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Le dopage : de l'empirisme à la recherche médicale avancée


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Auteur(s) :
DINE Gérard

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Le dopage : de l'empirisme à la recherche médicale avancée

Le Dopage : de l'empirisme à la recherche médicale avancée.

Le dopage dans le domaine sportif est aussi ancien que l'organisation du sport elle-même. Dans sa version moderne apparue à la fin du XIXème siècle, le sport n'a pu se séparer de ce compagnon embarrassant. En fait, la performance sportive notamment au plus haut niveau est basée dans 80 % des disciplines sur des qualités physiques, physiologiques, mentales et biologiques exprimées à travers le corps humain, dont les limites s'inscrivent dans celles de l'évolution de l'espèce sous couvert de 2 éléments : le déterminisme génétique et l'adaptation liée à la pratique d'un entraînement sportif devenu rationnel et scientifique.

Le parallélisme entre le dopage sportif et la progression de la performance est une réalité. Les substances naturelles de type alcool ont été largement utilisées lors de la 1ère guerre mondiale et à l'époque dans certaines disciplines sportives éprouvantes. L'emploi dans le sport de molécules stimulantes issues de la chimie comme les amphétamines a suivi leur utilisation chez les pilotes de chasse pendant la seconde guerre mondiale. L'irruption des progrès biochimiques avec la production des stéroïdes qu'ils soient anabolisants ou corticostéroïdes a accompagné la confrontation est ouest des années 50-80. Ces progrès étaient intégrés au concept du sportif d'état dont le point culminant a été observé dans l'ex Allemagne de l'est. La transition entre emploi ponctuel de produits chimiques de synthèse et prescriptions rationnelles d'hormones stéroïdes constituait en fait le passage d'une pratique empirique à une organisation médicalement pour ne pas dire scientifiquement contrôlée.

Dans ces conditions, la voie était tracée pour l'introduction de méthodes plus élaborées afin d'optimiser la performance. Le dopage sanguin par transfusion a existé avant l'érythropoïètine dans différentes disciplines comme le football, le ski nordique et l'athlétisme dès les années 1970. La progression parallèle des technologies biomédicales et des enjeux médiatiques, économiques, culturels et politiques du sport de haut niveau devenu spectacle planétaire est devenue convergente. Face à des contraintes de plus en plus lourdes en terme de charges d'entraînement et en terme de résultats à fournir, le sportif acteur et moteur du spectacle sous la pression consciente ou inconsciente des autres opérateurs du secteur sportif se voit proposer des moyens exogènes en vue d'optimiser son potentiel et de le pérenniser.

La mise en évidence d'organisations dopantes au sein de plusieurs disciplines sportives employant des produits de plus en plus sophistiqués n'est qu'une évolution logique. L'irruption des méthodes et produits issus de la biotechnologie entraîne toutefois des conséquences nouvelles : l'efficacité réelle, la difficulté de contrôle par une approche toxicologique régulièrement dépassée et le bouleversement éthique. Pour caricaturer l'EPO n'était pas la dernière marche d'une déviance dopante triomphante au sein du sport professionnel mais bien la première marche d'un monde nouveau où l'application des progrès biotechnologiques dans le sport apparaît comme une utilisation parmi d'autres au sein des différentes activités humaines. De telles méthodes ne relèvent pas d'un emploi ponctuel empirique mais d'une volonté structurée exigeant de nombreuses compétences et technologies.

L'aspect financier de l'accès à ces outils déviés de leur orientation première ne peut être ignoré. La frontière à définir entre l'utilisation légitime de certaines thérapeutiques issues des biotechnologies et leur emploi détourné pour une formulation dopante est également un autre problème qui ne peut pas trouver de solution dans une lutte uniquement basée sur le contrôle toxicologique dont les limites ont été identifiées. Face à la multitude des questions qui surgissent les parties prenantes du spectacle sportif mondialisé n'ont d'autres ressources que la mise en place d'une réflexion globale qui ne peut pas séparer l'exercice sportif du reste des activités humaines. En fait le sport de haut niveau face à l'emploi dévié de la recherche médicale avancée constitue un espace de cristallisation vis-à-vis d'autres dérives bio-éthiques dont les conséquences pourraient être beaucoup plus fâcheuses pour notre espèce.

 

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