Conférence

Les enjeux mémoriels du portrait. Introduction / Fabienne Bercegol, Estelle Galbois

Réalisation : 13 octobre 2021 Mise en ligne : 13 octobre 2021
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Descriptif

Les enjeux mémoriels du portrait. Introduction / Fabienne Bercegol, Estelle Galbois, in Journée d'étude organisée par le laboratoire Patrimoine, Littérature, Histoire (PLH) sous la direction scientifique de Fabienne Bercegol et Estelle Galbois, dans le cadre du séminaire PLH "L'invention des traces" et de la rétrospective de l'œuvre du photographe Gilles Pandel. Université Toulouse Jean Jaurès, 13 octobre 2021.

Cette journée d’étude a pour sujet la fonction mémorielle du portrait qu’il soit public ou privé, peint, sculpté, photographique ou encore littéraire. Le portrait, polymorphe, répond à des demandes sociales et culturelles, et en tant que médium de la représentation, il fait partie du processus de communication. Si les intentions qui président à la confection d’une effigie sont plurielles, elles visent toutes à combattre la mort et l’oubli, en laissant une trace, pérenne, dans les mémoires. Dès son origine, le portrait, en fixant les traits d’un individu, a un pouvoir mnémonique. L’anecdote de Pline sur l’invention à Corinthe du portrait en argile à partir d’un profil dessiné sur un mur le montre clairement. Le portrait a aussi une fonction de substitution dans la mesure où il rend l’absent présent, que l’absence soit momentanée ou définitive. Dans « La Peinture », poème en trois chants avec notes, 1769, 5-6, Antoine-Marin Lemierre ne dit pas autre chose : « De la mort elle-même, il affaiblit les coups, et lorsqu’elle a rompu nos liens les plus doux, l’objet qui dans la tombe emporta nos hommages, reste encore près de nous et vit dans son image. » Quelle que soit sa nature, le portrait a une valeur commémorative puisqu’il conserve les caractéristiques (physionomie, caractère) des femmes et des hommes après leur mort. Le portrait, littéraire ou plastique, en glorifiant l’individu, en célébrant ses hauts faits et ses vertus, l’érige en modèle pour les générations futures. À contrario le portrait à charge invite à ne pas suivre l’exemple de la personnalité représentée. Dès lors, on comprend bien que le portrait est tout sauf neutre, qu’il oriente le regard du spectateur ou du lecteur, et qu’il ne se borne pas à décrire ou à reproduire de manière servile des traits physionomiques. Il résulte au contraire d’un savant mélange entre ressemblance, idéalisation, esthétique. Le portrait permet aussi la reviviscence puisqu’il peut présenter le défunt dans une posture suggérant qu’il est encore vivant. L’essor du portrait photographique post-mortem au XIXe siècle en est une parfaite illustration. Si le portrait laisse une trace dans la mémoire individuelle ou collective, la destruction volontaire des effigies ou damnatio memoriae, ancrée dans les pratiques depuis l’Antiquité, ou la négation de l’existence d’une personne dans les textes, expriment le refus de mémoire en condamnant irrémédiablement un être à l’oubli.Cette journée d’étude, dont l’approche est interdisciplinaire et transpériode, questionne les potentialités mémorielles du portrait qu’elles aient un impact positif ou négatif, en même temps qu’elle s’interroge sur son avenir à l’heure où, dans notre société, les supports de communication tendent à se dématérialiser.

Chapitres
    Intervenants
    Thèmes
    Notice
    Langue :
    Français
    Crédits
    Bruno BASTARD (Réalisation), Université Toulouse-Jean Jaurès-campus Mirail (Production), Le Vidéographe (Maison de l'Image et du Numérique / Université Toulouse-Jean Jaurès) (Publication)
    Conditions d'utilisation
    Tous droits réservés à l'Université Toulouse Jean Jaurès et aux auteurs.
    Citer cette ressource:
    UT2J. (2021, 13 octobre). Les enjeux mémoriels du portrait. Introduction / Fabienne Bercegol, Estelle Galbois. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/108339. (Consultée le 17 mai 2022)
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    Documentation

    BERCEGOL Fabienne (2021). Usages du portrait peint dans les fictions de George Sand, in Pascale Auraix-Jonchière, Brigitte Diaz et Catherine Masson (dirs), George Sand et le monde des objets, Paris, Éd. Classiques Garnier, 381-397.

    BERCEGOL, Fabienne (2018). Usages romanesques du portrait peint, in Julie Anselmini et Fabienne Bercegol (dirs), Portraits dans la littérature. De Gustave Flaubert à Marcel Proust, Paris, Éditions Classiques Garnier, 383-409.

    GALBOIS, Estelle (2018). Images du pouvoir et pouvoir de l'image. Les "médaillons-portraits" des Lagides. Bordeaux, Ausonius Éditions, coll. Scripta antiqua, 288 p.

    ZILLO, Marion (2018). Faceworld : le visage au XXIe siècle. Paris, Presses Universitéiares de France, 189 p.

    BERCEGOL, Fabienne (2017). Le « siècle des portraits », in "Le portrait", Romantisme, 176, juin 2017, 5-14. [En  ligne : https://www.revues.armand-colin.com/lettres-langues/romantisme/romantisme-ndeg-176-22017].

    BEYAERT-GESLIN, Anne (2017). Sémiotique du portrait. De Dibutade au selfie. Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck Supérieur, 256 p.

    GALBOIS, Estelle (2016). Le colossal et la miniature comme modes d'expression du pouvoir : le portrait royal dans le monde grec antique (IVe-Ier s. avant J.-C.), Histoire de l'art, 77, 7-18.

    GALBOIS, Estelle (2013). Un jeu de regards. Réflexions sur l'élaboration du portrait royal à l'époque hellénistique, Pallas. Revue d'études antiques, 71-85. [En ligne : https://journals.openedition.org/pallas/125].

    WRONA, Adeline (2014). Le portrait carte, de la photographie au journal, in Jean-Pierre Bertrand, Pascal Durand, Martine Lavaud (dirs) (2014), "Le portrait photographique d'écrivains", COnTEXTES, 14, juin 2014. [En ligne : https://journals.openedition.org/contextes/5942].

    WRONA, Adeline (2012). Face au portrait. De Sainte-Beuve à Facebook. Paris, Éditions Hermann, 408 p.

    BETTINI, Maurizio (2011). Le portrait de l’amant(e). Paris, Éditions Belin, coll. L’Antiquité au présent, 332 p.

    DUBUS, Pascale (2006). Qu’est-ce qu’un portrait ?. Paris, Éditions l’Insolite, coll. L’art en perspective, 93 p.

    TODOROV, Tzvetan,  FOCCROULE, Bernard, LEGROS, Robert (2005). La naissance de l'individu dans l'art. Paris, Éditions Grasset, 252 p.

    NANCY, Jean-Luc (2000). Le regard du portrait. Paris, Éd. Galilée, 104 p.

    BERCEGOL, Fabienne (1997). La poétique de Chateaubriand : le portrait dans les "Mémoires d'outre-tombe". Paris, Éd. Champion, coll. Romantisme et Modernités, 564 p.

    SIMMEL, Georg [1901] (1988). La signification esthétique du visage, in La tragédie de  la  culture  et  autres  essais, Paris,  Éditions Rivages, 137-144.

    PONTÉVIA, Jean-Marie (1986). Écrits sur l’art et pensées détachées III : "Tout peintre se peint soit même. Ognidipintore dipinge sè". Bordeaux, Éditions William Blake and Co, 271 p.


    > Voir aussi la bibliographie générale de la journée d'études (à télécharger) dans l'onglet Documents.

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