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La forge numérique. (2010, 7 décembre). Normes de parenté et structuralisme. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/95219. (Consultée le 27 février 2024)

Normes de parenté et structuralisme

Réalisation : 7 décembre 2010 - Mise en ligne : 7 décembre 2010
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Descriptif

Cette conférence a pour titre : « Normes de parenté et structuralisme ». Elle a été filmée le 7 décembre 2010 dans le cadre du séminaire annuel  « Risques et vulnérabilités sociales », au programme du Master recherche de Sociologie de l'Université de Caen. Initié dans les années 1990, ce séminaire est actuellement dirigé par Salvador Juan, professeur de sociologie à l'Université de Caen.

Emmanuel Désveaux est un anthropologue français, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Profondément influencé par la pensée de Claude Lévi-Strauss, il a travaillé comme ethnologue dans le Grand Nord canadien, étudiant notamment les Ojibwa et les Algonquins. Il a été directeur scientifique du musée du quai Branly de 2001 à 2006. Après avoir travaillé deux ans à Berlin (Humboldt Universität et Freie Universität), il fonde avec Michel de Fornel en 2010 le LIAS, centre de linguistique anthropologique et sociolinguistique, au sein de l'Institut Marcel Mauss (EHESS/CNRS). Il fait partie de l'équipe de rédaction du Journal de la société des américanistes.

La parenté, bien qu'étant au cœur de toute organisation sociale, reste le domaine « réservé » de l'anthropologie ; celle-ci l'a défini et étudié plus que toute autre discipline. Emmanuel Désveaux retrace l'histoire de ce champ de la parenté. Morgan, au XIXème siècle, constate que le croisement de sexe (le phénomène des cousins-croisés) est signifié dans de nombreuses sociétés et qu'il renvoie probablement à des règles de mariage spécifiques. De là construit-il un objet scientifique nouveau : la nomenclature de parenté, soit l'ensemble des termes désignant la totalité des personnes susceptibles d'être apparentés à l'individu. Morgan éclaira ainsi deux aspects de la parenté qui structureront la recherche en la matière : la parenté comme nomenclature (aspect linguistico-cognitif) et/ou comme système matrimonial (aspect sociologique). Kroeber illustra le premier courant, soulignant les huit critères distinctifs s'exprimant potentiellement dans toute nomenclature, donc dans les relations de parenté. Rivers, fonctionnaliste, s'attacha à montrer que le phénomène des cousins-croisés s'explique par une forme de mariage ; ici, c'est l'impératif sociologique qui fonde la nomenclature et non l'inverse. Lévi-Strauss, dans le sillage riversien, présume dans toute société une règle définissant le choix du conjoint. Le mariage représente à ses yeux le lien social fondamental en tant que règle d'échange (plus ou moins intériorisée) fondant la solidarité et le respect mutuel. Le conférencier s'inscrit quant à lui dans la lignée linguistico-cognitive. Il suppose que la désignation parentale par nomenclature et l'attribution de noms propres sont universelles. Il différencie le rapport métonymique par lequel l'enfant s'approprie sa famille du rapport métaphorique par lequel les parents s'approprient l'enfant. Il suggère pour terminer que les types de règles matrimoniales dépendent de la connaissance ou non de la séquence procréative et des représentations inhérentes à chaque société.

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