Conférence

Daniel De SmetJeûner par le silence. L’interprétation ésotérique ismaélienne du ramadan

Réalisation : 8 mars 2018 Mise en ligne : 8 mars 2018
  • document 1 document 2 document 3
  • niveau 1 niveau 2 niveau 3
  • audio 1 audio 2 audio 3
Descriptif

Daniel De Smet : https://www.vjf.cnrs.fr/clt/lem_maquette/spip.php?article52

Directeur de Recherche au CNRS et responsable de l’Équipe 1 : Livres sacrés, canons et hétérodoxies, Daniel De Smet enseigne également la philosophie arabe à l’Institut supérieur de philosophie de la KU Leuven et est vice-président de la Société Royale Belge d’Etudes Orientales (SRBEO). Philosophe et islamologue de formation, ses recherches portent principalement sur le shi‘isme, en particulier sa branche ismaélienne, ainsi que sur la transmission et la transformation du néoplatonisme en terre d’Islam.

 

Cycle « Les monothéismes et le jeûne »

Le programme collectif du LEM consacré à la pratique du jeûne dans les monothéismes entend aborder dans une perspective comparatiste la question de la permanence d’un geste pénitentiel qui remonte aux origines du judaïsme, du christianisme et de l’islam. En christianisme, les scolastiques du Moyen Âge ont distingué entre le jeûne naturel, ieiunium naturale, qui consiste dans la privation totale de nourriture et de boisson et dont l’exigence s’impose aux fidèles, à partir de minuit les jours où ils doivent communier, le jeûne moral et philosophique, ieiunium morale et philosophicum, qui implique une abstinence alimentaire pour assurer la santé du corps et de l’esprit, le jeûne ecclésiastique, ieiunium et philosophicum, ecclesiasticum, dont le respect amène le chrétien à se priver de manger et de boire pour satisfaire à ses péchés et refréner ses passions, et enfin le jeûne métaphoriquement et improprement dit “pour évoquer la maîtrise de ses appétits vicieux”. L’ensemble des fidèles sont astreints, d’une astreinte de précepte, à jeûner périodiquement, mais les réguliers, sur qui l’autorité normative de l’Église se fait plus particulièrement sentir, sont plus lourdement soumis à une discipline alimentaire qui devient au lendemain du concile de Trente une composante caractéristique de la culture confessionnelle propre au catholicisme.
Le jeûne et l’abstinence sont un point d’observation assurément très précieux pour saisir l’ampleur et le rythme du mouvement par lequel les sociétés occidentales se sont progressivement déprises de leur conformation chrétienne. À partir des réflexions qu’offrent les cas du christianisme, puis du catholicisme moderne, l’objectif du présent programme collectif sera de replacer la pratique du jeûne au sein du phénomène monothéiste et de l’envisager dans tous ses aspects, ecclésial, naturel, philosophique, collectif, individuel et mystique.

Thème
Notice
Contacter

Dans la même collection