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Leçon 2 - Vers un nouveau langage, Chapitre 8 : L'intention filmique et l'invention du spectateur

Réalisation : 3 juin 2013 Mise en ligne : 2 juillet 2022
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Descriptif

Exploration et explication du monde se situaient dans la même optique de saisie de la totalité exprimée par le fondateur français de la thermochimie, Marcellin Berthelot, estimant que l’univers était désormais sans mystère : il paraissait désormais établi que rien n’échappait à une stricte détermination dont la recherche scientifique dévoilait peu à peu toutes les manifestations et procédures.

Au-delà des formes et des fantasmes d’une sorte de traduction objective de la réalité qui se ferait dans le passage à l’image, l’histoire qui nous préoccupe et fait sens anthropologique, retrouve les réflexions de l’un des premiers grands théoriciens du cinéma, Béla Balazs, pour qui le travail de construction cinématographique est une interprétation de ce qu’il donne à voir à travers la succession organisée des images. Sous la forme du gros plan, un visage, détaché de son environnement, nous offre une expression directement significative : «... l’expression d’un visage isolé est un tout intelligible par lui-même, nous n’avons rien à y ajouter par la pensée, ni pour ce qui est de l’espace et du temps... Nous voyons de nos yeux quelque chose qui n’existe pas dans l’espace. Les sentiments, les états d’âme, les intentions, les pensées ne sont pas des choses spatiales, seraient-elles mille fois indiquées par des signes spatiaux.»

Le cinéma s’invente et se produit dans un espace renouvelé dont il traduit justement la reconsidération et peut-être la reconstruction. L’anthropologie s’en empare immédiatement : elle est en synchronie avec une problématique semblable de l’observation, de la préservation et de la compréhension de cette relation paradoxale et sans cesse retrouvée entre l’universel et le particulier, entre moi et l’autre. En conséquence, les modalités d’exercice, l’usage anthropologique du cinéma et du fait cinématographique devraient éclairer la démarche elle-même en en précisant les conditions qui s’adapteraient à la finalité de ses usages.

Exploration and explanation of the world were situated in the same perspective of capturing the totality expressed by the French founder of thermochemistry, Marcellin Berthelot, who believed that the universe was henceforth without mystery: it now seemed established that nothing escaped a strict determination whose manifestations and procedures were gradually being revealed by scientific investigation.

In addition to the forms and fantasies of a kind of objective translation of reality that would be made in the transition to the image, the story that concerns us and makes anthropological sense, recalls the reflections of one of the first great theorists of cinema, Béla Balazs, for whom the cinematographic construction work is an interpretation of what he gives to see through the organized succession of images. In the form of the close-up, a face, detached from its environment, offers us a directly significant expression: “... the expression of an isolated face is an intelligible whole in itself, we have nothing to add to it by thought, nor in terms of space and time... We see with our eyes something that does not exist in space. Feelings, moods, intentions, thoughts are not spatial things, even if they are indicated a thousand times by spatial signs.”

Cinema is invented and produced in a renewed space, which translates exactly into reconsideration and perhaps reconstruction. Anthropology immediately takes advantage: it is in tune with a similar problem of observation, preservation and understanding of this paradoxical and incessant relationship, rediscovered between the universal and the particular, between me and the other. Consequently, the modalities of exercise, the anthropological use of cinema and the cinematographic fact must clarify the approach itself, specifying the conditions that would adapt to the purpose of its uses.

 

Intervenants
Thèmes
Notice
Lieu de réalisation
Marseille
Sous-titrage
English
Português
Langue :
Français
Détenteur des droits
Réalisation : Pascal Cesaro
Citer cette ressource:
Télé AMU. (2013, 3 juin). Leçon 2 - Vers un nouveau langage, Chapitre 8 : L'intention filmique et l'invention du spectateur. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/115665. (Consultée le 19 août 2022)
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Documentation

Références bibliographiques générales

Boukala M., Le dispositif cinématographique, un processus pour (re)penser l'anthropologie, Téraèdre, Paris, 2009.

Colleyn J.P., Le regard documentaire, Centre georges Pompidou, Paris, 1993.

De France C. , L’anthropologie filmique : une genèse difficile mais prometteuse, Du film ethnographique à l’anthropologie filmique, Editions des archives contemporaines, 1994.

Gardies A., Le réel filmique, Hachette, Paris, 1993.

Laplantine F., La description ethnographique, Armand Colin, 2005.

Lioult J.L., À l'enseigne du réel, penser le documentaire, PUP, 2004.

MacDougall D., Transcultural Cinema, Princeton, New Jersey, Pinceton University press, 1998.

Niney J.F., Le documentaire et ses faux-semblants, Klincksieck, Paris, 2009.

Piault M.H., Anthropologie et Cinéma. Passage à l'image, passage par l'image, Paris, Téraèdre 2008 (1ère édition Nathan 2000).

Références bibliographiques spécifiques:


Bazin A., Qu’est-ce que le cinéma, Ed.du Cerf, Paris, 1958.

Bernas S., Montage créatif et processus esthétique d’Eisenstein, suivi de « Montage 38 » d’Eisenstein, trad. du russe par Bernadette Ducrest, Paris, Éd. L’Harmattan, coll. Champs visuels, 2008.

Heusch L., Cinéma et sciences sociales, panorama du film ethnographique et sociologique, Rapports et documents de sciences sociales, Unesco, 1962.

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