Conférence
Notice
Date de réalisation
Lieu de réalisation

CCIC, Cerisy-la-Salle

Langue :
Français
Citer cette ressource :
La forge numérique. (2017, 18 septembre). Le devenir kitsch: un modèle global pour nos sociétés ?. [Podcast]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/116586. (Consultée le 17 juin 2024)

Le devenir kitsch: un modèle global pour nos sociétés ?

Réalisation : 18 septembre 2017 - Mise en ligne : 17 mai 2022
  • document 1 document 2 document 3
  • niveau 1 niveau 2 niveau 3
Descriptif

Cette communication a été enregistrée dans le cadre du colloque intitulé Le kitsch : défintions, poétiques, valeurs qui  s’est tenu au Centre Culturel International de Cerisy du 21 au 28 août 2017, sous la direction de Franz JOHANSSON et Mathilde VALLESPIR.

De l’essai savant à la presse à grand tirage, du musée à l’écran de cinéma ou d’ordinateur, dans des domaines aussi variés que les arts plastiques, la décoration, le cinéma, le théâtre, le clip, la décoration d’intérieur ou la mode vestimentaire, le kitsch est partout aujourd’hui. Son extension s’accompagne d’un renversement: de marginal et honni qu’il était il y a quelques décennies, le kitsch est devenu triomphant. Il s’affiche et s’affirme sans complexes, presque avec arrogance.

Christophe Genin, né en 1958, est agrégé de philosophie et docteur d'État ès Lettres et Sciences humaines. Professeur en philosophie de l'art et de la culture à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il est membre de l'UMR 8218, ACTE, et dirige la ligne Études de la Culture. Il dirige le master d'études culturelles et l'École doctorale 279 Arts Plastiques, Esthétique et Sciences de l'art. Ses recherches portent sur les identités réfractaires, qu'elles s'expriment dans la culture populaire (kitsch, street art) ou dans les processus réflexifs des pratiques artistiques. Il s'interroge également sur les conditions d'interprétation des oeuvres d'art et des pratiques culturelles traditionnelles ou émergentes.

Résumé de la communication

Le kitsch semble insaisissable. Goût, style, manière, mode d’existence, genre artistique, classes d’objets: il semble être un prédicat protéiforme applicable à tout en toutes circonstances au gré de chacun. Les caractères naguère identifiés par Greenberg ou Moles semblent laisser la place aujourd’hui à des modulations floues. Permettant naguère d’identifier le goût d’une classe bourgeoise et un type d’objets afférents, ce vocable acquiert aujourd’hui un usage universel exprimant bien souvent la réaction d’un choc culturel, péjorative ou laudative. On peut interpréter cela comme une extension de sens qui perd en acuité. Il nous semble que ces conversions, inversions et interversions des valeurs et des signes relèvent en fait d’un processus de kitschification d'objets socialement marqués. Cette kitschification s’inscrit dans une mondialisation libérale qui brasse les cultures selon les règles marchandes des industries culturelles. En cela le kitsch paraît être la pente de toute production qui verse tôt ou tard dans sa caricature. Il s'agira de voir pour nous dans le concept de kitsch une sorte d'opérateur qui permet d'en étendre le champ sémantique et le champ d'application. Par là même, il ne s’inscrit plus dans une dichotomie entre le vrai et le faux, entre l’original et le pastiche, entre le chic le toc, mais dans un monde d’économie compassionnelle qui semble ruiner les notions d’authenticité et de vérité, et même toute ontologie.

Sur le même thème