Conférence

PANEL 3: LA VIOLENCE DU GOUVERNEMENT NÉOLIBÉRAL

Réalisation : 18 novembre 2020 Mise en ligne : 18 novembre 2020
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Descriptif

Moderator: Dr. Maboula Soumahoro (Cultural and Discursive Interactions (ICD) / University of Tours - FR)

Dr Pierre Sauvêtre (Sophiapol / GENA, Paris-Nanterre University - FR) - Brutalisme néolibéral : de la mise en ordre du marché

Notre présentationessaiera de caractériser le néolibéralisme comme un brutalisme concurrentiel,au sens où ce à quoi consiste concrètement la rationalité gouvernementale estl’imposition par l’État, et en dernière analyse par la violence d’État, d’unordre national et global, de la concurrence économique. Tout en partageant denombreux aspects de l’analyse de Foucault, en particulier l’idée que lenéolibéralisme se distingue du libéralisme par le fait qu’il soumet le marché àla norme de la concurrence, on s’éloignera de la définition de lagouvernementalité néolibérale comme d’un pouvoir consistant dans la conduite dela liberté, car le néolibéralisme consiste plutôt à imposer un ordre de« liberté » en utilisant pour cela consciemment la coercition del’État. La violence néolibérale n’est pas le produit d’un processus social, nid’une violence exercée légitimement pour protéger la population, mais est lerésultat de l’action violente produite par l’État pour construire l'ordresocial. C’est ce que nous appelons « brutalisme ».

 Dr Jean-François Deluchey (Federal University of Pará - BR) - L’extermination des jeunes Noirs au Brésil : une manifestation cruelle du nécro-gouvernement néolibéral

En 2018, il y a eu 845 homicidesen France. Au Brésil, la même année, il y en eut près de 58 000. Nousproposons de réfléchir ensemble aux raisons qui motivent l’extermination desvies des jeunes noirs pauvres au Brésil (en particulier en Amazoniebrésilienne), et aux relations existant entre ce phénomène social et le modenéolibéral de gouvernementalité, les régimes de colonialité, la race et ladivision du travail. Le néolibéralisme est une gouvernementalité qui promeutune hiérarchisation des sujets fondée sur les objectifs de concentration etd’accumulation du Capital. Cette gouvernementalité fondée sur une véritéétablie par « le marché » est aussi une œuvre biopolitique :elle consiste à promouvoir un bio-gouvernement (et un nécro-gouvernement)global des vies humaines qui vise à gérer et à identifier les vies qu’il estpossible de « laisser mourir » ou même de « faire mourir »(dont la mort n’est pas présentée comme un scandale) et les vies qui sontjugées dignes d’être vécues et protégées, au nom d’un maintien de l’ordre duCapital présenté comme naturel et irréversible.

Prof. Achille Mbembe (WISER, Wits Institute for Social and Economic Research / University of the Witwatersrand - ZA) - Peser les vies: Réflexions sur le brutalisme

Le monde dans lequel nous avons d’ores et déjàbasculé sera dominé par de gigantesques appareils de calcul. Il est d’ores etdeja un monde mobile dans le sens le plus polymorphe, le plus viral et le pluscinématique du terme. Peuplé de capteurs et de processeurs, de cameras etd’objets connectes sur toutes sortes de surfaces y compris corporelles, il estl’expression d’un regime d’existence dans lequel des systèmes automatises récoltentet traitent d’innombrables données relatives a chacun de nos actes, désirs etconduites. Bien que les corps de chair et d’os, de microbes et de bactériesdemeurent une réalité, une bonne partie de cette existence se vit sur desécrans, tandis que la plupart de nos gestes font de plus en plus l’objet d’unguidage robotisé. A la suite des reflexions menées dans le dernier ouvrage,Brutalisme, l’on se penchera sur ces logiques du calcul afin d’en mesurer lerole dans “la pesée des vies” au coeur du gouvernement néoliberal.

 

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