Entretien

Entretien avec Lázaro Ramos (Rencontres 2007)

Réalisation : 17 mars 2007 Mise en ligne : 17 mars 2007
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Descriptif

Un entretien avec le jeune acteur brésilien Lázaro Ramos, l'un des meilleurs acteurs de sa génération, à qui les 19èmes rencontres Cinéma d'Amérique Latine rendent hommage cette année. En effet, à 28 ans, il a à son actif, quatorze films, sans parler de sa carrière sur la Globo, première télévision brésilienne en termes d'audience et levier essentiel pour un acteur.[Cet entretien à été réalisé pendant les 19èmes Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse, le 17 mars 2007].

GénériqueInterview : Cristina DUARTE.Production et moyens techniques : CAM / Université Toulouse II-Le Mirail.

Chapitres
    Intervenants
    Thèmes
    Notice
    Langue :
    Portugais
    Crédits
    Université Toulouse II-Le Mirail SCPAM (Production), Université Toulouse II-Le Mirail SCPAM (Publication), Samir BOUHARAOUA (Réalisation), L'Université Numérique des Humanités (Production)
    Conditions d'utilisation
    Tous droits réservés à l'Université Toulouse-Le Mirail et aux auteurs.
    Citer cette ressource:
    UT2J. (2007, 17 mars). Entretien avec Lázaro Ramos (Rencontres 2007). [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/33277. (Consultée le 28 juin 2022)
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    Madame Satan

    Cristina DUARTE : Lazaro Ramos, vous avez débuté au cinéma en 2002 dans le rôle de Madame Satan. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

    Lazaro RAMOS : En fait, j'avais déjà joué dans d'autres films, mais ils n'avaient pas eu ni un engagement personnel aussi grand de ma part et je n'avais pas joué un personnage aussi complexe. Auparavant, j'avais fait un film intitulé Les Trois Marias, où je jouais un petit rôle; puis un autre, Jenipapo, il y a longtemps, et encore un autre, L'Homme de l'Année, où je jouais également un petit rôle. Mais on croit que Madame Satan est mon premier parce qu'il m'a donné une projection très grande, son personnage était très attachant! Au moment où j'ai commencé à travailler sur lui, je me suis senti réellement dans la peau de Madame Satan; c'est d'ailleurs à ce moment-là que j'ai eu mon premier contact avec l'industrie cinématographique, avec la routine, travailler tous les jours. De plus, avec un personnage qui exigeait beaucoup d'investissement et avec un metteur en scène très encourageant: Karim Aïnouz. Je peux donc vous dire que c'était l'un des moments les plus difficiles de ma vie et aussi l'un des plus plaisants car, en même temps que je ne savais pas trop où j'allais, j’ai vécu un moment de découverte et de libération artistique très grand parce qu'il s'agissait d'un personnage qui faisait partie de l'imaginaire populaire, du moins de l'imaginaire des habitants de Rio car beaucoup de gens connaissaient son existence, à part moi. En même temps, c'est un personnage très important pour le Brésil : il était gay, pauvre, Noir, et originaire du Nordeste du pays. Malgré tout cela, il s'est toujours imposé: "je suis comme ça et je veux être accepté comme je suis, je veux que vous me respectiez comme je suis". Je pense que c'est un message très important à faire passer dans un pays comme le Brésil où il y a tant d'inégalités et de problèmes d'auto-estime, même si l'action du film se passe dans un milieu marginal. Pour moi, dès le début, c'était une chance unique que de pouvoir transmettre ce message. Et je l'ai fait. C'était d'ailleurs très drôle parce que le personnage est très différent de moi qui suis d'un naturel très joyeux et très tendre. De plus, je me suis engagé dans ce film seulement trois semaines avant le début du tournage. Un autre acteur travaillait le rôle depuis deux mois et, trois semaines donc avant le début du tournage, le metteur en scène a changé d'avis et m'a appelé pour le jouer. J'ai saisi l'occasion de toutes mes forces. Je ne savais pas exactement ce que je faisais, mais la démarche, la façon choisie de raconter cette histoire, c'était de le faire avec son cœur. Alors, même sans me rendre entièrement compte, j'ai utilisé tout ça comme outil pour pouvoir raconter l'histoire de cette personne si émotive.

    CD : Vous avez interprété également le personnage de "l’homme qui copiait", celui de l'ancien esclave João de Camargo dans le film Cafundó, et, évidemment, celui de Madame Satan… Lequel vous a le plus marqué?

    LR: Je ne répondrai jamais à cette question! Je ne peux pas y répondre car dans le contexte brésilien, je me sens privilégié parce que j'ai commencé à faire du cinéma à un moment où émergeaient des réalisateurs qui portaient un regard sur un Brésil qui avait été peu montré au cinéma: le Brésil non officiel. Et aussi sur des personnages qui me concernaient tous un peu et qui m'ont changé. Je ne peux pas vous dire que Madame Satan a été plus importante que l'homme qui copiait. Je trouve tout aussi important de raconter l'histoire d'amour d'un jeune timide qui cherche sa place dans le monde, que celle d'un chef religieux comme João de Camargo dans Cafundó qui a inventé une religion qui, en fait, était la fusion de toutes les religions. À une époque où l'on vit tant d'intolérance religieuse, ce gars-là ose affirmer: "j'accepte toutes les religions, elles sont toutes intéressantes et doivent être respectées." Je trouve ce message très important ainsi que le fait de jouer un personnage depuis ses vingt-cinq ans jusqu'à ses quatre-vingts. Je ne peux pas choisir entre ces personnages, comme je ne peux pas dire non plus que je préfère Cidade Baixa, un film qui va être présenté ici au Festival de Toulouse et qui, à mon avis, montre un aspect important de Bahia – ma terre natale – un aspect qu'on n'a pas l'habitude de voir: un côté un peu plus humain, qui parle de l'amour… Non, je ne peux pas trancher. A une question comme celle-ci, je dois répondre que je suis une personne privilégiée de pouvoir vivre ce moment-ci.

    Héros noirs

    CD : Le cinéma brésilien a représenté plusieurs héros noirs: Zumbi de Palmares, évidemment, Chica da Silva… Pensez-vous qu'il en existe d'autres qui mériteraient d'être représentés au cinéma et qui ne l'ont pas encore été?

    LR : Beaucoup d'autres! Non seulement des héros qui ont accompli des actes héroïques comme Zumbi de Palmares – personnage que j'ai déjà joué au théâtre et que je meurs d'envie de jouer au cinéma – mais aussi des héros du quotidien qui, à mon avis, doivent être aussi montrés à l'écran. Ce sont des gens qui ont une histoire que j'estime importante, dont la vie a de la valeur, indépendamment de leur domaine: Lima Barreto, dans l'écriture, Assis Valente dans la musique… Je pense que c'est important de raconter leurs histoires parce que, malheureusement, l'Histoire qui est enseignée dans les écoles brésiliennes et celle qui est véhiculée par le cinéma brésilien se limitent encore à montrer des héros qui ne sont pas Noirs. Ces derniers sont très peu montrés au Brésil, bien que ce soit essentiel pour l'auto-estime du peuple et des enfants brésiliens de s'y référer. A l’époque où je faisais mes études, le seul héros noir dont j'ai entendu parler à l'école, c'était Zumbi de Palmares, et seulement dans un chapitre d'une demi-page d'un livre. C'est une chose absurde. J'ai très peu appris sur ces héros noirs et je trouve que c'est un problème grave pour un pays comme le Brésil, où il y a tant de personnes, tant d'héros noirs importants pour la construction du pays et de la personnalité de son peuple. Je pense que l’histoire de Zumbi de Palmares reste encore à raconter, ainsi que celle de, disons, Monsieur Toulemonde, qui était par exemple un simple boulanger, mais qui a joué un rôle important à l'intérieur de sa communauté.

    Les feuilletons

    CD : Il y a aussi votre expérience dans un feuilleton télévisé, par exemple, dans Cobras e Lagartos, où vous jouez le rôle d'un héros plus quotidien, Foguinho… Que gardez-vous de cette expérience très populaire?

    LR : C'est très drôle parce que j'avais très peur de jouer dans un feuilleton à cause du processus de travail industriel. On doit jouer beaucoup de scènes par jour, j'avais peur de cela et aussi de la massification de l'image. C'est une chose très délicate. Lorsque je joue, je préfère toujours que l'histoire du personnage soit plus importante que la personnalité de Lazaro Ramos; que les gens ne sachent pas très bien qui est Lazaro Ramos pour que l'histoire du personnage soit plus importante. C'est mon parti pris. Il est vrai qu'avec le temps, cela devient impossible parce qu'au fur et à mesure que tu joues, les gens commencent à connaître ton visage. Mais je retiens l'idée que le personnage sera toujours plus important que Lazaro. Les feuilletons me faisaient peur justement pour ça. D'ailleurs, on avait déjà fait appel à moi auparavant et j’ai refusé. Avec Cobras e Lagartos, pour la première fois, j'ai eu affaire à un personnage que je me suis senti capable d'incarner. Je pouvais l'éloigner de moi. Et m'amuser même, car ce sont neuf mois de tournage, il faut pouvoir s'amuser beaucoup et, en même temps, raconter une histoire importante, l'histoire d'un anti-héros. Le personnage de Foguinho dans ce feuilleton était presque comme celui de Macunaíma, joué par Grande Otelo et Paulo José. Finalement, malgré toutes mes craintes, tout s'est très bien passé et le personnage, qui démarrait comme un anti-héros, termine finalement en héros. Vous voyez comment sont les choses, on est ici en train de parler des Noirs, du manque d'héros noirs et de références, et au bout du compte, par rapport au personnage de Foguinho, encore aujourd'hui les gens me considèrent comme un héros car, dans le feuilleton, je représentais un visage brésilien. On n'a pas beaucoup de protagonistes noirs à la télévision et finalement, tout cela est devenu un repère pour les gens et pour les jeunes. Je trouve que ce personnage est très important aussi pour cela. Actuellement, lorsque je rencontre un jeune, il me voit comme un exemple: "si tu as réussi, je peux réussir moi aussi".

    CD : Est-ce qu'on peut dire qu'il y a une certaine banalisation? On représente non seulement les grands héros, mais aussi le Brésilien du quotidien?

    LR : Oui, le Brésilien ordinaire, le Brésilien du quotidien, je trouve ça très important. Ce n'est pas forcément le symbole qui compte et j'aime bien l'exemple de Monsieur Toulemonde, je trouve qu'il s'agit d'un héros incroyable et il faut qu'on puisse le voir à l’écran pour que les gens puissent sentir que cela est possible. Lula, malgré tout ce qui est arrivé dans cette période de son gouvernement – accusations de corruption, etc.— Lula, donc, malgré tout ça, a une valeur symbolique très grande car c'est la première fois qu'un ouvrier, c'est à dire, un homme proche de l'homme ordinaire, a été élu président de la République. C'est comme si, au moment de son élection, le peuple disait: "je vote pour moi, je ne vote pas pour un homme en costume cravate qui sait plus que moi, qui a fait un doctorat je ne sais où, je vote pour quelqu'un qui m'est très proche. Moi aussi, je veux m'exprimer ». Et c'est cet héros-là qui m'intéresse.

    Faire du cinéma au Brésil

    CD : Et justement, comme vous avez parlé du président Lula et du Parti des Travailleurs, pensez-vous qu'actuellement il est devenu plus facile de faire du cinéma au Brésil?

    LR: C'est toujours très difficile. On a encore un problème de distribution: de nombreux films sont réalisés, mais n'ont pas de salles pour y être présentés. Parfois, on fait un film, il est extraordinaire, mais il ne reste que deux semaines en salle car il arrive un film américain du genre Spiderman qui démarre dans 800 salles! Il faut dire que nous avons 1.600 salles dans tout le Brésil. Et le film brésilien, qui avait peu d'argent pour sa publicité, finit par être écrasé et sort rapidement de l'affiche. Il est encore très difficile d'obtenir de l'argent pour faire du cinéma, pour distribuer les films, pour avoir des salles pour les présenter. Mais il y a quelques éléments nouveaux que je trouve très importants: nous assistons à un renouveau, à une diversité. Actuellement, lorsqu'on parle du cinéma brésilien, on ne peut pas dire qu'il y a seulement un style. Le cinéma brésilien est très diversifié; il y a le cinéma noir brésilien, il y a le cinéma des jeunes réalisateurs qui ont un regard plus humaniste; il y a aussi celui des metteurs en scène qui tournaient il y a déjà longtemps et qui, maintenant, ont à nouveau la possibilité de réaliser de nouveaux films… C'est très émouvant de voir Nelson Pereira dos Santos, qui s'était arrêté si longtemps, faire un nouveau film l'année dernière. C'est très important. A mon avis, le grand pas qui est fait en ce moment, c'est la diversité.

    Des rôles variés

    CD : Et en parlant justement de diversité, j'ai observé qu'il y a une grande diversité géographique dans les rôles que vous avez joués. Vous avez été Madame Satan…

    LR : … bien que je sois de Bahia…

    CD: Oui, vous êtes "baiano" et vous avez joué ce personnage qui est de Rio de Janeiro, du quartier de Lapa… Vous avez également joué l'homme qui copiait, personnage du Rio Grande do Sul et João de Camargo…

    LR : … qui est de Sorocaba, intérieur de l'état de São Paulo.

    CD : Que pensez-vous de cette inter-régionalité?

    LR : Je pense que c'est très positif d'avoir cette expérience parce que, comme je l'ai déjà dit, cela permet de montrer d'autres visages du Brésil. Pour moi, en tant qu'acteur, c'est très bien, car je dois faire des recherches dans d'autres régions et d'autres milieux que je ne connais pas pour être capable de représenter cette multiplicité du Brésil. Vous êtes Brésilienne, vous savez que chaque région du pays a sa manière de se comporter, sa façon différente de parler. Et moi, je finis par goûter différentes saveurs et par pouvoir les proposer au public qui regarde mes films.

    CD : Cela veut dire qu'à chaque fois vous devez faire tout un travail pour perdre l'accent de Bahia et prendre l'accent du Sud, puis l'accent de São Paulo…

    LR : C'est ça. Mais j'ai un petit problème; d'ailleurs il s'agit à la fois d'un problème et d'une facilité: j'ai une oreille très fine. Parfois, lorsque je discute avec une personne bègue, je commence à bégayer. Cela me facilite les choses en ce qui concerne les accents, mais il est vrai que lorsque je discute avec un bègue, je parle peu pour éviter qu'il pense que je suis en train de me moquer de lui…

    Toulouse Lautrec… et Toulouse!

    CD : Et maintenant pour finir, vous êtes ici en France, au Festival de Cinéma de Toulouse… Quels seraient les héros français ou personnages du quotidien français que vous aimeriez jouer au cinéma?

    LR : Toulouse Lautrec. Et oui, j'ose, j'ose! Je le trouve fantastique! D'ailleurs, il a déjà été joué à l'écran. Une autre chose, j'aimerais revenir sur l'un des aspects du Brésil que j'ai déjà abordé avec vous. Une chose que j'ai trouvée très intéressante ici, dans le milieu universitaire, c'est que les jeunes… Comment s'appellent les gens de Toulouse?

    CD: "Toulousains".

    LR : …donc les jeunes "toulousains"… Hier j'ai eu l'occasion d'aller à des fêtes, d'observer ce milieu jeune et je l'ai trouvé très intéressant. J'ai constaté que les gens avaient une façon très positive de voir les choses, ainsi qu’une très bonne énergie. Au Brésil, c'est impensable de voir les jeunes gens travailler bénévolement pour réaliser un festival comme celui-ci. C'est vraiment très difficile. Pour moi, il y a tout un mystère dans cette énergie. J'ai la curiosité de comprendre ça et je pense qu'il doit être bien de pouvoir jouer un personnage de ce genre.

    CD : Merci beaucoup, Lazaro, et bon séjour à Toulouse pendant le festival.

    LR : Merci. Je suis très heureux d'être ici.

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    Madame Satã
    Cristina DUARTE : Lázaro Ramos, você começou no cinéma em 2002 interpretando o papel de Madame Satã. O que é que você poderia dizer para a gente desse seu início no cinema?
    Lázaro RAMOS: Na verdade, eu já tinha feito outros filmes antes, mas não com um compromisso tão grande e com um personagem tão complexo quanto esse. Eu antes tinha feito um filme chamado As Três Marias, em que eu fazia um personagem pequeno, um outro chamado Jenipapo, há muitos anos atrás, e tem mais um que eu não lembro o nome agora… ah, O Homem do Ano, que era um filme também em que eu fazia um papel pequeno. Madame Satã geralmente se confunde como o primeiro mesmo porque foi um filme que me deu uma projeção muito grande porque é um personagem tão forte! Prá mim, no momento que eu comecei, e me senti realmente começando no Madame Satã porque foi aí que eu tive contacto com a grande máquina do cinema, ou seja, com a rotina, trabalhar todos os dias, quando tinha um personagem que tinha que ter um estudo muito grande para fazê-lo e com um diretor que era muito instigante, era o Karim Aînouz. Então posso te dizer que foi um dos momentos mais difíceis da minha vida e um dos momentos mais prazeirosos também porque ao mesmo tempo que eu não sabia o que eu estava fazendo, e é muito importante falar isso, eu não fazia idéia do que eu estava fazendo, foi um momento de descoberta e libertação artística muito grande porque é um personagem que estava no imaginário popular, pelo menos no imaginário carioca porque muitas pessoas sabiam da existência dele, eu não sabia, ao mesmo tempo que tinha esse lado, é um personagem que tem uma característica muito importante para o Brasil, eu sinto, que é um personagem que era gay, que era pobre, que era negro, que era do Nordeste do país e que disse: "eu sou dessa maneira e eu vou ser aceito como eu sou e eu quero que vocês me respeitem da maneira que eu sou". E eu acho essa uma mensagem muito importante para se passar num país como o Brasil, que a gente tem tanta desigualdade, inclusive muitos problemas de auto-estima, apesar de ser um filme que se passa num universo marginal, mas para mim, era como se fôsse uma oportunidade única de poder… — um filme em que eu acreditei muito desde o princípio — de poder passar essa mensagem para as pessoas. E aí fui, e era muito engraçado porque é um personagem que sai da fúria para o carinho em dois segundos, e eu, naturalmente, sou uma pessoa muito alegre e muito carinhosa até e peguei o filme para fazer com três semanas antes de começar as filmagens. Era outro ator que estava ensaiando durante dois meses e com três semanas para começar a filmagem, o diretor mudou de idéia e me chamou para fazer. E eu fui, peguei a oportunidade com todas as forças, não sabia realmente o que estava fazendo, mas a técnica, o jeito e maneira que a gente escolheu de contar essa história, foi contar ela com o coração. Então, apesar de não saber o que estava fazendo, eu usei isso também como artifício para poder contar essa história desse personagem que era tão emocional.
    CD: Você interpretou também O Homem que copiava, você interpretou o ex escravo João de Camargo em Cafundó, Madame Satã, evidentemente… De todas essas personagens, qual foi a que mais te marcou?
    LR : Nunca responderei isso! Não posso responder porque dentro do panorama brasileiro eu me sinto um privilegiado porque eu comecei a fazer cinema num período em que o cinema brasileiro estava crescendo muito, num período em que aparecem cineastas com um olhar num Brasil que era pouco visto no cinema, que é olhar o Brasil não oficial, e personagens que, para mim, todos têm um pouco a ver comigo e todos me modificaram. Eu não posso te dizer que Madame Satã foi mais importante do que o homem que copiava porque não é, porque eu acho muito importante você contar uma história de amor de um jovem tímido e que está em busca do seu espaço no mundo, assim como é importante também contar assim uma história de um líder religioso que foi João de Camargo em Cafundó, que inventou uma religião que na verdade era a junção de todas as religiões e num momento em que a gente vive tanta intolerância com relação às religiões, um cara diz assim: "olha, eu aceito todas as religiões, todas as religiões são importantes, nós devemos respeitar todas elas". Acho importantíssimo essa mensagem e ao mesmo tempo, fazer um personagem que era dos vinte e cinco anos de idade até os oitenta. E não posso escolher, não posso escolher também entre o Cidade Baixa, que é um filme que vai passar aqui no Festival que eu acho que mostra um lado da Bahia, que é a minha terra, e foi o primeiro filme que eu fiz na minha terra, falando sobre a minha terra, e mostra um lado tão importante da Bahia que não é visto, que é um lado mais humano, que é falar sobre o amor também. Eu não posso escolher. Eu na verdade tenho que dizer, numa pergunta como essa, que eu sou um privilegiado por poder participar desse momento.
    Heróis negros

    CD: O cinema brasileiro representou muitos heróis negros: Zumbi dos Palmares, evidentemente, Chica da Silva… Você acha que há heróis negros que mereceriam uma representação no cinema e que ainda não foram representados?
    LR: Muitos, muitos! Desde os heróis que fizeram atos heróicos assim como Zumbi dos Palmares, que é um personagem por exemplo que eu já fiz no teatro e morro de vontade de fazer no cinema, mas tem o herói do cotidiano que eu acho muito importante também ser retratado no cinema. É aquela pessoa que apenas pela sua existência, pelo mínimo que fez, independentemente da área que seja, na área da escrita, como o Lima Barreto, o Assis Valente na área da música, eu acho que é importante contar essas histórias porque infelizmente a história que é contada nas escolas no Brasil e no cinema brasileiro ainda se restringe muito a um herói não negro, o herói negro é pouco visto no Brasil, então esse referencial, eu acho muito importante para a auto-estima do povo, para a auto-estima das crianças. Eu, na escola, uma coisa gritante que eu acho, na época em que eu estudei, o único herói negro que eu ouvi falar na minha escola foi Zumbi dos Palmares e, mesmo assim, num capítulo de meia página de um livro. Eu soube muito pouco e eu acho que isso é um problema grave para um país como o Brasil, que tem tantas pessoas, tantos heróis negros importantes para a construção daquele país, para a construção da personalidade daquele povo. E eu acho que falta contar a história desde Zumbi dos Palmares até o seu João da Silva que, sei lá, era um padeiro, mas que dentro de sua comunidade teve uma importância.

    Atuação em telenovela

    CD: A sua experiência na novela, experiência de telévision, por exemplo na novela Cobras e Lagartos, você interpreta, podemos dizer assim, um herói mais cotidiano, o Foguinho, não é? O que você conserva dessa experiência bastante popular?
    LR: É muito engraçado porque eu tinha muito medo de fazer novela porque o processo de trabalho é industrial, você tem muitas cenas para fazer por dia, eu tinha medo desse processo e medo da massificação da imagem. É uma coisa muito delicada, eu sempre prefiro, quando faço meus personagens, que a história do personagem fique à frente da personalidade de Lázaro Ramos, que as pessoas não saibam muito quem é Lázaro Ramos para que a história da pessoa que eu estou contando seja mais importante. A minha batalha é essa. Claro que com o tempo, isso vai ficando impossível, porque você vai trabalhando mais e as pessoas vão conhecendo este rosto. Mas há a idéia que sempre seja mais importante a história da pessoa do que o Lázaro. E a novela me metia muito medo por isso. E tinha sido chamado para fazer outras e pela primeira vez eu encontrei um personagem que eu senti que dava para eu contar, dava para afastar de mim e que dava para, dentro desse processo industrial, eu me divertir, porque são nove meses, então é preciso se divertir muito, e contar uma história que é importante, que é a história de um anti-herói. O Foguinho dessa novela era quase o Macunaíma que o Grande Otelo fêz e o Paulo José. No final, apesar de todos os medos, foi muito bom porque o personagem que começou como um anti-herói foi um herói. Para você ver como é isso, a gente está falando tanto de negro, de falta de herói negro e de referencial, e acabou que é um personagem que até hoje, as pessoas me tratam como um herói porque era uma representação de um rosto brasileiro numa telenovela. A gente não tem muitos protagonistas negros na televisão e acabou que virou um referencial para as pessoas e para os jovens. Acho que esse personagem é muito importante por isso também. Hoje em dia eu vejo um jovem e ele diz: "eh, também é possível para mim, se foi possível para você, é possível para mim também".
    CD: Assim, podemos dizer, há uma certa banalização? Não são somente os grandes herós, mas também o brasileiro cotidiano?
    LR: O brasileiro comum, o brasileiro cotidiano, acho isso muito importante, nem sempre é um símbolo, o Zumbi dos Palmares, às vezes a gente falar e eu uso muito essa palavra, do seu João da Silva, acho que é um herói incrível e é preciso a gente ver também para que as pessoas se sintam possíveis. Lula, apesar de tudo o que aconteceu, nesse período do governo dele, várias acusações de corrupção e etc, etc, tem um valor simbólico muito importante porque foi a primeira vez que um operário, ou seja, um homem próximo do homem comum, foi eleito presidente. Foi como se o povo, quando botou ele lá, no momento em que ele ganhou a eleição, tinha esse símbolo de dizer assim "eu estou votando em mim; na verdade eu não estou votando naquele homem engravatado que sabe mais que eu, que fez um doutorado não sei onde, estou votando numa pessoa que é próxima a mim, eu também quero ter voz." E é esse herói que também me interessa.

    Cinema no Brasil

    CD: E você acha, justamente, como você falou do Lula, do PT, você acha que ficou mais fácil fazer cinema no Brasil?
    LR: O cinema no Brasil é sempre muito difícil. A gente ainda tem problema de distribuição, muitos filmes são feitos e não têm onde serem exibidos. As vezes a gente faz um filme e o filme é fantástico, mas acaba ficando duas semanas em cartaz porque chega um filme americano e a gente tem 1.600 salas no Brasil, e de repente tem um filme como "O Homem Aranha" e entra em 800 salas. O seu filme brasileiro que tinha ali pouco dinheiro para lançar acaba massacrado e sai do cinema rapidamente. Ainda é muito difícil conseguir dinheiro para fazer cinema, para distribuir, salas para exibir. Mas uma coisa que acontece agora e que eu acho muito importante, é que está existindo uma renovação, está existindo uma diversidade. Hoje em dia quando você fala de cinema brasileiro, você não pode dizer que é um estilo. O cinema brasileiro é múltiplo, você tem o cinema negro brasileiro, você tem o cinema dos cineastas jovens que têm um olhar mais humanista, você tem os diretores de cinema que já faziam cinema há muito tempo atrás que agora estão tendo a possibilidade de fazer novos filmes. É emocionante você ver Nelson Pereira dos Santos ter parado tanto tempo e o ano passado fazer um filme novamente, é muito importante. Esse, eu acho, é o grande passo que está sendo dado nessa época: a diversidade.
    Papéis variados

    CD: E falando de diversidade, justamente, eu observei que nos papéis que você interpretou há uma grande diversidade geográfica. Você interpretou Madame Satã…
    LR: …apesar de ser baiano…
    CD: Você é baiano e interpretou Madame Satã, que é uma personagem da Lapa, do Rio de Janeiro; você interpretou o homem que copiava, que é uma personagem gaúcha, e João de Camargo…
    LR: …que é de Sorocaba, interior de São Paulo.
    CD: O que é que você pensa dessa sua inter-regionalidade?
    LR: Eu acho que é muito bom poder ter essa experiência porque, inclusive por causa daquilo que eu te falei, é bom a gente ver outras caras do Brasil. Para mim enquanto ator, é otimo, para poder pesquisar outros lugares e outros ambientes que eu não conhecia e também é bom acabar de uma forma, poder representar a multiplicidade que é o Brasil. Você que é brasileira, você sabe: cada região do país tem uma maneira diferente de se comportar, um jeito diferente de falar, e eu acabo podendo experimentar vários sabores e proporcionar vários sabores para as pessoas também quando vêem os filmes.
    CD: Quer dizer que a cada vez você tem que fazer todo um trabalho para perder o sotaque baiano, para pegar o sotaque gaúcho, o sotaque paulista…
    LR: É. Apesar de que eu tenho um pequeno problema, que é um problema e uma facilidade também: eu tenho o ouvido muito bom, então, às vezes, quando eu estou conversando com uma pessoa que é gaga, eu começo a gaguejar. E ficou um pouco mais fácil para mim estudar os sotaques e quando eu estou conversando com gago, eu fico um pouco calado para não acharem que eu estou fazendo gozação, chicha, broma.
    Toulouse Lautrec e a cidade de Toulouse

    CD: Agora para terminar, como você está aqui na França, no festival de cinema de Toulouse, quais seriam os heróis franceses ou personagens do cotidiano francês que você gostaria de interpretar no cinema?
    LR: Toulouse Lautrec. Eu sou ousado, eu sou ousado! Eu acho ele fantástico! Aliás, já foi até feito. E sabe, vou voltar para aquela temática que falei do Brasil. Uma coisa que eu achei muito interessante aqui, acho que porque estou tendo contacto agora, eu adorei o universo universitário daqui. Achei muito interessante o jovem…como é que chama quem nasce em Toulouse?
    CD: "Toulousain".
    LR: Sim, o jovem "toulousain". Ontem eu tive oportunidade de ir em festas, tive a oportunidade de conviver aqui no ambiente e achei muito interessante. Achei as pessoas com a cabeça boa e com uma energia boa. Você vê, as pessoas trabalhando, no Brasil isso é inimaginável, posso te dizer, você vê jovens trabalhando voluntariamente para realizar um festival como esse. É muito difícil isso acontecer. E essa energia, eu acho que tem um mistério aí para mim pelo menos, que eu fiquei curioso em investigar. Talvez como ator, fazer um personagem como esse, talvez seja bom.
    CD: Muito obrigada, Lázaro, e boa estadia em Toulouse durante o festival.
    LR: Obrigado. Estou muito feliz de estar aqui.

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