un peu le même esprit que dans mes autres films. Pouvoir bien me concentrer sur le jeu des acteurs. Avoir beaucoup de temps pour travailler avec eux. Pouvoir soigner le scénario et faire en sorte que la production soit la plus réduite possible. C’est un film de plus grande envergure, une coproduction également. On va tourner dans deux pays. Mais là aussi, j’ai envie de travailler sur le sujet avec les acteurs. Je sais pas encore tout à fait comment je vais m’y prendre, en tout cas je veux faire quelque chose qui me motive, quelque chose de différent. Pour Sábado on a beaucoup répété mais il y a quand même une grande part d’improvisation. Je crois qu’en faisant pareil pour En la cama il y a eu moins d’improvisation au final. Pourtant on avait aussi fait pas mal de répétitions. Pour Prefiero caminar, je pense que je ferai aussi très attention à mon approche du travail avec les acteurs.

    Erick González Yanez : Je pense à une chose, par rapport à l’accueil qu’a reçu ton film au Chili et à l’étranger. La perception n’est pas la même là-bas. Les gens ont-ils perçu ton film de la même façon lors de la projection du film au Chili et en Europe ? Autrement dit, le public est-il différent en Europe et au Chili ?

    Matías Bize : Je pense que non, en fait non, parce que mes films ne sont pas des films typiquement chiliens. Ce ne sont pas des films-clichés du cinéma chilien. Pour moi, En la cama est un film, une histoire universelle. Elle pourrait avoir lieu à Santiago, à Paris, à New York, à Madrid ou n’importe où ailleurs, tu vois ? J’ai eu de la chance que le film reçoive un bon accueil partout. Il a plutôt reçu une bonne critique. Il a été très bien accueilli dans les festivals. Je suis super fier de voir comment mon film est reçu. Mais au-delà des prix, ou de la critique que peut recevoir le film, ce qui me réjouit, c’est que depuis la sortie du film, on m’a souvent dit qu’il est émouvant. Et ça, en tant que réalisateur, c’est la plus belle chose qu’on puisse me dire, tu vois ? Parce qu’en fait, c’est ça que j’essaie de faire. Donc je suis super content. Je vois que le film fonctionne partout où il a été projeté. Voilà.

    Erick González Yanez : Comment... Une dernière question. Comment tu vois... Une question d’ordre général encore... Comment tu vois l'avenir du cinéma chilien ?

    Matías Bize : Je crois que... Eh bien, pourvu qu’il continue sur sa lancée ! Je sais pas, j’ai l’impression qu’en ce moment, c’est une bonne période. Alors pourvu que nous, les Chiliens, on en profite bien. Là, c’est le début, les premiers et seconds films, mais j’espère pour nous, tous les jeunes réalisateurs, que nos films passeront l’épreuve du temps. Et qu’il en soit de même pour notre dixième, vingtième ou trentième film. Moi, ce que j’essaie de faire, c’est que chacun de mes films soit un peu comme un premier, un film où je prends des risques. Et j’espère que mon trentième film sera comme ça aussi ! Tu vois ? Qu’il soit aussi comme ça. Pour le cinéma chilien, j’espère que nous arriverons à faire durer cette bonne période et à en profiter, tu vois ? Oui, à profiter de cette bonne période.

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    Erick González Yanez : Bueno Matías, hiciste una primera película, Sábado, hace dos años. ¿Hace dos años? Hiciste una segunda película justo en el momento en el que el cine chileno empieza a ser muy conocido en el resto del mundo. Y que bueno, hay una, quizá se habla como... tanto en Chile como en el extranjero del nuevo cine chileno. Y yo quería en el fondo preguntarte a ti ¿qué piensas tú de esta nueva denominación del nuevo cine chileno?

    Matías Bize : Sí. Creo yo que efectivamente hay bastante directores jóvenes... con muy buenas primeras películas, cachai. Creo que lo ideal sería que eso se mantenga. O sea que ¡ojalá hayan!... o que podamos hacer nosotros segundas, terceras, cuartas películas buenas también, cachai. Creo que tiene que ver con la aparición de las escuelas de cine, con la aparición de las universidades que abrieron la carrera de cine, ahora creo que hay más de diez universidades o escuelas y universidades que están dando la carrera de cine. Entonces creo que no sólo hay directores jóvenes, cachai, que están haciendo cosas sino que también hay muchos técnicos, hay muchos actores también. Creo que en Chile tenemos la suerte de que hay muy buenos actores. No sólo de cine, sino que de televisión, de teatro... Entonces... es una muy buena situación, creo yo, cachai. Y, yo estoy muy contento porque creo que estos directores jóvenes están filmando películas muy personales, que están hablando de cosas cercanas, cachai, que se les pasan a ellos, o que les pasan a sus amigos, o al círculo en el que se mueven, más que historias del pasado... o grandes historias épicas, cachai. Y es un cine que a mí me interesa ver, me interesa ver y me interesa hacer, también. A mí me interesa hacer películas en las que siento que tengo algo que decir, cachai. En las que siento que es una película personal. No porque yo la voy a ver después en DVD en mi casa, ni mucho menos, cachai, sino porque siento que es una película que a mí me gusta... Esta película finalmente va a conectar con la gente.

    Erick González Yanez : Tú lo que hiciste, ahora tiene que ver más que nada con una producción que se lanza, que viene hace cinco o siete años, que se empieza a lanzar. Son grupos de gente que en un golpe pueden hacer mucho mucho cine... Hablas que viene esto un poco de la creación de la escuela, pero hay... ¿Crees que hay algo que acerca a todos estos directores? Pero cuando se habla de un nuevo cine chileno es como que se trata de hablar de una nueva generación y con un grupo de gente que está quizá en una misma búsqueda, y ¿tú sientes que hay una búsqueda en común o que cada uno busca lo suyo, y que cada uno hace lo que le da la gana?

    Matías Bize : Sí, siento dos cosas. Primero que, que cada director es distinto y que se hacen películas bastante distintas... de género o películas... o drama o comedia, cachai, pero sí, lo que siento que los une o que nos une, es que, es como el... perder el miedo a rodar, cachai, tener muchas ganas de rodar, pase lo que pase, cachai, o sea sin miedo al resultado si no tomar un poco las películas como el experimento, que es mi caso, cachai, como hacer una película un poco como un experimento y por las ganas de rodar, cachai. Creo que es por las ganas y por esa como locura de... de hacer las películas.

    Erick González Yanez :¿Crees que es bueno o... no sé si en escala de moral o de ética... pero ¿crees que es bueno que un cine en un país empiece como a desarrollarse sin teorizar acerca del cine?

    Matías Bize : O sea, creo que, bueno, creo que en Chile está esta generación de jóvenes que están rodando mucho, que están haciendo películas, que lo que falta todavía, es tener una buena crítica, cachai. Creo que hay muy buenos críticos pero creo que sería bueno también que haya muy buena crítica, que haya muy buena teoría también sobre el cine. Pero yo siento que es bueno ir mezclando las dos cosas. Yo soy de la Escuela de Cine del Chile, que tiene un... que la manera en que lo enseñan un poco es de tirarse a la piscina, cachai, rodar, y después un poco hacer el trabajo teórico, sabes. Pues ver que es lo que rodamos y darle la vuelta, cachai. Creo que... a mí me gusta trabajar así, un poco ¿no? Trabajar de manera un poco inconsciente, y después un poco teorizar, y ver que es lo que hice, cachai, y que es lo que se puede mejorar para la siguiente película. Pero creo que, a veces, si uno teoriza demasiado, se puede quedar en eso, cachai.

    Erick González Yanez : ¿Cuál es tu...? Ahora hablanos un poco de la crítica. ¿De qué falta la crítica? ¿Cuál es tu relación con la crítica y con los críticos?

    Matías Bize : En general, leo la crítica, me interesa, cachai. No sé de ninguna persona que va a ver o no una película con relación a la crítica que tenga. No soy muy partidario de evaluar las películas, de ponerles estrellitas, o de ponerles muy buenas no… Porque siento que es la opinión de la persona, cachai. Y eso, muchas veces, puede ir en contra de una película, cachai. Yo tengo la suerte que mis dos películas han tenido muy buenas críticas, pero puede que una película que yo haga no tenga buena crítica, cachai. Entonces... Si me gustaría que, que más que una evaluación de la película, haya una reflexión, en torno a esa película. ¡Ojalá que el crítico que escriba sobre la película, ojalá que le guste, cachai! ¡Ojalá o no solamente que le guste, pero ojalá que tenga alguna conexión con esa película y que pueda reflexionar en torno a eso, que esa película lo motive a reflexionar!

    Erick González Yanez : Ahora, un poco para hablarnos de tú y tu cine… ¿Cómo te sitúas tú frente al... cine... no solamente el cine chileno sino... cómo te sitúas tú frente al cine?

    Matías Bize : Yo lo que intento hacer es de aprender con cada película. Me siento que soy super jóven y he tenido la suerte de haber hecho dos películas. Pero me siento que estoy aprendiendo. O sea, Sábado, que es mi primera película, funcionó muy bien, pese que la película era un ejercicio, o sea era una película rodada en plano secuencia, sin presupuesto, con muy buenos actores y con mucho trabajo. Pero la película nació sin ninguna pretención, y finalmente estuvo en los cines comerciales, en Chile, se estrenó en Alemania... Se vendió en varios países también. Y le fue muy bien en los festivales. Y esa película me permitió a mí convertirme un poco en director. O sea, gracias a Sábado, yo me llevé a conocer en festivales, y pude ya hacer En la cama, con mucho más presupuesto, con una coproducción chilenoalemana. Pero En la cama tiene un poco el mismo espíritu que Sábado. O sea, si bien la película creció bastante, en En la cama la energía está puesta en tener un buen guión, en tener buenas actuaciones, en contar la película de una manera interesante, y en poder profundizar mucho, cachai. Siento que tomo las películas como eso, como un desafío, en las que me gusta experimentar mucho, probar cosas y aprovechar todo lo que aprendo con la película anterior.

    Erick González Yanez : De hecho, viendo tus películas, a veces tiene uno la impresión de que te las planteas como un ejercicio. [...] La primera película, Sábado, es una película en plano secuencia, entonces en tiempo real. Tu segunda película, es una película que ocurre en una sola noche, con sólo dos personajes, en un solo lugar. ¿Tu tercera película también tiene algo de eso? ¿Te vas a seguir la misma línea, como buscando...?

    Matías Bize :...buscando algo así. La tercera película se llama Prefiero caminar, y es una historia de amor, que pasa entre una chilena y un argentino. La película se rodaría en Santiago y en Buenos Aires. [...] No sé si están o que forzados, pero sí es una película que pasa en un día, el día del año nuevo. Y sí quiero mantener un poco el espirítu de estas películas mías, de poder concentrarse mucho en la actuación, tener mucho tiempo para trabajar con los actores, poder trabajar muy bien el guión e intentar hacer una producción lo más pequeña posible. Si bien es una película bastante más grande, ya se filmaría en dos países, es una coproducción también. Pero sí también, quiero experimentar el tema del trabajo con los actores, todavía no tengo claro como lo voy a hacer, pero sí quiero hacer algo que me motive, algo distinto. Si bien en Sábado hay mucho ensayo, pero también hay mucha improvisación. Creo que trabajando de esa manera, en En la cama, no hay tanta improvisación. Pero también hay mucho ensayo y pienso hacer algo también para Prefiero caminar, en la manera en que voy a enfrentar el trabajo con los actores.

    Erick González Yanez : Pienso en una cosa, respecto a como ha sido recibida tu película en Chile, en el extranjero. Ahí la percepción es distinta, cuando la película se ha mostrado en Chile y cuando ha sido mostrada en Europa, o sea… ¿El público es distinto en Europa que en Chile, respecto a tu película?

    Matías Bize : Yo creo que no, que al final no, porque mis películas tienen bastante poco de chilenas, como la caricatura de una película chilena. Si bien siento que En la cama es una película, una historia bastante universal, que podría pasar en Santiago, en París, en Nueva York, Madrid, en cualquier lado, cachai. Yo he tenido la suerte de que la película ha sido bien recibida en todos lados. Ha tenido bastante buena crítica. Ha tenido muy buen recorrido por festivales. Yo estoy super orgulloso de como le está yendo la película. Pero creo que más allá de los premios, o de la crítica que tenga la película, a mí, lo que me pone muy contento es que... me han dicho mucho como, a la salida, la función es que... la película conmueve, que la película emociona. Y a mí eso, como director, es lo mejor que me pueden decir, cachai. Es lo que yo, finalmente, intento hacer. Entonces... estoy super contento, siento que ha funcionado en los diferentes lados donde podían mostrar la película. Y eso.

    Erick González Yanez : ¿Cómo...? Una última pregunta. ¿Cómo ves tú...? Cuestión más general de nuevo... ¿Cómo ves tú el futuro del cine chileno?

    Matías Bize : Yo creo que... ¡ojalá siga bien! No sé, yo siento que ahora hay un muy buen momento. Que ojalá ¿no...? como chilenos, nos aprovechemos este momento. Lo que sea el principio es que ojalá que estas primeras y segundas películas que están haciendo... que estamos haciendo los directores jóvenes, ojalá se mantengan en el tiempo. Y sean diez, veinte… como puede ser lanzada la pelí número treinta, cachai. Lo que yo intento hacer es que cada película mía sea un poco una obra prima, cachai, que tenga el espíritu de una obra prima, que sea una película arriesgada, que sea una película que... eso, que representa cierto riesgo. Y ojalá que mi película número treinta sea así, cachai, que sea también de esa manera. Yo siento que y con respecto al cine chileno, siento que eso, ojalá... mantengamos esto y lo aprovechemos, cachai, que nos aprovechemos este buen momento.

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